Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 06:22

http://www.cenoctet.com/wp-content/uploads/2012/05/prometheus-film.jpg

 

On l’a attendu depuis un an comme le messie, Prometheus débarque sur les écrans le 30 mai 2012 (un peu avant la fin du monde, quelle chance !). Le résultat est-il à la hauteur de nos attentes fébriles ? Non seulement il l’est, mais il devient de loin le meilleur film de l’année (on met au défit les autres de faire mieux), sur les plans de la richesse des concepts et des thématiques. Avant de développer, faisons un bilan de ce que je pensais être Prometheus avant le visionnage. On savait qu’on allait découvrir une planète d’où venaient les extra terrestres qui ont engendrés la vie sur terre, on savait que les humains allaient toucher à des technologies de création de vie et que les Ingénieurs (les extra terrestres à l’origine de tout) allaient prendre peur et vouloir liquider par l’alien tout ça. Sur le papier, c’était déjà monstrueux, mais on ne savait rien de la fin (et j’avais donc extrapoler sur une variation de Alien avec un authentique alien dans le lot. Et ben c’est loin d’être aussi simple… Mais alors très loin !

L’histoire : plusieurs civilisations sans liens directs utilisent un pictogramme similaire, représentant une constellation invisible sans outil technologique avancé. La compagnie Wyland Yutani décide de financer une expédition pour aller explorer la seule planète de la constellation semblant habitable.

 

http://www.geeky-gadgets.com/wp-content/uploads/2012/05/Prometheus.jpg

 

