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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 21:27

http://www.cinemagora.com/images/films/16/52416-b-happy-feet.jpg

 

Après-midi pingouin ! Aujourd’hui, deux films d’animation au programme utilisant les mêmes piafs comme héros principaux. On commencera d’abord par Happy Feet, une production enfantine de George Miller (Babe 2) traitant d’un pingouin danseur, et Les rois de la glisse, traitant d’un pingouin surfeur. Voici donc des programmes pour enfants qui promettent, les pingouins étant ici les nouvelles figures populaires du règne animal. Comme l’imaginait Edward Norton dans Fight Club, glissons dans notre caverne avec ces empereurs.

 

http://thecia.com.au/reviews/h/images/happy-feet-7.jpg

 

Happy Feet : Il est assez enthousiasmant de savoir que Miller revient aux films pour enfants, lui qui avait fait preuve de grandes qualités pour la saga Babe, et qu’il va bénéficier de moyens conséquents pour son projet. D’entrée de jeu, le film part plutôt sur du bon, en nous offrant un travelling spatial assez impressionnant pour nous emmener sur la banquise, où des pingouins chantent. Le film est une comédie musicale, on fera donc avec. Extrapolant le côté chant de parade nuptiale, la nation pingouin est donc particulièrement exigeante sur le point du chant auprès de ses citoyens. Et comme pour Babe, le héros du film est un jeune animal, dont on suivra la gestation puis l’apprentissage. Très vite, on est rassuré par les choix de Miller : les sentiments des animaux sont toujours aussi bien mis en scène (la scène de l’œuf qui n’éclot pas), et ils sont toujours aussi mignons. On suivra donc ledit volatile jusque dans son apprentissage du chant. C’est pendant ce dernier que l’on verra apparaître une particularité chez notre poussin : il chante affreusement mal, et n’arrête pas de danser (la danse étant inconnue de nos amis pingouins). Très vite, le film s’inscrit dans la tendance « message positif sur l’exploitation de ses propres talents », mais bien qu’il en fasse son fer de lance, il ne s’enfermera jamais dans cette simple thématique. Il brasse en effet de nombreux thèmes intéressants, de la survie pure et simple (quelques séquences « prédateurs » terrifiantes) jusqu’à la love story classique mais bien traitée. Miller n’oublie pas de donner aussi une entité au groupe, osant poser les bases d’une sorte de religion chez les pingouins (en explication à la disparition des réserves de poissons sous la banquise) qui les amènera à une politique d’exclusion de la différence. Plutôt intéressant pour un film pour enfant. De la même manière, la quête pour entrer en contact avec les humains (vu ici comme des extra-terrestres) est assez intéressante, car d’abord filmée vraiment comme une sorte de Signes pingouin, qui nous amènera à un happy end un peu forcé (les grands de ce monde qui renoncent aux profits pour les beaux yeux des pingouins ? ^^), mais rock’n roll, les hommes dansant sur le rythme lancé par les pingouins. Une sorte de remake enfantin de Rencontre du troisième type, pourrait-on dire… Avec un registre sentimental toujours aussi varié (du bonheur de nager dans l’eau jusqu’au désespoir profond d’une cage de zoo) et des séquences bien pensées (les paysages sont bien mis en valeurs, l’animation est assez détaillée…), Happy feet est un film pour enfant sympathique, qui évite le pipi-caca avec une certaine finesse (le film n’est presque jamais régressif), sans après être beaucoup plus qu’un hymne à l’affirmation de soi et une gentille défense écologique de l’écosystème polaire. Sympathique, sans pour autant crier au chef d’œuvre. Vu qu'une suite pointe son bec, on pourra quand même s'attendre à quelque chose d'aussi bon (voire de meilleur, qui sait...).

