Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 19:06

Reptilicus_Rep.jpg

 

Petite étude désabusée de ce qui marche au box office : les blockbusters. Des films à effets spéciaux qui diffusent subtilement des messages populaires sur l’éveil sentimental. Une évolution des goûts qui suit les progrès de la technologie et de l’éthique, et qui fait du coup resurgir de vieux films du passé, qui contenaient déjà tous ces ingrédients. On veut des larmes, du sang, de la science, de l’émotion, des scènes de destruction massive, et surtout, un putain de dinosaure mutant. Reptilicus, c’est l’attraction du moment, et vous ne pourrez plus vous en passer…

L’histoire : Au cours d’un forage recherchant des gisements de cuivre, des ingénieurs découvrent un spécimen de dinosaure parfaitement conservé dans le sol gelé u Danemark. L’ONU dépêche sa meilleure équipe scientifique pour étudier le spécimen…

 

reptilicus.jpg

Reptilicus, comme l'algue, désapprouve les baigneurs !

 

snapshot20130105102147.jpg

Le cabotinage, un art pas à la portée de tout le monde...

 

La citation du film : "Reptilicus est une tentative de la nature de relier les dinosaures reptiliens aux mammifères..." Imaginez la partouze !

 

Enorme nanar, apothéose de mes goûts torturés, Reptilicus s’annonce direct comme un pur plaisir coupable qui remporte immédiatement l’adhésion de son public par ses fautes de goût monumentales. Rien que le début est à tomber : un ingénieur, retirant le forais, voit sa main recouverte d’un épais liquide rouge. Et là, il hurle : « It’s blood ! » Apparition du titre en rouge dégoulinant : Reptilicus. Miam ! Et ça ne s’arrête pas dans le cortège de nanardise ! Passé de longs tunnels de dialogues qui font traîner les évènements, l’ONU file à Copenhague du pognon et le meilleur scientifique du monde pour étudier la bête. Son premier jugement est sans ambiguité : tenant un bout d’os fossilisé sous une loupe, il l’observe pendant quelques secondes de musique dramatique, avant de déclarer d’un sérieux papal : « I’ve never seen this kind of bones before ! » (« je n’ai jamais vu ce type d’os auparavant »). Merci mon gars ! Et c’est parti pour le grand n’importe quoi ! A la suite d’une fausse manipulation, l’échantillon de dinosaure prélevé pourrit, alors qu’en fait, il est en train de se régénérer. Qu’à cela ne tienne, l’ONU débloque de nouveaux fonds pour cette fois ci reconstituer la bête dans un caisson régénérant. Une explication scientifique vaseuse pour justifier cette aberration, quelques coupures de presses pour donner une dimension internationale à cet évènement capital (le titre paru dans Le Parisien libéré est « Reptilicus est régénérateur ! », ce qui ne veut rien dire et montre que même les français ne savent pas parler leur langue), et voilà que les effets spéciaux commencent à prendre de l’ampleur. Le comique aussi vient à la charge par l’intermédiaire d’un assistant de laboratoire particulièrement empoté, qui cabotine comme un sagouin devant des anguilles électriques, avant de déclencher des alarmes parce qu’il a peur (d’ailleurs, nouveau détail nanar : les alarmes retentissent, les militaires lèvent les yeux, se regardent, disent « Something is happening ! » et vont voir ce qu’il se passe : comment essayer de faire croire à une tension…). Puis le monstre grandit et s’échappe, ne laissant pour restes d’un scientifique surveillant que ses lunettes cassées. L’armée américaine se mobilise tout entière pour détruire le monstre, devenue la nouvelle menace imminente. En effet, rien que la nuit de son évasion, le monstre a attaqué plusieurs fermes et mangé sans remords plusieurs vaches ! Conscient de la menace, le scientifique et le chef de forage (un blond qui ne sert strictement à rien dans l’histoire, mais comme il est jeune et blond, on le tolère) prêtent main forte à l’état major pour neutraliser l’animal. Mais voilà, ce dernier est gigantesque ! Sa première apparition, véritable moment de terreur, est un régal pour tout nanardeur qui se respecte ! Alignant des stock shots de la seconde guerre mondiale à la chaîne et des plans filmés dans des maquettes ultra approximatives (un buisson en mousse duquel jaillit notre dinosaure, une sorte de dragon chinois qui pousse des beuglements tonitruants), la confusion qui s’empare des soldats s’empare de nous aussi. D’autant plus que toute leur artillerie semble impuissante pour arrêter le monstre. Ce dernier disparaît dans la mer. Qu’à cela ne tienne, on va augmenter la puissance de feu ! Des stock shots de marine en plein grenadage entrecoupé par la figurine de Reptilicus dans un aquarium harcelé par des pétards, on n’y voit que du feu. Cependant le scientifique commence à paniquer, et courre très vite pour aller informer l’état major d’un fait important. Mais il tarde un peu à cause d’un point de côté. En effet, il ne faut pas exploser le monstre, car chaque partie de son corps a la capacité de se régénérer. Mais maintenant qu’il est réveillé, Reptilicus prend la direction de la ville. Et là, le film commence à brûler son budget. Alignant scènes de paniques colossales où la moitié des figurants trottent comme au marathon ou se bidonnent comme pas permis, les scènes de destruction où Recptilicus, le dragon chinois, détruit des maquettes grossièrement peintes à la gouache, et les réactions de l’état major complètement impuissant, mais haussant beaucoup les sourcils devant cette menace ingérable, le film prend des allures de fin du monde inexorable. Jusqu’à ce que le gros scientifique de l’ONU parvienne à imposer ses vues au général de service (j’aime quand d’un coup, le quota est rempli et que les cons acceptent le bon plan. Reptilicus a au passage tué la moitié de la population avec le slime vert qu’il crache pendant des séquences spéciales bluffantes. On décide de créer une drogue pour endormir l’animal. Et là, les assistantes de laboratoire y vont franco, et font de la chimie comme une sauce aux marrons : elles prennent tous les produits qu’il y a sur la table et les mélangent. La mixture est placée dans un projectile de bazooka, et allons y ! Ca c’est un plan infaillible ! Et dans le final, tout est là : le suicide inutile, le doute quand le plan commence, et le happy end contrebalancé par le rebondissement nanar de rigueur (la patte vengeresse). Malgré ses écrasantes longueurs (20 minutes complètes de remplissage montrant les principales attractions touristiques de Copenhague), Reptilicus est un joyau qui se consomme sans modération, la générosité des effets spéciaux amateurs remplissant parfaitement leur taf.

 

0/6 mais un 17/20 nanar bien mérité.

 

1962
de Sidney Pink
avec Asbjorn Andersen, Carl Ottosen

 

reptilicus-animation-insert.jpg

Effet spécial !

 

snapshot20130108182216.jpg

Effet spécial !

 

snapshot20130108182549.jpg

Effet spécial !

 

snapshot20130108182704.jpg

"Nous pouvons vous être d'une grande aide..." "Ya Wolk, mein Liebe !"

 

snapshot20130108182508.jpg

Tous les figurants qui sont dans la foule rigolent... Enfin bon, vu la trombine de Reptilicus...

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
commenter cet article

commentaires

Vince12 16/01/2013 10:07

Travaille bien ;)

Vince12 15/01/2013 22:47

j'attend le résultat.

voracinephile 15/01/2013 22:58



Ecriture des dialogues : j'en suis à la 5ème scène (sur 32). Ca progresse, et le script sera mis en ligne quand l'écriture sera finie.



Vince12 15/01/2013 13:12

Ma foi je veux bien voir le résultat, l'influence Twilight va peut être se voir. Pourquoi pas une romance entre une belle jeune fille et du cannabis mutant ?

voracinephile 15/01/2013 21:37



Oh, ça va être du très mauvais. Quoique je ne veux pas faire un navet, mais un nanar ^^. Exit la romance à la Twilight, bienvenu les jeunes ! Le héros va être un glandu, et attends de voir sa
bande de potes. Le gothique, le rockeur, la kikoo... Faut que je fasse le détail... Et pour le final, un message sur la tolérance et l'acceptation de l'autre. Mais Shhh ! C'est pas encore écrit !



Vince12 14/01/2013 21:51

Une suite il faut avoir de bonnes idées en vue au risque de se répéter. Peut être devrais tu trouver une autre histoire et un autre genre de film tout en restant dans le nanar volontaire lol.

voracinephile 15/01/2013 12:59



J'avoue que j'ai moi aussi des craintes pour ça, mais je n'ai qu'un seul déguisement du monstre... Enfin, il y aura une différence notable avec l'algue d'attack of the killer weed, puisqu'il
s'agira ici d'un plan de cannabis mutant. J'ai terminé le script hier soir, faut maintenant écrire les dialogues, développer les détails, organiser les scènes. Gros boulot encore d'écriture, mais
la trame du film tient en deux pages. Je te rassure, si il y a un scientifique nanar au début (faut bien partir de quelque chose), on part vite dans un tout autre contexte : le teen movie
générationnel ! Vous allez bouffer de l'étudiant cliché par paquet de 10 ! Et Duncan est à nouveau de la partie !



Vince12 14/01/2013 20:39

Ah oui c'est du lourd. Il ne t'a pas influencé pour l'attaque de l'algue tueuse.

voracinephile 14/01/2013 21:15



Je l'ai découvert bien après, pendant ces vacances de noël, sinon, j'y aurai fait référence. Mais si j'arrive à lancer le tournage de la suite (script en cours d'écriture), ça pourrait balancer
du lourd... Enfin, je ne peux plus faire le coup du monstre énorme, mais faut voir...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche