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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 18:35

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/drame_psychologique/requiem_for_a_dream,1.jpg

 

Requiem for a dream est un cas assez intéressant dans la filmographie d'Aronofsky. Après un Pi méconnu (un thriller matheux), il se lance dans le punk avec ce projet, cadrant son histoire dans un contexte propice au drame humain et filmant la déchéance avec une gradation très organisée dans les détails. Mais à une mise en scène documentaire à la Larry Clark, Darren préfère utiliser un style visuel ampoulé, très bizarre, qui accentue le malaise.

L'histoire : Harry Goldfarb est un junkie soft, qui passe son temps à traîner avec son pote Tyrone et sa petite amie Marianne. Il décide avec son ami de se lancer dans un mini traffic de cocaïne pour arrondir ses fins de mois.

 

http://la-philosophie.com/wp-content/uploads/2012/03/requiem_for_a_dream_analyse.jpg

 

Requiem for a dream est une oeuvre de destruction amorale particulièrement efficace, depuis son intro familiale tendue jusqu’à sa conclusion glaçante. Clairement, les espoirs de la première partie (le régime de la mère pour passer à la télé, la situation en or qu’imaginent nos junkies avec leur petit trafic, les ambitions artistiques de Marianne…) sont rapidement balayés pour ne laisser rien d’autre qu’une aliénation qui va envahir peu à peu le récit, sous différentes formes (la plus pernicieuse étant sans aucun doute le parcours de la mère, qui sans jamais se rendre compte qu’elle est accro, se jette dans la consommation de médicaments et se laisse littéralement mourir de faim). Si le cadre punk est bien là (le style se fera de plus en plus sentir au fur et à mesure de la déchéance, mention spéciale à la « party » où Marianne participera), Darren Aronofsky soigne toutefois nettement sa mise en scène et ses techniques. Par de petits effets simples et efficaces (les rapides montages pour la prise de drogue, toute la futilité du phénomène en quelques secondes), il dynamise considérablement son récit et parvient de façon très intelligente à recycler des effets clippesques pour leur donner des connotations hallucinatoires (ils apparaissent souvent après les prises de drogue). Tous ces effets parviennent non seulement à être cohérents, mais aussi à installer un malaise durable qui va gagner au fur et à mesure de la progression du film (les plans en grand angle, les décalages de vitesse entre les différents personnages). Le fondu au blanc, une constante en fin de séquence, devient plus glaçant à chaque fois qu’il revient, avant d’être supplanté par l’attendu fondu au noir. Et plusieurs fois, le film s'aventure sur les terrains de l'horreur, avec un frigo carnivore terrifiant, des hallucinations glauques (le parcours de la mère est insupportable avec tous ces enchaînements d'éléments). Le soin du script tient aussi beaucoup dans ses personnages. Les débuts font des portraits plutôt mélioratifs, nous permettant d’abord de nous familiariser avec (Marianne, Tyrone et Harry sont des jeunes adultes parfaitement convaincants), avant les entraîner, et nous avec, dans la tourmente. Surtout qu’ils sont au courant de ce qu’ils risquent, mais qu’ils passent outre (ou font des concessions personnelles). Le discours anti-médicament que tient Harry devant sa mère s’applique tout aussi bien à l’usage des drogues, mais il ne fait pas le parallèle (ou plutôt il évite consciemment de le faire pour ne pas avoir à se prendre la tête). Les junkies ont toujours une bonne raison pour justifier une addiction. Même quand elle devient hors de contrôle et qu’il faut y renoncer pour tenter de se reconstruire, la volonté reste tournée vers la dépendance. C’est un des terribles aspects abordés, traité d’une façon crue et sans artifices (la forme s’épure dans la plongée amorale, se délestant des effets pour laisser le sentiment brut occuper l’image). Sans concession et jusqu’auboutiste, Requiem… est l’œuvre la plus pessimiste de son auteur, offrant à Jared Leto sa plus grande performance et nous balançant un vrai bad trip à l’ancienne, sans hésiter à donner dans le trash quand il le faut. Que la forme soit plus soignée et les caractères plus maniérés que chez Larry Clark, les résultats sont comparables. L’un des meilleurs films sur l’addiction jamais réalisé, avec peut être Elmer le remue méninge.

 

6/6

 

 2000
de Darren Aronofsky
avec Jared Leto, Ellen Burstyn

 

http://4.bp.blogspot.com/_8-fhgE0efNc/TJTSmq4rC7I/AAAAAAAABUM/YMnPi5gNeb4/s1600/Requiem+for+a+Dream+(2000)+2.jpg

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commentaires

Vince12 21/10/2012 14:58

D'ailleurs comme je viens de te répondre sur naveton, je te conseille de t'adresser à Ze Ring qui avait un site pour dézonner les lecteurs, sinon oui si tu peux récupérer un vieux lecteur ça peut
être bénéfique mais le mieux est de pouvoir tester avant si la Z1 passe bien.

voracinephile 21/10/2012 15:12



Yep ! Merci, je vais lire ça.



Vince12 21/10/2012 14:45

Pas grave c'était surtout pour toi, puisque tu avais besoin d'être quelque peu éclairé pour cette édition ;)

voracinephile 21/10/2012 14:54



Merci pour les conseils ^^



Vince12 21/10/2012 14:32

Sinon James rien à voir mais j'avais répondu à ta question sur la chro des bonus DVD POAK, je ne sais pas si tu as vu ?

voracinephile 21/10/2012 14:41



Ah oui, pardon. Je n'avais pas posté après ça... Je vais le faire.



borat8 21/10/2012 13:19

Aronofsky a quand même une véritable identité visuel preuve en est avec The Fountain. Quant à Tarsem, vu aucun de ses films et pour tout te dire pas intéressé. Les bande-annonces de The Cell
(soi-disant une référence mais visuellement dans la BA c'est franchement moche), Les immortels (du sous-300) et Blanche Neige (guimauve) ne m'ont pas convaincu.

voracinephile 21/10/2012 14:21



Je t'encourage quand même à voir The Cell (cliché dans son intrigue de thriller lambda, mais fascinant dans ses symboliques), et dans une certaine mesure The Fall qui lui est magnifique, mais
naïf. Pour les deux autres, j'en pense vraiment du mal (Immortels est parmis les navets, je ne sais plus trop où j'ai rangé blanche neige, mais c'est pas bon...).



borat8 20/10/2012 22:11

Moi deux ou trois fois d'où l'avis assez tendu dessus. Pour Noah c'est quand même de la grosse production biblique avec gros casting, gros moyens et surtout un bon paquet de CGI à faire. Parce que
les animaux ne seront probablement pas en vrai.

voracinephile 21/10/2012 12:30



Je vais chercher cet artwork sur le net... Curieux de voir le résultat, Aronofski n'ayant pas l'habitude de donner dans le numérique (j'espère qu'on n'aura pas de mauvaise surprise comme pour Les
Immortels...)



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