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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 09:57

http://1.bp.blogspot.com/_ZUcZov-lLsI/TM4Un0VFTKI/AAAAAAAAAAg/HxFpgCpqow4/s1600/Red+State+Movie+Poster.jpg

- 16 ans s'abstenir

 

Kevin Smith est un réalisateur chrétient qui n'a jamais caché ses opinions (en témoigne un Dogma un peu inégal, mais qui est loin d'être méchant avec la religion (et pour cause, elle est montrée comme réelle dans le film)). Il revient à ses sources avec son nouveaufilm, Red state, qui est de loin son film le plus énervé, lui permettant de traiter à la fois d'intégrisme, mais aussi (paradoxalement) de la Laïcité et du recul de la morale dans la société. Le tout en étant loin de prendre un ton dogmatique, le film possédant un certain quotas de suspense et d'action. Mad Movies l'avait souligné à Cannes cette année, Red States fait assurément partie du lot des meilleurs.

L'histoire : une bande de jeunes américains part passer un week end en compagnie d'une femme facile découverte sur un forum. Ils sont alors kidnappés par des extrémistes religieux.

 

Red-State.jpg


Le postulat de Red States est simple. Ca commence un peu comme Hostel (avec un humour décalé à la Kevin Smith), puis le film devient franchement impressionnant à partir de notre entrée dans l'église de Five Points. Et là, le film part sur les chapeaux de roues. Si les fanatiques de Silent Hill paraissaient impressionnants, ils restaient toujours cloîtrés dans leurs discours religieux et leurs références bibliques pour justifier leurs actes. Ici, ces fanatiques ont des personnalités issues des Etats Units. Le pasteur, si il ne cesse de faire des llusions à la bible,dresse avant tout un réquisitoire ultra-puritain à l'encontre des Etats Units et de la politique de tolérance jugées immorale par les fidèles, et l'attaque argumentée la plus agressive envers les homosexuels qu'on ait pu voir à ce jour (d'autant plus fracassante qu'elle use d'arguments que j'ai déjà entendu sur le thème, en particulier la notion de stérilité de qui mènerait l'homme à sa perte). En gros, ce sont les intégristes les plus crédibles qu'on ait vu depuis belle lurette. D'autant plus que leur gestion s'accorde parfaitement avec ce que nous percevons de l'Amérique. On découvre donc que cette chapelle recèle une véritable armurerie, que les fidèles sont bien plus que de simples péquenots qui croient en Dieu, et surtout (et c'est bien là ce qui est le plus terrifiant) leur détermination est telle qu'elle échappe à toute logique réaliste. Etant assurés d'aller au paradis si ils meurent, ils se montrent d'une détermination et d'une férocité qui les placent largement à l'égal des bourreaux de Hostel (le sadisme en moins). Là où Kevin Smith joue délicatement, c'est qu'il attaque tous ses protagonistes par leurs faiblesses. Les intégristes se soucient au final seulement d'aller au ciel, et oublient totalement les gosses qui sont avec eux (trois filles entre 10 et 4 ans). La seule intégriste qui s'en soucie (la seule à se créer un dilemme moral sur le devoir de sauver les enfants) sera victime de sa philosophie catholique, plus modérée que les autres fidèles et donc plus tournée vers le pardon. Quant aux otages, leur libido les ayant placés dans une telle situation, ils en font en partie les frais. Chaque camp verra ses faiblesses être mises au grand jour. Le FBI s'en prendra lui aussi plein la poire, perdant le contrôle de la situation dès son début en descendant un des otages, puis décidant d'éliminer simplement tous les occupants de la chapelle (femmes et enfants inclus). Au spectateur de se faire son opinion lors de l'épilogue du film, où l'on assiste au rapport de l'agent chargé de l'assaut à ses supérieurs. Kevin Smith pointe alors du doigt un fait intéressant : celui de la haine franche et massive de toute la population envers les intégristes. L'ordre final d'exécuter tous les intégristes (ou presque) n'a pas été invalidé tout simplement parce que les dirigeants pensaient que "c'étaient des cons". Et malgré le développement de ce film complètement amoral, Kevin Smith sous-entend l'existence de Dieu, toujours sous couvert de ce qui pourrait s'appeler une coincidence. Film coup de poing, le pitch radical de Red State et la constante hargne de ses protagonistes porte le film avec un rythme qui ne faiblit pas (pour peu qu'on s'intéresse aux dialogues du pasteur et de sa communauté), au propos social brûlant qui devrait remettre un peu tout le monde en face de ses responsabilités. Pas de tortures, mais un film brutal et une belle claque psychologique, voilà qui n'est vraiment pas si mal pour un tel projet !


5/6

 

2011
de Kevin Smith
avec John Goodman, Michael Angarano

 

redstate_3.jpg

 

westboro_baptist_church_red_state_film-3.jpg

Cette photo n'est pas un extrait du film, mais elle renforce le côté "plausible" d'un tel projet.

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commentaires

Alice In Oliver 31/10/2011 16:09


en ligne sur mon blog !


voracinephile 31/10/2011 19:36



M'en vais aller voir ça !



2flicsamiami 24/10/2011 18:38


Ah oui, c'est vrai, j'avais oublié cette précision pour Silent Hill. Mais justement, le fait qu'ils soit intégristes dés le départ sans se soucier du reste de la société les ont conduit à
s'enfermer physiquement dans leur monde.


voracinephile 26/10/2011 13:10



Une vision intéressante de l'intégrisme : des individus qui se posent des règles (ici par persuasion théologique) qui les amènent à ignorer le sens commun. Mais Kevin Smith préfère plutôt les
montrer comme des conservateurs puritins qui canalysent toute leur haine envers les USA et les homos. Rarement leur portrait aura été aussi jusqu'auboutiste (l'incroyable dialogue où le prêcheur
montre le Tsunami comme un châtiment divin).



2flicsamiami 23/10/2011 11:08


Voila un film qui à l'air fort intèréssant. J'y jetterais un oeil (ou deux) prochainement.

Pour ce qui est de ta comparaison (et analyse) avec les intégristes de Silent Hill, leur replie sur le foi s'explique tout simplement par le fait qu'ils croient que ce sont les seuls survivants (et
donc qu'ils ne sont pas inclus dans une société avec d'autres moeurs que la leur).
Alors que dans Red State, si je te lis bien, ces fanatiques sont en liaison avec la société qui les entoure.


voracinephile 23/10/2011 12:30



J'espère qu'il te plairat, c'est vraiment une excellente surprise pour cette année 2011. Merci pour tes précisions sur les intégristes de Silent Hill, leur isolement expliquerait donc leur
enfermement dans un discours religieux. Mais (je précise que je me base uniquement sur le film, n'ayant joué qu'à Silent Hill 2 et n'y ayant pas vu d'intégristes) dans Silent Hill, n'oublions pas
qu'ils étaient déjà intégristes avant que les ténèbres ne se répendent. Et leur comportement semblait sensiblement proche de celui qu'ils ont quand Rose les découvre. Ici, ils parlent au présent,
et ils vomissent sur l'amérique, le recul de la Foi et les homosexuels. Et ils le font avec une haine tellement palpable qu'elle semble vraiment non feinte. Ce film est vraiment un brûlot énervé,
et le film joue aussi sur la nuence entre intégristes et terroristes. Vraiment intéressant.



titi70 23/10/2011 10:39


Salut, James, c'est la première fois que je viens sur ton blog. Pour Red State, c'est effectivement un excellent film qui joue sur plusieurs registres et change souvent de personnage central. Un
véritable brulot qui ne plaira pas à tout le monde. Pour moi, l'une des meilleurs scènes, c'est le coup des trompettes vers la fin, j'ai vraiment cru que d'un seul coup, Kevin Smith allait finir
son film sur une note biblique et ca m'a vraiment décontenancé.


voracinephile 23/10/2011 12:19



Ravi de te lire sur mon blog, titi ! Red State, quel film ! Moi aussi, le coup des trompettes m'a bien surpris, j'attendais enfin la colère divine face à toute cette violence. Vraiment étonnant,
mais comme je le souligne, Kevin ne clôt pas totalement cette "intervention" par une explication réaliste (la hasard n'y est pas pour grand chose, qu'il a l'air de dire). J'irai lire sur ton blog
ta critique de ce film (si elle est déjà prête). En attendant, je sens qu'on tient là un des meilleurs titres de l'année.



Alice In Oliver 22/10/2011 13:41


voilà une chronique qui donne terriblement envie ! Tu l'auras voulu: je vais donc télécharger ce film et le regarder le plus vite possible. Ne recommence jamais !


voracinephile 22/10/2011 15:52



^^ Ravi d'avoir attiser tes envies de le voir ! Kevin Smith, je ne suis pas particulièrement fan, mais il m'a vraiment surpris avec ce récit aussi hargneux. Vraiment un film qui appelle à
réflexion tellement la violence de ses protagonistes marque. Avec des caractères aussi bien faits, le film a tout pour faire un petit buzz. Espérons que son côté "religieux" ne l'handicape pas
comme pour Le livre d'Eli.



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