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20 septembre 2012 4 20 /09 /septembre /2012 18:47

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Le 9 septembre 2012, je tombais sur un dvd pour le moins prometteur, qui s’intitulait Résurrection.  Fort d’une telle promesse, le casting de ladite œuvre me laissait aussi perplexe que rempli d’espoir, puisqu’on pouvait voir Christophe Lambert côtoyer David Cronenberg. Ce bon vieux David allait-il se mettre dans la peau d’un tueur comme dans Cabal ? C’est sur ce postulat bancal que je m’emparais de l’objet, qui devait se situer entre Seven et le Silence des Agneaux.

L’histoire : un enquêteur enquête sur une affaire sordide d’un tueur qui tue des gens en volant un bout de leur corps.

 

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"Merde, c'est dégueulasse ! Fais un gros plan !"

 

Résurrection a de quoi devenir un cas d’école en matière de plagiat stupide. Mais qu’est-ce qu’on pouvait espérer d’un produit pareil avec un Christophe Lambert qui joue à imiter Les experts Miami en pompant connement Seven ? Je dis bien connement, car au message subversif de Fincher sur la société, le film retient simplement des scènes glauques et un contexte catho d’une putasserie rare. Sincèrement, on est presque mort de rire à chaque nouvelle révélation tant la vulgarité des symboles choisis ridiculise un peu plus l’ensemble du film (on retrouve 5 pièces de 5 cents dans la poche des victimes, et brutalement, Cricri nous sort : « Bon sang, 5 pièces, et nous avons six victimes… 5 x 6 = 30… Les trente deniers de Judas… Il cherche à se racheter… »). Et c’est tout le temps ce genre de connerie à répétition. La psychologie du tueur est juste une aberration, et ne tient jamais debout (un type extrêmement intelligent qui se livre à des actes de barbarie pour reconstituer le corps du Christ… Mais ça ne serait pas Luc Besson sous amphet, le scénariste ?). Ce film pourrait s’appeler Les rivières pourpres 3 sans la moindre gêne, vu qu’il expose les corps avec une complaisance qui laisse pantois. Sincèrement, d’habitude, les corps sont un minimum caché, histoire d’atténuer la violence. Ici, le film nous montre tout en plein cadre, preuve qu’il cherche à combler sa vacuité par quelques effets chocs qui feront sursauter au mieux les ménagères de 50 ans qui ont par mégarde changé de chaîne pendant la pub coupant Au nom de la vérité. Et entre chaque meurtre gore, on a des tunnels de dialogues complètement anesthésié, où le rythme lénifiant incite constamment le spectateur à appuyer sur avance rapide pour passer au mort suivant. Sincèrement, j’aime bien Christophe Lambert, mais si il faisait quelques efforts d’implication dans Face à Face (correct thriller mou), il a ici complètement baissé les bras et se révèle être une personne bateau. Quand il veut faire passer une émotion, il change légèrement le volume sonore et le timbre de sa voix, et il pense que ça va passer. Mais ça ne passe jamais. Et on s’enfile cette enquête stupide, version débile de Seven qui pompe la photographie, les effets dramatiques (on a à nouveau la course poursuite avec l’assassin sous la pluie) et qui ajoute la psychologie de comptoir (le héros a perdu son fils, et depuis il a un problème avec Dieu…) à son menu… Jamais la sauce ne prend, et quand le tueur kidnappe finalement un gosse dans le dernier acte, on se fout intégralement du dénouement tant on a déjà vu cette histoire. Comme promis, tout rentre dans l’ordre et ce sale psychopathe d’enculé de merde crève dans l’indifférence générale. Et nous, on est soulagé de pouvoir abréger ce carnage. Les retrouvailles de Christophe Lambert et de Russel Mulcahy se font sous le signe du ticket restaurant, chacun espérant avec cette affaire gonfler un peu son compte en banque. Dans ce désastre, j’ai oublié de parler de David Cronenberg, qui vient apparaître 7 bonnes minutes sur tout le film dans le rôle d’un prêtre. Une bonne idée, le bonhomme se révélant être le plus convaincant de tout le casting dans son rôle de prêtre sec mais soucieux d’aider son prochain. Ici copieusement inexploitée, mais bon, ce n’est pas vraiment une surprise. Un film qui n’est pas prêt de ressurgir dans nos mémoires…

 

0.5/6

 

1999
de Russell Mulcahy
avec Christopher Lambert, Mike Anscombe

 

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"Merde, mais ce type est un enfoiré de psychopathe !"

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commentaires

borat8 30/09/2012 21:34

C'est vrai qu'il faudrait que je croque quelques politiques aussi. Ce serait assez drôle!

voracinephile 01/10/2012 15:54



En effet, une petite caricature fine de ci de là, ça fait toujours plaisir. Et ça peut devenir un exercice quotidien de dessin assez payant...



borat8 29/09/2012 12:07

C'est évidemment d'après mon style et ne t'attends franchement pas une véritable ressenblance avec Kurt. Je ne suis pas Drew Struzan!lol Néanmoins cheveux mi long et barbe de trois jours!

voracinephile 30/09/2012 18:51



Je me doute bien que tu n'es pas dessinateur pro. Mais avec un style un poil caricature, on arrive à faire d'excellents trucs. Je pense par exemple au style de Pétillon, qui parvient à saisir les
traits des personnages politiques dans ses caricatures...



borat8 28/09/2012 17:43

En fait je conçois un peu la BD comme un moyen cinématographique. Montrer ce qu'on peut ne pas faire comme ici rajeunir Kurt Russell!lol

voracinephile 29/09/2012 10:20



^^ Je suis quand même curieux de te voir dessiner Kurt Russel jeune.



borat8 27/09/2012 16:43

Je construis au fur et à mesure c'est comme les vannes ou les situations cocasses, j'essaye d'improviser un maximum; tout en montrant qu'il y a du contenu.

voracinephile 27/09/2012 23:56



Je le supposais, merci de m'avoir confirmé. Au moins, on est sûr d'être surpris avec cette méthode. Attention toutefois à ne pas vouloir aller trop vite (j'avais voulu faire une BD à une époque,
et quand je la lis aujourd'hui, il y a fréquemment des choses qui vont trop vite, des dialogues pas assez développés... Prudence !



borat8 26/09/2012 17:10

En tous cas merci de tes encouragements. Je m'en sors bien mieux qu'autre fois pour raconter une histoire.

voracinephile 27/09/2012 09:01



Content de lire que tu as déjà fait des progrès our la narration. Tu as déjà le script global pour cette aventure, ou tu construit au fur et à mesure ?



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