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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 22:03

http://www.julsa.fr/wp-content/uploads/2012/03/Projet_X-affiche.jpg

 

Nouveau mètre étalon de ma catégorie Navet, voici un concurrent de choix dans le championnat de l’incitation à l’ivresse publique : Projet X. Tout le monde en a entendu parler, les gens biens évitent de s’y frotter, et pourtant, rien n’y fait, c’est un buzz incompréhensible où un public rit des conneries d’une bande de demeurés irresponsables sans les connaître. Etre fêtard, c’est être un king, ça on le savait, mais être à ce point anti-social, c’est limite criminel. Mais Warner Bros s’assoit dessus, le sacré saint fric étant le maître mot de ce type de projet. Mais pourquoi les Drunk Sex Orgie ne sortent-ils pas au cinéma ?

L’histoire : vous avez déjà vu une vidéo de soirée-beuverie ? Bien c’est la même, mais elle coûte 10 euros, celle là…

 

http://i.ytimg.com/vi/P81IvRkPZlI/0.jpg

L'enjeu de la soirée...

 

Ah, mais que j’aime être confronté à des produits pareils ! La critique de Borat était un avant goût pour le moins réjouissant, sa chronique concernant ce film étant l’une des plus agressives que j’ai pu lire. Mais maintenant, il faut passer un nouveau cap. Alors, c’est parti. Projet X est l’un des films les plus mauvais que j’ai vu de ma vie. Ne serait-ce que techniquement, c’est un film dégueulasse. Filmé avec une caméra HD trouvable n’importe où, passant les trois quart de son temps à filmer des culs, des tronches inconnus, des couples qui se roulent des patins, du gerbis, un caniche (qui a du participer à une tournante pendant le tournage à en juger par sa gueule), ce film ne montre rien pendant la quasi-totalité de sa durée, alliant à cela un éclairage bordélique et un sens du montage amateur. Mais le film fait mieux avec son contenu idéologique. Commençons direct avec le thème principal : le sexe. Le sujet de conversation qui revient éternellement, c’est la chatte. La moule. Le vagin bien mouillé. La plupart des gags concerneront les fantasmes sexuels de nos trois adolescents, du gros qui nous énumère les techniques de doitage les plus subtiles, mimant le geste en s’imaginant déjà dans une muqueuse bien lubrifiée, le looser qui va devenir le winner, qui lui veut une bonne petite chatte bien serrée pour sa première fois, et un gars cool qui lui fantasme sur une branlette espagnole avec une bonne grosse paire de seins dégoulinante de sperme… Et c’est ça dès qu’ils ouvrent la bouche. On filme une fille que nos compères se demande si elle mouille, si elle serait à l’aise avec le sexe oral, si ils pourraient se la partager à 3… Bref, autant dire que le film se veut être un fervent partisan de la libération des mœurs quelles qu’elles soient. On aura donc droit à tout un lot de poitrines (une pancarte nous promettait des filles nues, les américains ne se rendent plus compte de leur connerie à ce stade, ce sont des limites complètement absurdes qu’ils s’imposent), du frottage de jeunes adultes à travers les vêtements, et du libertinage en cours de soirée avec plusieurs partenaires féminins… Les enjeux sont clairs : c’est celui qui va avoir le dépucelage le plus mémorable qui va entrer dans la légende ! Le film va donc suivre un peu nos trois compères, et en fin de soirée effectivement, le constat a de quoi rester mémorable. Dommage seulement que tous nos acteurs ne se soient pas désapés pour une fornication franche et massive, qui au moins serait allé au bout du sujet. Mais cette retenue constante, parfaite hypocrisie morale, ne franchit jamais une certaine ligne qui fluctue en fonction des caprices des scénaristes, aussi talentueux qu’un Besson un soir de bringue. On en arrive au thème n°2 : faire des expériences. En plus de la picole à en gerber (bon, ça peut arriver à tout le monde, l’ironie étant que ça facilite le contact avec les autres fêtards), nos jeunes vont tester un peu les poudres de perlinpinpin qui vous font voir des étoiles et apprécier la vraie vie à 200%. Coke, extasy, et vas-y que je m’expédie sur la lune, histoire de dépasser 99 francs, mais ici c’est pour de vrai. L’alcool aidant, les talents de nos jeunes se désinhibent, nous permettant d’apprécier par exemple un numéro de skate board sur un toit de maison suivie par la chute dudit skate-boarder, mais il maîtrise, donc c’est cool. Le héros finit par comprendre enfin ça. Si tu fais des trucs de oufs, t’as du respect ! Ainsi, alors que les hélicos de la police survolent sa baraque, il les gratifie d’un bon gros doigt d’honneur (c’est cool, ça sort juste de la chatte de la fille qu’il vient de tringler, la mouille est encore humide) avant de se jeter du second étage sur un trampoline, devenant ainsi le king de la night ! Les passages d’un voisin venant de plaindre du bruit et tasé à la nuque, ou celui d’un gars détruisant au lance flamme tout le quartier passent alors comme d’aimables boutades innocentes, devant l’irresponsabilité profonde de chaque minute que le film ose rajouter. Mais le final reste à ce titre savoureux. En effet, le film était très lassant dans sa perpétuelle répétition de scène de remplissage sur de la musique de boite, filmant des pouff imbibée ou des soulards lubriques à longueur de temps. Mais on attendait de voir la réaction des parents. Et bien le père, qui considérait son gosse comme un looser, ben il en est fier, de son marmot. Il le dit après avoir signalé que tous les fonds d’étude allaient partir dans la réparation des dégâts (en gros, que ce merdeux va s’endetter pour commencer sa vie), mais il s’en branle complet, il a été un dieu le temps d’une nuit. Ainsi, Projet X devient l’étendard de la génération des gaspilleurs irresponsables qui ne se soucient jamais des conséquences de leurs actes, vivant dans des codes communautaires complètement ubuesques et tourné vers un excès « tolérable », ou qui se doit en tout cas d’être toléré. Un peu comme si un apéro facebook avait lieu dans le bâtiment à côté de chez vous, que les gens jettent leur déchets sur votre porte et que vous allez vous faire foutre car vous n’êtes pas invités. Finissant amoralement avec une irresponsabilité qui fait fureur (les présentateurs du JT invitent des membres de la fête à partager leur expérience en direct), Projet X doit être l’un des objets les plus nocifs et les plus révoltants qu’il m’ait été permis de voir (le pire étant qu’il trouve un écho auprès des générations de fêtards, qui se mettent à imiter les conneries qu’ils voient). A se demander pourquoi Jackass n’a pas plus de succès. Histoire de jouer l’originalité, on préfèrera aller au bout des choses avec les Drunk Sex orgies, qui eux ne cherchent pas à s’imposer des limites : c’est open bar toute la nuit et baise en full frontal avec partenaires multiples… Plongeons dans l’amoralité plutôt que d’essayer de se donner bonne conscience.

 

-999999999999999/6

 

2012
de Nima Nourizadeh
avec Thomas Mann (II), Oliver Cooper

 

http://www.tuxboard.com/photos/2012/03/Projet-X-soiree-de-folie-640x426.jpg

Le doigt, nouveau mode de communication des jeunes

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

borat8 03/08/2012 13:38

Je ne suis pas encore parti mais ça se prépare. Derniers rangements.

borat8 03/08/2012 11:55

J'irai voir si j'ai le temps, là je dois faire mes valises.

voracinephile 03/08/2012 12:08



D'acc ! Bon voyage !



borat8 03/08/2012 10:53

PQR? Connais pas Borat est un vrai rockeur et pourtant ça ne m'empêche pas d'écouter de la merde (dès que j'entends le son trafiqué comblé par une plastique horrible de Nicky Minaj je zappe
direct).

voracinephile 03/08/2012 11:45



Tu ne connais pas PQR ? Bon, je l'écris en toute lettres : Plan Q Régulier. Tu chercheras sur youtube, tu ne seras pas déçu par la qualité des rimes riches de cette chanson...



borat8 01/08/2012 19:04

Et en plus ça rime! Et puis si tu veux niquer c'est pas compliqué! Si t'as une bombe latine et une geek et que tu ne sais pas comment choisir, alors t'as qu'à te les faire en même temps!

voracinephile 03/08/2012 10:15



Je me demande moi aussi pourquoi ils n'ont pas placé PQR dans la bande originale française, elle fait un malheur pendant les soirées, celle là !



borat8 30/07/2012 17:52

Un vrai psycho killer! Je ne parle même pas du plus queutards du trio, le genre de gros cons que t'as envie de tabasser tellement il est pénible. Et puis la fin où il est content d'être libre parce
qu'il a du pognon! Quelle morale!

voracinephile 01/08/2012 15:55



Ah, mais il faut que les mômes apprennent à aimer l'argent ! Sans argent, impossible de survivre dans notre monde... Si tu veux être respecté, faut aligner le cash sans hésiter ! Et pour ses 3
tests de paternités, les grognasses n'ont qu'à aller se faire avorter !



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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