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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 20:29

possessiony.jpg

 

Possession… Un titre comme ça m’évoque tout de suite des films d’exorcismes, de prêtres, de démons, de prêtres chasseurs de démons, de titres de propriétés… Bref, c’est vague, et j’étais encore très loin de me doutait quelle forme pouvait prendre ce mot. Mais dans le film d’Andrzej Zulawski, elle prend un visage totalement inattendu, qui foudroie par sa folie et ses acteurs, plus talentueux les uns que les autres.

L’histoire : Mark est un père de famille terriblement désorienté par sa vie affective, sa femme Anna ayant un comportement qu’il ne parvient jamais à comprendre. Ayant appris de sa bouche qu’elle avait un amant, Mark sombre alors dans une profonde dépression, avant de revenir à l’appartement commun pour tenter de remettre de l’ordre dans sa vie.

 

http://horrorhappyhour.com/wp-content/uploads/2011/05/possession-1981.jpg


Possession est un chef d’œuvre. Un vrai. Même si on est loin de comprendre tout ce que l’on voit, on est happé par un spectacle qui nous échappe totalement, qui nous dépasse sans que nous puissions y faire quoi que ce soit. En somme, ce film a sur nous le même effet que le personnage d’Isabelle Adjani sur Sam Neill. Sam Neill est ici l’époux totalement dépendant de sa vie de famille, s’attachant de façon maladive à sa femme (dès les 10 premières minutes du film, après son départ précipité dans un hôtel, il gesticule en gémissant sur son lit), et ayant un besoin impératif de comprendre son fonctionnement, sa logique. Alors que cette dernière n’en a apparemment pas. Elle semble d’abord tenir à son amant, mais elle revient à l’appartement familial (où vit Mark et leur fils), où elle laisse parler Mark sans jamais lui fournir les réponses attendues. N’y tenant plus, Mark rend alors visite à l’amant d’Anna, Heinrich, dans l’espoir de comprendre, et de pouvoir faire face à la situation. La découverte de ce nouveau sommet du triangle amoureux se fait dans une ambiance des plus étranges, ce nouveau personnage tentant carrément de séduire Mark (il lui tourne autour, presse ses mains sur son torse, lui caresse le visage…) avant que l’entrevue ne se solde par une bagarre. Jusqu’ici, nous ne vivions qu’un drame amoureux assez tendu au niveau de l’interprétation, les acteurs jouant tous à fleur de peau. Mais le récit prend véritablement une tournure de thriller quand on découvre qu’Anna ne passe en fait son temps ni avec Mark, ni avec Heinrich. On entre dans une espèce de jeu qui rappelle le Vertigo d’Hitchcock, avec ce côté Polanski pour les personnages dépeints toujours par une psychologie précise. Et sans crier gare, on bascule dans un fantastique Cronenbergien au contenu passionnant, au sens métaphorique terrassant (on est vraiment bouche bée devant le ton que prend le récit). Possession mixe alors deux registres différents, utilisant d’un côté un fantastique incarné dans une créature que ne renierait pas Cronenberg, et une structure dramatique concernant Isabelle Adjani qui évoque en droite ligne Hellraiser 1, qui bien qu’étant moins gore, pousse son propos et ses fantasmes plus loin que ne l’avait fait Clive Barker. Il faut voir ce plan séquence incroyable, où Isabelle Adjani, marchant dans le métro, passe en 5 minutes de l’état d’une passante lambda à celui d’une furie possédée, terrifiante en face de nous, achevant sa scène dans un délire gore incompréhensible mais profondément angoissant. Sur le plan de la simple performance d’acteur, tous les artistes de ce film sont admirables. Leur jeu est exemplaire, leurs émotions sont parfaitement logiques malgré les dérapages totales dans le fantastique, qui fascinent du début à la fin, nous offrant des moments de pure tension, de folie ultra crédible (Sam Neill se mutile au couteau électrique, Isabelle est la tarée la plus crédible que j’ai pu voir sur grand écran…) et de métaphore fantastique (le face à face final dans la cage d’escalier maculée de sang sur toute sa longueur). Possession, c’est la force des images et d’une histoire intimiste, profondément dérangeante et faisant ressurgir des peurs terrifiantes, portés par des personnages psychologiquement perturbés et perturbants, dont les performances d’acteurs ahurissantes devraient marquer à vie les spectateurs qui s’y confronteraient. Un coup de cœur sans égal cette année, un OFNI hypnotisant qui a largement mérité son 20/6. Qui pensait qu’un chef d’œuvre définitif était sorti en 1981 ?...

