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12 septembre 2013 4 12 /09 /septembre /2013 13:29

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Les habitués de ce blog connaissent maintenant bien le réalisateur underground Marian Dora, reconnaissable par une patte graphique très travaillée qui fait de chaque nouveau projet une réussite esthétique (autant dire que Cannibal et Melancholie der Angel étaient magnifiques). Si Melancholie provoquait surtout le doute en moi, Cannibal emportait le morceau avec un romantisme gay enfiévré, inespéré dans un contexte pareil. Son nouveau projet, Reise nach Agatis, arrive sans prévenir et sans synopsis. C’est donc sans repères que l’on s’engage dans ce nouveau projet.

L’histoire : Le film s’ouvre sur une femme brutalement assassinée sur une plage. Plus tard, un couple apparemment ouvert d’esprit propose à une jeune touriste de venir avec eux pour une virée en bateau sur des îles méditerranéennes. Ils s’éloignent peu à peu de la civilisation.

 

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La patte graphique de Marian aura beau toujours sauver un peu ses projets, la légèreté de ses scénarios n’aide parfois pas à convaincre le spectateur, et ici, c’est le cas. Amélioration toutefois, le film fait seulement ici 1H20, soit une heure de moins que Mélancholie. Et même sur une durée plus réduite, on sent parfois le temps passer, pas vraiment fasciné par la bluette échangiste qui se déroule sous nos yeux. Marian a beau insister sur la présence d’éléments romantiques raffinés (vin, bougie, gros plans des regards…), il n’évite pas une certaine lourdeur, car passé ce petit romantisme, il ne se passe pas grand-chose pendant presque quarante minutes. En fait, et c’est ça qui est un peu gênant, une moitié du film ressemble à une vidéo souvenir de vacances faite par Marian Dora. Avec style, musique d’ambiance et volonté de jouer au niveau sensoriel (bruit de fond constant, gros plans insistant sur les détails, musique discrète…), mais une compil de souvenirs jolis d’une traversée en bateau décontract en bonne compagnie. Une partie qui déçoit un peu au vu de l’introduction, qui dans un décor naturel vierge, fait avancer une femme nue traquée, avant une mise à mort très sensorielle sur la plage, où l’on ressent jusqu’au piquant du sel de l’eau sur les meurtrissures du couteau de l’assassin. Un début immersif et joli, qui s’ouvre d’ailleurs sur un magnifique générique digne d’un giallo, où Marian trouve une esthétique admirable dans une eau croupie où barbotte une vieille poupée… Heureusement, la seconde partie du film révèle enfin ce que l’on soupçonnait, à savoir que le couple n’est pas clair et qu’il s’agit en fait de psychopathes notoires. Un brusque retournement de situation qui marque donc le début d’un calvaire sensoriel pour notre touriste. Si la mise en scène ultra travaillée dans l’esthétique de Marian Dora donne toujours du cachet au film, difficile d’oublier que l’on a déjà vu ça, en plus choquant ou en moins gratuit. Certes, ce basculement nous fait réenvisager tous les regards romantiques des personnages échangés en première partie, mais cette réévaluation ne prend guère de temps. En revanche, on traine un peu jusqu’au dernier acte du film : un survival en forêt où notre couple se met en quête d’en finir avec leur victime, au couteau. On retrouve l’obsession de Marian Dora pour la nature, le temps d’une course plutôt rythmée jusqu’à un dénouement qui nous offre un peu de gore, et qui trouve une esthétique inattendue en filmant la mer sous un certain angle du soleil couchant, la transformant en océan de sang. Une très belle trouvaille esthétique. Le problème du film réside donc dans le fait qu’il peine vraiment à trouver quelque chose à dire, et que contrairement à ses précédents projets, Marian Dora a plus de mal à « remplir » les blancs de son histoire avec les allusions et les réflexions mythologiques ou expérimentales qui faisaient la richesse de son œuvre. En résulte un film assez vain, un survival psychopathique pas très prenant, qui si il parvient sans peine à séduire les yeux, échoue rapidement à conserver l’attention du cerveau. Les esthètes fétichistes apprécieront, mais les autres…

 

2/6


2010
de Marian Dora

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commentaires

Zogarok 16/09/2013 21:53

Oh non pitié, j'ai eu ma dose. La vie est trop courte pour les *. Mais je veux bien voir celles qui en vaille la peine! Furies underground, donc.

voracinephile 17/09/2013 03:44



Tu prends ça trop au sérieux... Et tu seras de toute façon déçu en ne testant pas tout ce qui te ferait envie... Avec un peu de flair, on s'en sort de toute façon (repérer les navets à l'affiche,
c'est facile !). Et concernant les perles underground, tu disposes ici d'un bon petit stock intéressant. Déjà, rattrape les Karim Hussain.



Zogarok 16/09/2013 20:08

Ok, je prend le risque de voir un nouveau * et je le met dans ma liste. Je ne peux pas faire autrement. "Raspberry reich", "where the dead go"... maintenant je dois TOUT voir, même les plus
inutiles.

voracinephile 16/09/2013 21:51



Demande moi pour seulement une *, j'ai des tas de suggestions... Tu pourrais d'ailleurs commencer pas Les immortels de Tarsem, dans le genre ridicule, on atteint des sommets. Mais si tu veux de
l'underground... Vois plutôt Cannibal du même réal en tapant dans une catégorie de note supérieure. Ca ne sert à rien de commencer par ce film inutile si son premier éssai était bien meilleur...



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