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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 16:41

Relentless-1989.jpg

 

William Lustig, ce vieux briscard du cinéma, ne s’est jamais embarrassé de twists chiadés ou de divagations métaphysiques littéraires. Son cinéma s’est toujours orienté vers des sujets crus, souvent bis, avec un souci de sérieux qui fait plaisir, d’autant plus que la simplicité des enjeux ne nuit pas à de petites réflexions bien balancées. Maniac est son œuvre phare, et Maniac Cop probablement son triptyque le plus réjouissant (gore, inventif et sincère avec son boogeyman de service). Cependant, il y a entre les deux un film oublié, totalement méconnu, et dont le pitch est pourtant loin de laisser indifférent : Relentless.

L’histoire : recalé à l’examen d’entrée dans la police à cause de ses tests psychologiques, le fils d’un policier modèle décide de se tourner vers le meurtre en série, afin de se venger de l’uniforme qu’il n’aura jamais pu porter…

 

relentless.jpeg

 

Simple, concis, et parfaitement fonctionnel. Indubitablement, Relentless s’inscrit parfaitement dans la filmographie de William Lustig, qui sous un angle banal entame une virée psychopatique meurtrière. Moins gore que son prédécesseur Maniac, ce Relentless n’en est pourtant pas moins efficace sur le plan du suspense, puisqu’il colle au plus près de son taré de service, homme faible ayant toujours vécu dans l’ombre de son père policier, et contraint d’abandonner ses désirs d’imitations par une simple lettre signée. Face à l’échec de sa nomination, c’est la réponse incendiaire, la rage d’avoir été jugé à l’emporte pièce. Et l’erreur commise entraîne donc une réponse diamétralement opposée, le meurtre en série. C’est évidemment dans la moitié du film se concentrant sur le psychopathe que le film parvient à convaincre, le personnage restant sobre, méticuleux, efficace à chaque instant. Autant dans l’interprétation (le physique du personnage n’inspire pas confiance, mais une manière complètement différente d’un Joe Spinell, une version maigre est maladive, proche d’Elija Woods avec des yeux… inoubliables) que dans les actions (le personnage est sans pitié, et si le film s’épargne tout débordement gore, personne n’est épargné dans les rangs des victimes). Tout en restant inscrit dans les rails d’un thriller, le film brosse un petit portrait de personnalité frustrée, qui s’était toujours projeté dans les rails d’une brillante carrière de policier stoppée avant même ses débuts. Le portrait n’est pas aussi touchant que celui d’un maniac cop, mais encore une fois, on sent le soin qu’apporte Lustig à façonner un personnage meurtrier, ici beaucoup plus fragile que ses créations les plus populaires. Toutefois, polar oblige, l’autre moitié du film se focalise sur l’enquête de Dietz, agent de police au physique plutôt proche du meurtrier, enquêtant sur ces méfaits inexpliqués à la brutalité notable. Pas de complaisance pour la violence malgré l’abondance des meurtres, et un sens du suspense toujours efficace, qui fait du film un sympathique thriller, un peu plus agressif moralement que la banale histoire de psychopathe fou furieux. Pas vraiment de virtuosité ni de « fun » dans ce film (Maniac cop sera autrement plus divertissant), mais un effort sincère, méconnu et gentiment estimable.

 

4/6


1989
de William Lustig
avec Judd Nelson, Robert Loggia

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