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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:33

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Depuis que Ben Affleck est passé à la réalisation, il bénéficie d’un regain de popularité salutaire et devient un honorable artisan du cinéma. Sans prendre la grosse tête, en prenant des risques et sans grosses craintes de salir son image. Dans Players, c’est donc avec une certaine aisance qu’il se glisse dans la peau du méchant de service, face à un Justin Timberlake un peu nerveux dans sa découverte de l’univers du jeu en ligne. Un terrain propice au thriller intelligent, qui exploite gentiment son filon.

L’histoire : Ritchie, adhérant à une société de jeu afin de payer ses études, tente un soir de récupérer la somme nécessaire pour boucler son année sur un casino en ligne. Perdant toutes ses économies, il découvre alors une fraude dans le système de programmation et décide de s’en servir pour contacter le directeur du site installé au Costa Rica : Ivan Block.

 

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Justin Timberlake est surement meilleur chanteur qu’acteur, cela semble évident. Tout comme il semble évident que Brad Furman a revu légèrement ses ambitions artistiques à la baisse. Car finalement, Players est un film seulement fonctionnel, qui balaye un terrain foisonnant pour rester seulement en surface, en s’attachant à des archétypes classiques, facilement repérables par le spectateur. Il semble bien vite évident que le requin est exactement là où on le pense (on pourrait dire le crocodile plutôt), et que cette plongée dans l’univers des nouveaux casinos n’a rien de la virtuosité d’un film comme celui de Scorcese. Mais il serait injuste de se réduire à une comparaison aussi facile. En l’état, le film aborde intelligemment son sujet, par l’intermédiaire d’un étudiant en économie dont l’envol a été brisé par la crise financière, et qui se retrouve, sans ressources, dans la position délicate de promoteur de jeu dans son campus, laissant derrière lui élèves et profs ruinés… Après une soirée particulièrement tendue où il perd toutes ses économies, notre étudiant Ritchie décide de s’envoler pour le Costa Rica afin de… je ne sais quoi. Se faire rembourser sans doute. Evidemment, il tape dans l’œil de Ben Affleck, qui décide de l’employer immédiatement. Ritchie organise alors le boulot, augmente les rentabilités du casino virtuel, passe des contrats où des milliers d’adresses IP de joueurs changent de main… Il y a là toute une matière passionnante sur les moyens d’extorquer de l’argent avec les nouvelles technologies. Mais le foisonnement, les détails techniques, le dessous de table en fait, rien de tout cela n’intéresse Brad Furman. Au mieux, cela sera réduit en fin de film à une explication d’une minute montre en main, d’une simplicité quasi enfantine. Par contre, pour montrer Timberlake qui mène la belle et qui commence son idylle avec l’ex de Block, là, il y a du temps à gaspiller. Quant au FBI, on constate combien le ressort scénaristique sensé placer le héros dans une situation embarrassante est mal exploité, ce dernier étant toujours libéré et sans la moindre pression de la part de l’agent sensé le pister dans tous ses déplacements. Bref, il y a pas mal de vide autour du héros, et une conclusion finale complètement j’me la pète qui m’a laissé passablement irrité (genre je te l’ai faite à l’envers avec tes propres techniques, je me suis bien gavé sous ta direction, va te faire foutre en prison pendant que je m’envole pour les caraïbes). On ajoute à ça une esthétique numérique assez quelconque (des couleurs un peu saturées, des halos lumineux qui s’emballent à vous en donner mal aux yeux (la séquence « fête »)), et on obtient un thriller un peu mou sur un sujet passionnant. L’interprétation de Ben Affleck en escroc patenté est toutefois vivifiante, brossant un portrait convenu mais efficace de l’arriviste prédisant constamment les retours de bâtons à venir tout en profitant un maximum de la situation qu’il occupe. C’est d’ailleurs sa seule prestation que l’on retiendra de players.

 

2,8/6


2013
de Brad Furman
avec Justin Timberlake, Ben Affleck

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commentaires

borat8 24/10/2013 22:10

Ah non je fais plutôt parti des partisans. J'ai juste regretté le fait qu'un film de zombies soit PG-13. C'est tout bonnement impossible et preuve en est que le unrated existait dès le début. C'est
plus une question de marketing (avec petite pub pour Pepsi aussi) que de qualité. Olivier et Fredtarantino ont été vraiment méchant en revanche.

voracinephile 25/10/2013 00:56



Alors, investis, tu ne seras pas déçu. J'avais parlé de cette version uncut chez Princécranoir : http://princecranoir.mabulle.com/index.php/2013/07/02/206556-world-war-z . La sortie de cette
version sera l'occasion de remettre le couvert sur la table !



borat8 24/10/2013 20:58

Au fait il y a la version unrated sur le BR de World War Z? Je n'ai pas envie de me faire arnaquer. Je ne cherche en revanche pas la comparaison avec Sade, je pense que ce n'est pas la peine! C'est
comme comparé Twilight et Dracula de Stoker!

voracinephile 24/10/2013 21:47



Pour World war z, je crois me rappeler que tu trouvais le film moyen, surtout anesthésié par la censure. La version  non censurée essaye de se rattraper avec beaucoup de sang numérique. Pas
terrible, mais plusieurs passages sont plus supportables. En revanche, certaines séquences gagnent clairement en cohérence (notamment pour l'usage de la baillonnette) ou sont rallongées pour
faire durer l'action. La version longue améliore gentiment la version ciné, sans rattraper la fin, hélas...


Effectivement, on ne va pas comparer le putain d'aigle nazi et le canard WC...



Kapalsky 24/10/2013 17:53

Y'avait un truc dans le pitch qui me paraissait intéressant...et ben Affleck... mais au final je me sens pas de voir ce film, en tout cas en salle. Comme le souligne ta critique le film est loin
d'avoir le calibre d'un Scorsese...

voracinephile 24/10/2013 20:05



Même sans valoir Scorcese, le film aurait clairement pu être un petit thriller sympathique. Mais son principal argument, à savoir le voyage dans le monde des casinos virtuels et du jeu
aujourd'hui (assisté par ordinateur) est à peine éffleuré, rien n'est dévoilé... Bref, on ne fait que se prendre des clichés à la chaine... Merci, on repassera.



borat8 23/10/2013 23:27

On peut dire que tu reviens du Mexique!lol Je te conseille vivement de faire un tour en librairie. Les couvertures sont assez éloquentes montrant je crois des cravates. C'est d'ailleurs ce que je
disais à FredTarantino. La parodie porno sera probablement plus crédible que la version Hollywood! Plus fun aussi! En fait les bouquins racontent l'initiation au SM d'une jeune universitaire par
Christian Grey un bel homme qui en a vraisemblablement dans le pantalon.

voracinephile 24/10/2013 19:47



^^ Je viens d'acheter world war z histoire de le rattraper après coup, donc cela attendra un peu. J'en prend bonne note en tout cas, même si je ne m'attends pas à quelque chose de très
audacieux... Sans doute que Sade tiendra toujours le haut du pavé (ainsi que Sader Masoch pour les plus cultivés).



borat8 23/10/2013 21:47

Oui enfin cela ne dépassera pas le Restricted. C'est déjà tout paufinné pour éviter le NC-17. Tu ne connais pas les 50 nuances de Grey? Pourtant c'est LE CARTON librairie de l'an dernier.

voracinephile 23/10/2013 21:59



Absolument pas ! Du coup, on aura droit à l'acteur qui balance de petits coup avec des bruitages tonitruants pour compenser... N'empêche, si ils se retiennent, le film n'a aucun intérêt... Bon
sang, le monde du SM est pourtant assez amusant ! Et psychologiquement intéressant. Mais ce sont effectivement des virées en eaux troubles, pas de simples petits fantasmes pour "épicer" sa vie de
couple.



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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