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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 12:23

http://www.movieposter.com/posters/archive/main/22/MPW-11355

Interdit aux moins de 16 ans (mais la majorité me semble un peu plus appropriée).

 

Un petit défis aujourd’hui : faire la chronique d’un film impossible à critiquer. Mon choix s’est alors tourné vers un sommet du mauvais goût (ne mettant en scène rien de moins que la monumentale Divine) : Pink Flamingos. Evoqué chez Videodrome, cette curiosité se révèle être un objet étonnant, se focalisant sur des enjeux absolument inutiles et se lançant dans une enchère de provocation tout à fait scandaleuse, qui parvient à donner dans le jamais vu, et surtout à nous offrir le portrait de Freak le plus sulfureux de l’histoire du cinéma. A genoux devant Divine, pauvres mortels !

L’histoire : Divine, sacrée la personne la plus sale du monde, voit son titre convoité par Connie et Raymond Marbles, deux pervers qui tentent de rivaliser avec la maîtresse du mauvais goût.

 

http://1.bp.blogspot.com/-RK8A6gZYgvg/TWGUK41G4NI/AAAAAAAAAJQ/3T8kqcKSQBE/s1600/pink_flamingos_6.jpg

 

Difficile de savoir par quel bout il faut prendre ce Pink Flamingos, tant il s’acharne à persister dans le mauvais goût sans chercher à doter son intrigue d’un thème pouvant faire débat. Ce film est un non sens complet, qui emmerde toute notion de goût et qui développ un univers aux antipodes de tout message civilisé. La quasi-intégralité du film sera donc tourné vers l’aura provocant de Divine, véritable moteur du film (c’est le personnage central) qui nous gratifiera de son mauvais goût pendant de nombreuses séquences. Le personnage, outrancièrement maquillé et habillé de tenues plus inappropriées les unes que les autres, réussit à provoquer à chaque nouvelle apparition, contribuant à donner au film une bonne part de folie à l’ensemble de l’œuvre. Œuvre qui étoffe également ses personnages secondaires en leur confiant des personnalités tordues variées, qui viennent provoquer le spectateur sur de multiples terrains (Raymond est exhibitionniste et obsédé sexuel fétichiste des pieds, Crackers, le fils de divine, couche avec des poules, et miss Edie, la mère de Divine, vit dans un parc à gosse où elle passe son temps à gober des œufs). Tout transpire le mauvais goût dans cette œuvre, et ce dernier est si scandaleusement étalé (les aller-et venue de Divine en plein centre ville sont une provocation parfaitement assumée par Divine, qui lance des sourires complices aux passants médusés) que l’œuvre parvient à devenir culte, ou en tout cas l’un des films de mauvais goûts les plus outranciers jamais faits.  Ce stade, on sort de tous les canons du genre, et des films comme Mammuth semble bien fades à côté de cette galerie de personnages hallucinante. Ainsi, la première partie du film servira de vitrine et permettra de planter les différents personnages de l’histoire, développant un peu la silhouette de Divine et de sa famille, ainsi que celle de ses concurrents, couple pervert aux cheveux teints qui se font jouir en se suçant les orteils. Il y a d’ailleurs dans ce film un assouvissement du fantasme instantané, souvent provocant car cédant à des pratiques sexuelles pour le moins déviante, quand elles ne virent par brutalement sur l’immoralité (l’hallucinante séquence de fellation en pleine séance de léchage de mobilier). Nos personnages transpirent la liberté et revendiquent leur crasse dans les excès les plus inattendus (le film n’a rien perdu de son impact après tant d’années, et les nombreuses séquences qu’ils nous proposent méritent d’être culte, comme cette vengeance à l’étalage de bave sur le mobilier, ou cette descente de police chez Divine qui vire à l’émeute, et qui devient un méchoui géant où nos policiers se font bouffer par Divine et ses amis). D’ailleurs, le film prône l’excès dans sa conduite, le titre de personne la plus sale du monde se devant d’être détenu par un être sans barrière morale, capable de tout (ce qui n’est pas le cas du couple, en témoigne cette séquence aussi excessive qu’irrésistible où Raymond se masturbe devant une femme lui dévoilant sa poitrine… avant de s’apercevoir qu’il s’agit d’un transsexuel qui se masturbe aussi devant lui, ce qui provoque la fuite de Raymond). En dehors de tout canon de morale, Pink Flamingos est un plaisir ultra coupable qui se regarde avec une certaine fascination pour le jusqu’auboutisme de la mise en scène, qui s’autorisera une séquence à nouveau scandaleuse où Divine mangera de la merde de chien sous nos yeux épouvantés. La plus mauvaise actrice du monde, nous dit le film, et probablement aussi l’une des meilleures pour son implication dans le rôle de sa vie. On ne remerciera jamais assez John Waters pour cet OFNI intemporel, véritable condensé du « jamais osé » sur grand écran et sur l’épilogue filmant la réaction de quelques spectateurs en sortie de salle. Clairement pas un film à regarder en famille, mais un monument du mauvais goût à même de terrasser tous les fans du genre. This is art !

 

5/6

 

1972
de John Waters
avec Divine, David Lochary

 

http://4.bp.blogspot.com/_SI72Qn7mM5Y/TQPgJIFyTWI/AAAAAAAAA8g/-bDx53Aiw2s/s1600/pink_flamingos%2B1972.png

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commentaires

alice in oliver 21/06/2012 18:26

comme quoi, tout ce qu'il veut, c'est sa moule !

alice in oliver 21/06/2012 15:14

d'ailleurs, je crois que le homard en pince pour elle

voracinephile 21/06/2012 17:43



Dis plutôt qu'il tape l'incruste assez !



alice in oliver 20/06/2012 14:36

je vois un peu le genre puisque j'ai vu multiple maniacs, un autre cru de Waters

voracinephile 20/06/2012 23:20



En effet, un bon cru lui aussi. Le viol de Divine par un homard, un passage inoubliable...



Vince12 20/06/2012 14:01

J'ai reçu le DVD de VOS, je viendrai poster mon avais dés que je l'aurai vu.

voracinephile 20/06/2012 23:19



Bonne séance dans ce cas !



alice in oliver 19/06/2012 23:27

ah celui là ! FAUT absolument que je le voie ! Je le connais seulement de réputation, mais quelle réputation !

voracinephile 20/06/2012 13:53



Un film à risque : impossible de prévoir ta réaction à l'avance. La vulgarité est parfois proche de l'insoutenable, l'objet finissant par être du jamais vu à force de persister dans le mauvais
goût...



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