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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 16:02

poughkeepsietapes.jpg

 

Il semble que Pougkeepsie tapes soit un sacré morceau du cinéma underground, et pour cause, c’est l’un des found footages qui se révèle être vraiment efficace dans toute la façon dont il se présence. Enorme travail de bricolage qui s’articule comme un « Faites entrer l’accusé », il déballe sans cesse détails sordides et interviews pour donner corps à son histoire, parvenant assez facilement à flouter la barrière entre l’œuvre de fiction et le fait divers sordide. Cela lui donne-t-il un intérêt pour autant ?

L’histoire : Pougkeepsie tapes relate les méfaits d’un psychopathe ayant pour habitude de filmer les sévices qu’il inflige à ses victimes avant d’envoyer ses vidéos à la police locale.

 

poughkeepsie3.jpg

 

La formule est si simple, si limpide qu’il est étonnant que personne n’ait exploité le filon avant Pougkeepsie tapes (enfin, dans une certaine mesure, Guinea Pig l’a fait, et Snuf 102 en serait une version uncut). Entièrement bâti comme un reportage télé enregistré sur le câble, le film narre donc les exactions d’un psychopathe inventé de toutes pièces, et s’aborde comme une émission de vulgarisation d’affaires criminelles. La procédure de description permise par le moyen est exploitée au maximum, le réalisateur use de tous les moyens à sa disposition pour enrichir l’objet, gonfler de détails l’enquête, étoffer les preuves… Il a aussi l’intelligence de recourrir à une multitude d’interviews, utilisant un nombre assez conséquents de figurants qui, interviewés pendant seulement quelques minutes chacun, forment le microcosme habituel des cellules d’enquêtes sur les psychopathes (agents du FBI, porfilers, police locale, témoins impuissants, avocats, juges… toutes les instances y passent). Et bien sûr les vidéos en elles montrant le psychopathe en action, variant les ambiances et les plaisirs (grimé d’un masque vénitien et d’une cape noire pour le jeu de soumission qu’il entame avec la seule rescapée des carnages, ou revêtu d’une combinaison de risque chimique pour du débitage à la hache…), sans que le spectateur n’y voit grand-chose… (quelques détails gores, surtout les cris des participants…). On trouve quelques os à ronger dans Pougkeepsie, qui avec son réalisme, tire des conclusions logiques sur les différents meurtres mis en scènes, et suit donc la logique classique de la police pour trouver l’identité du tueur. Il y a aussi la dénonciation de la peine de mort, peut être la plus féroce du film (un individu accusé, puis exécuté avant que ne reprennent les meurtres, le scandale ayant été étouffé par le 11 septembre). Mais tous ces « points » sont là aussi des détails, des trucs qui sont là pour donner un peu de matière, mais qui ne seront pas développés au-delà. Il en est de même lors de l’interview de la seule victime ayant survécue à son enlèvement. Oui, l’actrice est authentique, mais à quoi sert son intervention, qui n’apporte rien au débat ? Elle ouvre une porte sur quelque chose, et alors ? C’est finalement là qu’on touche le point faible de Pougkeepsie Tapes : il n’a aucun fond. Il est si concentré sur sa reconstitution méticuleuse des faits et de l’affaire qu’il en oublie d’avoir une vision, de dire quelque chose, en bref de se démarquer des faits divers quotidiens qu’il imite, certes avec talent, mais sans les dépasser. Au final, vaudrait-il mieux regarder un fait divers en direct, ou une imitation de fait divers en se dédouanant parce que « c’est du cinéma », mais c’est si fidèle à la réalité que cela reviendrait à la regarder dans un miroir… Pougkeepsie n’est qu’un fait divers non réel, qui cumule beaucoup de choses réelles, sans faire avancer en quoi que ce soit le spectateur. Dans le genre, autant lire Faits divers Criminels, revue que je conseille grandement aux amateurs de trash (des montages photos moches comme pas permis, des comparaisons audacieuses « la fillette, parvenue à éteindre le feu qui la consumait, ressemble maintenant à un kébab à point… », une vision nuancée de la vie…).

 

1,1/6


2007
de John Erick Dowdle
avec Stacy Chbosky, Ben Messmer

 

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commentaires

alice in oliver 20/10/2013 19:19

et on le veut maintenant !

voracinephile 23/10/2013 21:45



Promis, ce week end, je ferai la chronique ^^



alice in oliver 20/10/2013 00:37

n'empêche, maintenant, on veut angry red planet sur ce blog !

voracinephile 20/10/2013 10:39



Oh bon sang, c'est vrai... L'âge de cristal me l'a fait oublié. Je regarde trop de films ces temps ci pour suivre dans la rédaction des chroniques XD



alice in oliver 19/10/2013 14:01

pour le mec qui s'électrocute, ça pourrait faire un bon film d'horreur sur claude françois

voracinephile 19/10/2013 23:21



Genre la musique de psychose à chaque fois qu'il s'approche d'un appareil électrique...



alice in oliver 19/10/2013 11:16

je l'ai vu hier soir sur youtube: le film est dispo en entier mais en VO. Vraiment un gros navet pour ma part, mais j'y reviebdrai chez moi et chez borat

voracinephile 19/10/2013 13:17



Ah, content de lire que tu l'as déjà vu et que tu me rejoins. Je réagirai à ta chronique quand elle sortira. Le film jouit d'une certaine notoriété et on peut lui reconnaître un certain talent
pour imiter le réalisme, mais bon, où est l'intérêt ? Autant jouer un mec qui s'électrocute avec son sèche cheveu ou qui s'ébouillante en se faisant cuire des pâtes...



alice in oliver 18/10/2013 15:54

tiens, il me tente bien celui là mais la chronique n'incite guère à le découvrir.

voracinephile 19/10/2013 11:11



^^ Effectivement, il a tout à fait sa place sur naveton. Et quelques arguments pouvant ouvrir sur un débat. Le problème, c'est qu'il ne dépasse jamais la réalité. Donc finalement, il aurait
autant d'intérêt qu'une émission de Faites entrer l'accusé qui serait non résolue. Mais vu sa renommée, il mérite une heure trente d'attention.



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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