 

4/6

2005
de George Miller
avec Clovis Cornillac, Marion Cotillard

 

http://1.bp.blogspot.com/_l78gV-3XyGo/Swxw_3jP8-I/AAAAAAAAA5c/uyshr5WT2DI/s1600/happyfeet-3.jpg

 

Les rois de la glisse : Assez amusant de voir combien les univers changent d’un film à l’autre. Si Happy Feet montrait les pingouins comme une communauté vivant toujours regroupée, les pingouins des Rois de la glisse ont une vie bien plus « humanisée » : vivant dans des igloos en famille et bossant dans des manufactures de triage de poisson. Et dans ce quotidien, Cody, un jeune pingouin rock’n roll, a une passion pour le surf. C’est alors qu’on commence à voir les partis-pris du film. Ce dernier essaye de faire oublier son côté « film d’animation » en adoptant un style documentaire, à la manière d’une émission de télé qui s’intéresserait à un jeune prodige du sport. On aura donc droit aux commentaires de sa mère et de son frère, qui désapprouvent ses projets, jusqu’à ce qu’on sorte du quotidien avec un test de recrutement de surfeur (où notre Cody est tellement tenace qu’il finit par être pris) et le cadre paradisiaque dans lequel va se dérouler notre aventure. Le film part dans plusieurs directions, tapant sur le manager des sportifs qui fait son beurre sur le dos de ses athlètes, et sur Tank, un gars massif multi-champion du monde de surf qui s’amuse à dégommer les poussins en surfant sur les vagues. La comparaison avec Brice de Nice est difficilement évitable, tant les personnages passionnés de Brice et de Cody pourraient être assimilables. Mais si Brice restait toujours réaliste et qu’il filait une claque monstrueuse à son héros, Cody se prend la baffe dès son arrivée. Puis il va tenter pendant quelques jours de se mettre à niveau et de se fabriquer une vraie planche. Et pour ça, il va avoir recours à l’aide d’un pingouin vivant reclus dans les arbres, dont l’identité mystérieuse nous sera révélée lorsque la surprise ne tiendra plus. Il faut reconnaître au film deux principales qualités : il impose assez bien son univers (en refaisant un petit tour de l’histoire du surf avec des oiseaux) avec un style docu qui paye, et ses prises de vues du surf sont tout simplement les plus belles jamais vues sur un écran. Textures magnifiques, ambiance paradisiaque, la chaleur du film traverse presque l’écran et nous fait goûter à ce petit paradis. Mais c’est hélas à peu près tout. Personnages convenus, manque d’originalité, des gags souvent régressifs (on ne passera pas à côté du pipi caca), et une morale au final convenue qu’on avait déjà vu avec Cars (c’est pas de gagner qui compte, c’est d’être cool !). C’est un peu léger pour faire un bon film pour enfants, aussi, cette œuvre restera au final ce qu’elle promettait gentiment d’être : un bol d’air marin tendance tropiques plutôt rafraîchissant, mais qui ne va pas révolutionner le genre. Gentil, mais moins attachant que son collègue précédent.

 

3/6

2007
de Ash Brannon, Chris Buck
avec Pierre Richard, Omar Sy

 

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/63/17/93/18811364.jpg

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commentaires

Avel-Yuffie 11/11/2011 23:03


Les Rois de la Glisse : pas vu.
Pour Happy Feet, je l'ai trouvé plutôt sympa. Pas extraordinaire, mais un bon divertissement (et qui évite les blague débiles).


voracinephile 13/11/2011 15:01



Un film qui ne déçoit pas venant du réalisateur de Babe ! Un divertissement familial gentillet, mais soucieux de satisfaire son public avec autre chose que des vannes scato. Plutôt sympathique vu
que son frangin surfeur est lui bien plus perméable aux vannes faciles et peu fines...



alice in oliver 06/11/2011 12:21


je n'ai vu que Happy Feet: j'ai trouvé cela relativement ennuyeux, mais pas revu depuis sa sortie cinéma.


voracinephile 06/11/2011 13:26



Booh... Relativement ennuyeux, pour moi, ça n'a pas vraiment été le cas. Il y a quelques périodes où il ne se passe pas grand chose, mais pour un film qui projetait de placer la danse (et la
chanson) en tête de thèmes, le film offre un lot assez conséquent de rebondissements. Le fait d'ailleurs qu'il privilégie le rythme au chant est assez intéressant, ce language étant plus
universel que le chant. L'animation étant relativement bien foutue par ailleurs, la bonne humeur du film m'a fait oublier ces petits temps morts. En tout cas, il est plus attachant que Les rois
de la glisse.



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