 

20/6

 

de Andrzej Zulawski
avec Isabelle Adjani, Sam Neill

 

http://image.toutlecine.com/photos/p/o/s/possession-1981-03-g.jpg

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commentaires

Vince12 25/10/2013 19:48

Je voulais justement te'envoyer un mail pour Dominus. Il est vrai que j'ai été très pris par le taf mais j'ai essayé les dialogues sans succès. Pas trouvé l'inspiration. Ca sonnait faux.

voracinephile 25/10/2013 21:38



D'acc. Je vais m'y remettre ce week end. Ca devrait aller assez vite, vu que notre script était déjà bien développé. Je commencerai et je t'enverrai ça dès que possible. Merci en tout cas d'avoir
essayé (et je comprends tout à fait que le travail ne t'ait pas laissé beaucoup de temps à y consacrer). On se tient au courant.



Vince12 20/10/2013 17:32

D'ailleurs j'ai fait découvrir Where the Dead go to die à ma conaissance fan de Kinski (qui m'a fait connaître le fan des Costes je sais c'est sur à suivre) et le gars est tombé amoureux ! Il a vu
le film trois fois en 2 jours, il le trouve super beau et a même enregistré des passages pour une de ses chansons car je ne sais pas si je te l'avait dit, le gaillard est à fond dans la musique et
compose.

voracinephile 23/10/2013 21:45



Ooh ^^ Content qu'il ait trouvé lui aussi l'inspiration devant le maître Screamerclauz ^^ Je serai curieux d'écouter ce que ses travaux donnent depuis la "révélation". Il doit être en proie à une
possession créatrice. Tant que ça parle de vagins et d'excréments, ça m'intéresse !


Au fait, je vais me remettre à l'écriture. J'ai des tas d'idées, mais je veux me concentrer sur les dialogues de Dominus, qu'on termine cela en bonne et due forme !



Vince12 20/10/2013 15:05

D'ailleurs Jimmy m'a téléphoné en pleurs car il trouve qu'on l'a totalement délaissé depuis la découverte de Costes !

voracinephile 20/10/2013 15:52



C'est faux, je scrute régulièrement sa chaine youtube. Mais il ne publie pas grand chose ces temps ci... Avec Halloween, sans doute qu'il aura prévu un truc. Ca me fait penser qu'il va falloir
que je rédige une chronique à son sujet...



Vince12 20/10/2013 10:00

Et pas un com ? Moi j'ai suivi ton conseil je l'ai commandé et je l'ai découvert hier soir. C'est vraiment un film unique en effet. Mais je pense qu'il faut le revoir plusieurs fois tant il m'a
l'air complexe dans sa structure, ses personnages et ses symboliques. En tout cas merci pour la découverte.

Ps: Seul bémol, le monstre aurait du être un démon cyclope et le décor aurait du être chiadé avec des fluos et des yeux partout et Sam Neil aurait du avoir une tête de cheval et un fusil en guise
de membre. Sans compter qu'il aurait fallu remplacer l'enfant par un chien noir aux yeux rouges proférant des paroles obscènes..... Allez avoue que ça faisait longtemps ;)

voracinephile 20/10/2013 12:01



Tout à fait d'accord, pas un seul comm à ce qui doit être un des films qui m'a le plus marqué, c'est intolérable. Il est impératif de le revoir plusieurs fois, et même en connaissant l'histoire à
l'avance, on retombe dans ce tourbillon de folie. Tout simplement exemplaire, le meilleur de Zulawski (pour l'instant, je viens de réussir à récupérer son film de SF barré On the silver globe).
Reste que je trouve chaque personnage fascinant. Et la séquence de pétage de câble dans le métro d'Adjani est tout simplement anthologique. Peu d'actrices ont réussies à tenir un tel niveau (et
aujourd'hui, ça se plaint de faire des scènes de sexe pendant 10 jours dans le gros succès national... tsss XD).


Content qu'il t'ait plu (je ne suis pas surpris), et permet moi de te recommander le premier film de Marina de Van : Dans ma peau. Un exercice délicat sur l'automutilation...


Oh oui ! Et l'amant d'Adjani aurait un e gueule de fourmilier avec une longue langue en forme de rape qu'il utiliserait pour forniquer avec Sam Neil dans des toilettes d'où jaillirait du sang par
catharactes pendant qu'adjani vomirait du lait et des yeux sur le sol, tout en suintant des fluides verts par tous les pores de sa peau qui forme alors une créature à tentacule qui se transforme
en mouche géante vomissant du sperme avant de s'exploser l'abdomen pour laisser sortir des foetus avortés qui gigotent et si se mettent à tracter avec leur cordon ombilical un immense traineau
composé de cadavres en putréfactions et d'excréments sur lequel un homme ensanglanté nu avec la tête recouverte d'un sac en papier est en train de danser tout en se lacérant avec un couteau pour
verser son sang sur le cadavre éviscéré d'une prostituée dont le vagin contient des asticots fluorescents et des cafards carnivores qu'un petit enfant mange gouluement avant d'aller jouer à un
jeu vidéo où il découpe des femmes enceintes pendant que son père le sodomise.


Woa, je suis en forme, c'est une bonne journée qui commence !



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