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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 18:08

Resident-Evil-Retribution_Cinema_4892.jpg

 

Avec Resident Evil Retribution, Paul W. S. Anderson a l’intention de redonner ses lettres de noblesses au genre du film zombie, malmené depuis quelques temps par les sauvageons 28 jours plus tard et 28 semaines plus tard (des zombies qui courent, pffu, ignares !), et concurrencé par le démentiel La Horde (« Paulaaaa ! »). Il faut dire que depuis Resident Evil Afterlife, on a beaucoup critiqué la générosité du bonhomme, osant parler de « film sans queue ni tête, repompant les blockbusters grand public sans une once d’ambition créatrice ». Ces mauvaises langues peuvent désormais se taire à tout jamais, car on ne s’imaginait pas que c’était possible, mais si : Resident Evil Retribution se révèle encore pire que son prédécesseur, se rapprochant désormais de la meilleure adaptation de jeu vidéo jamais faite : House of the dead. Courage Paulo, tu égaleras Uwe Boll au prochain !

L’histoire : je suis une femme avec des couilles qui se souviennent de tout.

 

resident-evil-retribution-image.jpg

" I'm back and I'm sexy ! "

 

Vraiment, ça commence directement dans le naveteux sans nous laisser le temps de respirer, puisque le générique du début n’est rien de moins… que le début du film qui passe au ralenti à l’envers. Non mais sérieusement ! Ils repassent exactement les mêmes plans dans le même enchaînement, mais au ralenti, et à l’envers. C’est un concept sensé être beau, et qui est surtout très pratique parce qu’on gagne 5 minutes sur 1h25 de film en repassant deux fois une scène qui dure normalement 40 secondes. John Woo, tu as un apôtre ! Scène d’action sans queue ni tête, puis pouf ! Paul change complètement de trame, reprenant un clone d’Alice qui effectue à son insu une simulation dans des décors de banlieue. Et là, Paul repompe les 10 premières minutes de Dawn of the dead, qu’il étire en 15 min pour montrer Alice qui fait un trou dans un plafond avec une serpillière pour monter au grenier (merci les maçons !) avant de taper des zombies avec une batte et de se faire tuer pour défendre sa fille. On reprend enfin la trame principale avec la vraie Alice dans sa fameuse tenue médicale dont on n’a jamais compris d’où venait ce design ridicule. La redondance des situations semble être le dada des scénaristes de Resident Evil, ils croient que c’est en repompant toujours les mêmes éléments d’un épisode à l’autre qu’on instaure une cohérence ? Enfin bon, le jeu commence, Alice est emmenée dans la première salle, qui n’est rien de moins que l’ouverture d’Afterlife refaite avec Alice qui regarde. Puis un couloir blanc s’ouvre, elle courre dedans poursuivie par des zombies. Et là, la scène d’action du film ! Tirant à bout portant dans des zombies tout en leur fouettant la gueule avec une chaîne antivol, c’est la scène j’me la pète du film, où Paulo cadre sa femme sous toutes les coutures en train de distribuer des coups dans une chorégraphie approximative retouchée au numérique. Puis le film introduit ses nouveaux personnages du jeu Ada Wong, la tueuse chinoise du jeu, mais surtout Léon. Et quand on voit le personnage… et bien on éclate de rire tant le décalage entre sa coiffure et sa gueule mal rasée contraste immédiatement (c’est la coiffure du jeu, mais elle ne va absolument pas à l’acteur, qui passe tout le film à se prendre des mèches de cheveux dans les yeux). Bref, Paulo ne veut pas qu’on s’emmerde, alors il nous sort des arènes de jeu à la chaine digne d’un arcade basique avec une musique calibrée en conséquence (l’accompagnement musical du massacre dans le couloir est un supplice), où nos héros vont affronter tous les caprices de Paulo qui ne prend même plus la peine depuis le film précédant de justifier la présence de monstres de plusieurs mètres de haut. Les enjeux grimpent : ce ne sont plus un, mais 2 géants qu’il faut battre. Pas de problème, Alice torche ça en 2 minutes, en courant avec les géants aux trousses qui lui balancent des coups de hache (avec un splendide faux raccord : les haches balayent les décors sans couper le géant sensé être à côté, là où passe le manche des haches…). Puis elle tire dans une bagnole qui n’explose QUE du côté des géants qui sont alors projetés et écrasés alors qu’Alice, à deux mètres de l’explosion, n’a pas un sourcil brûlé. Puis tout le monde se retrouve (faux raccord de la griffure de la bagnole, cette dernière n’est jamais griffée mais à la fin, son côté est complètement lacéré), et on fonce vers la sortie en prenant au passage la gamine qui a survécue dans une maison infestée de zombies par l’opération du saint esprit. Et comme en partant, on se prend pour Michael Bay et on fait tout péter. Tout dans le genre on fait péter le circuit de ventilation, ce qui fait péter les conduits sous marins qui mènent à la base, ce qui fait péter la base. Ouf, c’est fini. Ben non, de nouveaux clones du pitbull Michelle Rodriguez débarquent, ainsi que Jill, une gentille maintenant méchante contrôlée par Umbrella (Umbrella est en fait juste le maître du monde, faut préciser, parce qu’ils sortent des complexes de plus en plus imposants et qu’ils se sont lancés dans le clonage de masse des principaux protagonistes, probablement pour le commerce des produits dérivés). Et là, on a un combat mémorable entre Milla et Jill, puisqu’on est au niveau du clandestin au rayon bruitage monomaniaque. A la fin, pour montrer que Milla se prend des gnons, le bruiteur passe son temps à taper sur des boites d’œufs. Ce qui donne l’impression que les personnages continuent de se battre avec des os cassés. C’est tellement outrancier qu’on explose de rire à chaque uppercut, un cassage de tibia, de colonne, de nez ou d’omoplate donnant toujours un bruit d’œuf écrasé. Et enfin, le final qui sublime le tout ! Michelle Rodriguez est immortelle ici, c’est The Mask sans le visage vert (vu sa gueule, l’aurait mieux valu). On lui tire dessus, elle recrache les balles par les doigts ! Elle casse les os en un gnon. Elle pète le sternum d’Alice et lui bloque le cœur. Cette dernière a le souffle coupé, puis 20 secondes plus tard, tout est redevenu normal, elle prend son flingue et tire sur le sol de glace, qui se casse et engloutit Michelle au milieu des zombies. Et là, on a des zombies qui nagent. DES ZOMBIES QUI NAGENT ! Comme dans House of the Dead ! Yeeeeeessssss ! On y est ! Non seulement Michelle meurt, mais en plus, c’est mauvais comme dans House of the dead. Phénoménal ! Que dire si ce n’est qu’on est impatient de voir la suite maintenant, en espérant que cette fois là, Paulo s’inspirera du fantastique vespéral d’un Lac des morts vivants…

 

-4L1C3/6


2012
de Paul W.S. Anderson
avec Milla Jovovich, Michelle Rodriguez

 

http://www.cineaddict.fr/wp-content/uploads/2012/08/Resident-Evil-Retribution-.jpg

Achète toi un coiffeur, Léon !

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Published by voracinephile - dans Navet (prétentieux)
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commentaires

alice in oliver 11/02/2013 10:50

ah bon ? Fallait le faire !

voracinephile 11/02/2013 12:58



Oh oui, il fallait le faire ! C'est un régal de mauvais goût maintenant, qui pompe absolument tout et qui ajoute au grotesque du scénario le ridicule de ses personnages et de ses multiples
incohérences. Un vrai bonheur de naveteur !



alice in oliver 09/02/2013 21:13

pas vu mais je n'ose imaginer le désastre...

voracinephile 11/02/2013 10:28



Oh, pour naveton, c'est du premier choix ! Un pur concentré de débilité, avec des conneries admirables ! Encore pire que le 4ème !



borat8 05/01/2013 20:47

Non pas tellement de rapport même si Life of Pi est très visuel et à certains plans colorés magnifiques. Mais sur le ton, ça n'a rien à voir avec un Blanche Neige.

borat8 04/01/2013 22:21

C'est sympa pour Naveton! Ang Lee n'a pas vraiment de rapport avec Tarsem. Dans ce que je sais, ce dernier part dans des directions pour le moins fantasque. Le film de Lee est beaucoup plus
réaliste bien que les trucs spirituels sont complètement à la ramasse.

voracinephile 05/01/2013 20:32



La comparaison est injuste, j'en suis sûr, mais Tarsem a ce côté conte rose bonbon très esthétique qui est devenu une marque de fabrique. Vu que Life of Pi rentre dans une catégorie similaire,
j'ai cru pertinent de l'en rapprocher, mais je ne me risquerais pas à comparer Ang Lee à ce m'as-tu-vu de Tarsem.



borat8 02/01/2013 18:09

Par ailleurs, je te conseille d'aller voir l'interview de David Law par Vince sur Naveton, si ce n'est pas fait. Il a travaillé sur les différents mannequins du film et il nous a exposé différentes
références sur ce qu'il aime dans le Cinéma.

voracinephile 04/01/2013 20:21



J'ai mis un lien dans ma chronique sortie tout à l'heure, et j'ai lu cette interview. Très intéressante et bourrée d'informations en effet. Dommage que David Law ait été un peu laissé en retrait
pour le développement de Maniac, il aurait pu faire beaucoup de clichés et bien aider pour la promo. Les films qui mettent en scène l'art en s'en servant pour faire des comparaisons thématiques
sont rares.



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