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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 13:30

Philibert.jpg

 

OSS 117 a décidément lancé la mode des parodies de films référencés d’une époque. On prend une formule classique d’un genre populaire et on rejoue sur le même ton en insistant sur des décalages humoristiques qui fonctionnent plus ou moins bien. Avec OSS, c’était tordant, et avec Philibert, c’est poliment emmerdant (mais poliment, hein !).

L’histoire : Philibert, capitaine puceau, apprend qu’il n’est pas le fils d’un cultivateur d’artichauts, mais celui d’un comte, assassiné il y a de nombreuses années par un bourgignon cruel, le comte d’Artois.

Philibert-20-2-.jpg

 

Alors certes, faire des parodies permet beaucoup de choses (il suffit de voir l’excellent Airplane! Pour le constater, et Spanish Movie pour les dérives). Mais faudrait pas non plus prendre les gens pour des buses. OSS 117, l’un comme l’autre, étaient des merveilles de reconstitution d’époque, et de vrais exercices de style, où le cabotinage des acteurs était mesuré dans chaque plan. Dans Philibert, en lieu d’un jeu d’acteur, on a droit à un surjeu constant, chaque acteur décidant de forcer le trait au burin, sous couvert de comique. Certes, dans les années 60, les films de cape et d’épées étaient de ce tonneau). Mais les acteurs restaient dignes. Ici, Philibert fait quatre fois de suite le même gag de répétition dans que celui-ci parvienne à prendre, avant de jouer la tristesse de la façon la moins crédible que j’ai pu voir. A force de vouloir faire de l’humour, le film se plante et nous laisse voir son vrai visage : il est mal joué. De long en large. Difficile alors de rire face à des gags enchaînés platement, par des personnages manquant totalement de relief et des situations téléphonées qui n’ont rien de surprenant. Philibert, le héros du film, est tout simplement la tête à claque la plus gonflante de l’année. Si on lui filait une baffe à chaque blague avortée, sa mâchoire se retrouverait dans son dos. Et sa prétendue virginité est totalement sous-exploitée. Pire, elle nous empêche d’avoir la moindre scène de charme, et elle ne fait tout simplement jamais rire. Si seulement le scénariste avait eu le courage d’en faire un homo, là il y aurait eu matière à faire des gags moins fins, mais honnêtes. Mais le film voulant désespérément conserver une façade respectable, on se fera vite à l’idée que l’histoire se situera au dessus de la ceinture, polie et sans relief. Dans ce merdier fade, il n’y a que Christian Astier qui prédomine, et ça n’est pas une surprise, notre bonhomme s’étant révélé magnifique dans  Kaamelott (tout simplement une des meilleures séries françaises, avec Plus belle ta lollilol de vie). Lui il cabotine, mais avec de la classe, et un humour fin qui nous arrachera les seuls sourires du film. Passé cela, c’est poli, très plat, esthétiquement acceptable (on retrouve quand même les ambiances des films parodiés), avec une scène de combat final rigolote et une fin des plus convenues. Bref, un conseil : voyez le en streaming pour Christian Astier, mais par pitié, n’achetez pas ce film.

 

1/6

de Sylvain Fusée
avec Jérémie Renier, Alexandre Astier

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