En premier lieu, il serait vraiment bon de noter tout le travail de l’excellent marketing qui nous a été martelé pendant ces longs mois d’attente. Pourquoi ? Parce qu’il n’a cessé d’extrapoler sur l’univers de Prometheus, partant dans de nombreuses directions, donnant des infos sur le personnage de Weyland, des dates sur la cryogénie, la recherche spatiale et robotique, donnant naissance au premier androïde. Le marketing ne nous a pas vendu un film, mais un univers, sur lequel vient se greffer Prometheus avec un réel sens de l’exploitation. Aussi, moi qui tapait beaucoup sur tous les articles que j’avais lu en croyant qu’ils m’avaient spoilé toute la première heure, j’ai été assez surpris de voir un film qui ne reprenait pas les éléments dont on nous avait abreuvé ces derniers mois. Ce sont des bases qui ont été intelligemment plantées dans notre esprit et dont Prometheus va se servir à sa guise. La scène d’intro sera assez sobre et justifie le titre du film : c’est un extra terrestre qui se sacrifie sur la planète Terre, et dont l’ADN sert de base pour former des bactéries qui commenceront à pulluler. Avec l’ébullition qui m’anime, dur de céder à la tentation de tout spoiler. Mais on va tenter de rester sobre et d’en dire le moins possible. Toujours est-il que le rythme du film est plutôt rapide, ne laissant pas de temps morts ou presque (les rares qu’on a pu relever sont comblés par une angoisse émergeant de l’inconnu). Car Prometheus est bien le film de SF à part entière qu’on nous avait promis. Pas besoin d’avoir vu Alien pour le comprendre, et si on l’a vu, on ne sera que plus déboussolé par l’apparition de nouvelles créatures (Giger a une nouvelle fois fait du bon travail, le tout est excellent), et par les extra terrestres à l’origine de la fertilisation de la Terre, qui ne sont pas exactement ceux qu’on attendaient (le space jockey n’est qu’une enveloppe). Toutefois, pour ce qui est des créatures, si le concept inhérent à leur source (SPOILER le fameux liquide noir source de vie se révélant être une arme biologique FIN DU SPOILER) est savamment exploité et nous offre un nouveau bestiaire (on sera loin de se limiter aux humains en mode alien), ce dernier part un peu en cacahouète à la fin, notamment avec une créature tentaculaire qui m’a un peu trop rappelé The Thing 2010 (et par l’épilogue créature, sensé nous montrer le tout premier alien (numérique), mais ce dernier ressemble tellement à celui de Alien vs Ninja que j’ai éclaté de rire). Mais c’est bel et bien au niveau des thématiques que le film a réussi à m’emballer. En effet, tout tourne autour des origines de l’homme. Et comme prévu, le personnage de Naomi Rapace est celui d’une scientifique croyante. C’est clairement le personnage que j’ai le plus apprécié, car sur les bases, j’affiche des convictions très proches de celles qu’elle aborde (plus clairement, je crois à l’étincelle divine qui a été source de tout et que depuis l’univers évolue). Et ce personnage est très souvent au cœur du récit, se focalisant principalement sur la question « doù venons nous ? », et une fois la réponse acquise (très rapidement, on vous l’a dit, le film ne manque pas de rythme), « pourquoi nous avoir créé ? ». Et c’est bel et bien à partir de ce stade que le film part sur une pente angoissante, les humains découvrant peu à peu que les Créateurs avaient prévu de les détruire (comme dans la légende de Prometheus). Ainsi, la conclusion du film (s’achevant sur les interrogations du dernier survivant quant à la source des créateurs) m’a laissé entrevoir une possible rébellion des hommes en face de leurs créateurs. Bandant, surtout qu’ici c’est sans Sam Worthington qui joue mal. Ce qui fait des hommes une race créée par la volonté d’un seul être dont on ignore les motivations, si son geste était commandé ou volontaire. Et le personnage de Naomi n’est que le personnage le plus présent à l’écran (entre parenthèse, je trouve un poil dommage qu’elle exige à peine une minute après avoir appris qu’elle était enceinte d’avoir recours à l’avortement, ça fait un peu expéditif pour un personnage catho). Les autres tirent aussi largement leur épingle du jeu. Charlize Théron parvient parfaitement à donner de la carrure à son rôle de dominatrice en puissance (injustice : la seule scène de sexe du film qu’on nous promettait avec elle ne sera pas filmée…), qui désapprouve la mission pour des motifs qui ne seront révélés que pendant le dernier acte et qui feront surgir une question qu’on n’avait pas envisagé jusqu’à lors : peut-on vaincre la mort ? Riche de toutes ces thématiques, le film s’offre en plus le luxe de s’attarder sur le personnage de David, l’androïde joué par Fassbender, qui se révèle être une personnalité assez trouble. On sent en effet qu’il est une création de l’homme, mais face aux rares hommes qui le traitent comme un objet, il fait preuve de bribes de sentiments. Un peu de mépris, un peu de cynisme… Un personnage tout en finesse donc, qui se base sur des lois complètement en dehors des canons Aasimov et qui viennent encore enrichir les pistes intéressantes (il commencera lui aussi à jouer avec la création de nouvelles formes de vie). Mais c’est surtout la capacité du film à surprendre qu’il sera bon de noter. Créant un univers captivant et fonctionnel, il est impossible de prédire le déroulement des évènement, et si la collision entre deux vaisseaux était annoncée, elle n’arrivera que vers la fin, et encore, le climax ne retombera pas vraiment à partir de là… Clairement, on stresse, la situation prend de l’ampleur, en nous offrant parfois des plus qu’on n’attendait plus (je pense à la séance d’extraction de fœtus, un vrai moment d’angoisse diablement réussi et jamais tenté jusqu’à lors…). En bref, Prometheus, ça troue le cul, et sans pomper Alien ! Et on recommande aux spectateurs de rester jusqu'à la fin du générique...

 

5.5/6

 

2012
de Ridley Scott
avec Michael Fassbender, Charlize Theron

 

http://www.scifinow.co.uk/wp-content/uploads/2012/05/Prometheus-movie-review-Alien.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Vince12 29/03/2013 19:53

Découvert aujourd'hui, déception pour ma part, pas nul mais loin d'être la claque attendue. Incohérences personnages peu attachants en dehors des deux principaux, morts expédiés et sans intensité.
au final quelle est la conclusion: aller voir la suite si vous voulez en savoir plus.

voracinephile 30/03/2013 13:07



Mon 5/6 est exagéré, il faudra que je le baisse, car effectivement, ce cru de Ridley Scott prend un peu l'eau. Mais la facture visuelle, l'ambiance et les motivations des principaux protagonistes
remportent largement mon adhésion. Assurément un film qui a bien divisé, je regrette son semi-échec commercial. Et la fin en queue de poisson est chiante, je l'avoue aussi. On venait pour des
réponses, et en fait non, pas vraiment. Et je ne sais pas si une suite va être mise en chantier...



borat8 18/07/2012 11:28

En tous cas, le manga est à mon avis plus profond que le film (de ce que j'ai entendu ça fait quand même très téléfilm) et c'est vraiment le 1984 du manga. En d'autres termes une référence. Je
prends note pour Gunmm.

borat8 17/07/2012 16:14

Tu sais je lisais beaucoup de mangas à une époque (6ème-5ème) et puis j'ai fais une overdose. Trop de mangas, trop d'histoires qui ne finissent jamais... Preuve en est avec Naruto. Il était correct
au départ et puis petit à petit, ça tire en longueur, les péripéties sont répétitives et ça devient chiant. Si tu ne connais pas, je te conseille vivement 20th Century Boys que j'avais abordé chez
moi dans le coin littéraire.

voracinephile 18/07/2012 09:10



Je connais 20th century boys, j'ai vu la première adaptation ciné, mais jamais lu les mangas. A tester. J'insiste à nouveau pour Gunnm, ce sont 9 mangas, et c'est fini (même si la fin est what
the fuck). Inutile de prendre la seconde saga (gunnm last order) qui part dans le portnawak.



borat8 16/07/2012 16:17

C'est vrai que ça me fait quand même chier que Cameron nous fasse 3 Avatar d'un coup alors que Gunmm est un projet qu'il devait faire juste après le premier. Et je dis en n'ayant pas lu le manga.
Pour Fincher c'est mort et enterré il n'y a rien à redire. A vrai dire, je ne vois réellement personne pour s'occuper d'un possible Prometheus 2 en dehors de Scott lui-même.

voracinephile 17/07/2012 14:43



Epineux problème en effet. Quitte à balancer une connerie, j'aurais dit Michael J Bassett (moyen Wilderness, bon Solomon Kane, silent hill 2 en attente), mais je me met probablement le doigt dans
l'oeil... Si tu supportes les mangas, lis vraiment la première saga de Gunnm, c'est une tuerie en termes de SF ultra-violente.



borat8 14/07/2012 01:30

Un cinquième volet (impossible de ne pas le rattacher à Alien) plutôt pas mal et faisant oublier le Jeunet qui était totalement inutile. Reste que face à la trilogie initiale, il ne vaut pas grand
chose. En même temps, il était très dur pour Scott de surclasser son propre film. Ensuite tout n'est pas dit et on ne sait donc toujours pas qu'est-ce que fous le vaisseau avec l'Ingénieur tué. De
plus, comme Scott commence à se faire vieux et qu'il a une tonne de projets, il risque de laisser tomber pour donner le projet à un autre. Et cette fois-ci il n'y aura ni Cameron (trop occupé sur
sa tetralogie Avatar) ni Fincher (vu son expérience, la Fox peut se prendre déjà un gros fuck!). Pour le reste, le spectacle est réel, on a la vraie origine de l'Alien (climax final iconique), les
acteurs jouent bien (Fassbender est encore une fois monumental en robot fourbe, Theron est froide comme l'enfer, Rapace subit un avortement qui restera dans les annales, Elba est probablement le
plus sympathique de tous) et les SFX sont monumentaux. De plus, quand il sortira, je compte bien me payer le coffret BR intégrale d'Alien. Et oui, pauvres détenteurs de l'original sorti il y a
bientôt deux ans, vous vous êtes fait plumer par cette soi-disante série limitée. :D

voracinephile 16/07/2012 13:59



Le problème de Prometheus reste qu'il est beaucoup plus ambitieux, et qu'il se casse la gueule non pas sur la mythologie qu'il tente d'illustrer, mais sur les détails et les personnages
secondaires qui manquent parfois d'épaisseur (ils ont une direction et n'en sortent pas d'un poil)... Mais j'ai quand même bien apprécié ce nouvel effort, qui reste un block buster de qualité.
D'accord avec ton résumé des qualités de Prometheus (même si je suis plus mitigé sur les seconds rôles). Pour l'avenir en revanche, je suis moi aussi inquiet. Cameron m'énerve avec ses Avatars
(il devait nous adapter Gunnm, je sens qu'on va pouvoir se brosser (mais je doute qu'il nous aurait sorti un truc aussi violent que le manga, à moins de faire un film classé R)), et vu l'enfer
qu'a suivi Alien 3, c'est mort pour Fincher. Un peu de sang neuf pourrait redonner un coup de sang au projet, mais qui en a l'étoffe ?



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche