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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 13:38

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Après la stratégie ender et hunger games 2, le blockbuster 2014 qui faisait craindre le pire se nommait Robocop. Après un chef d’œuvre comme le film de Paul Verhoeven, voir un remake venir repomper le succès de l’ancienne formule a indigné les cinéphiles pendant de longs mois. Les rumeurs parvenues sur le tournage rendaient la chose encore plus redoutable, le réalisateur José Padilha parlant d’un véritable enfer dans le refus de nombreux concepts et idées par la production. Pas de quoi espérer quand chose, et les trailers très technologiques promettant de grosses scènes d’action n’aidaient pas non plus à convaincre. Il en ressort finalement un divertissement tout à fait honnête et tout aussi fascinant que ses prédécesseurs, malgré quelques ratées.

L’histoire : alors que l’Amérique a déjà établie une ingérence robotique sécuritaire de plusieurs pays, une loi continue d’empêcher le développement du système à l’intérieur du pays. Afin de renverser l’opinion publique en sa faveur, la compagnie de construction des robots décide de fabriquer un prototype enfermant un humain dans une machine, contournant ainsi la loi anciennement promulguée.

 

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RoboCop 2014 est une excellente surprise en soit, puisqu’il a parfaitement intégré le fascinant concept socio-politique qui entoure Robocop, et qu’il décide lui aussi de l’explorer, en se fixant ses propres règles et en développant son univers. Le remake prend la meilleure tournure qui soit, sans que ses cafouillages ponctuels viennent en diminuer l’impact. Le politiquement incorrect est nettement moins jubilatoire que chez Verhoeven, certes, mais il est bel et bien là, ciblant avec justesse les enjeux qui entourent Robocop, et leur évolution, en prenant des pistes parfois inattendues. Si la question d’Alex Murphy est vite réglée (le réal en profite pour amocher salement Lewis), le film cerne avec une bonne justesse sa condition de cerveau artificiellement maintenu en vie, et commence par faire ressentir le traumatisme en montrant Murphy avec ses seuls systèmes vitaux. Robocop passe la première partie du film sous anti-dépresseurs parce qu’il veut mourir et que les médecins le maintiennent en vie (par enjeu politique, des contrats unissant le chercheur du projet à l’Omnicorp finançant ses travaux). RoboCop sait cultiver les enjeux, autant qu’il sait développer ses personnages et aller dans un sens intéressant. Le chef de l’Omnicorp devient un business man sans morale, mais apte à cerner les attentes du public et à vouloir les combler. Conscient des enjeux du projet, il réalise de bons choix par calcul, et sa logique est limpide. Le docteur chapeautant la conception de Robocop, spécialiste en prothèses robotiques, y voit une énorme opportunité, à la fois juteuse et humainement noble. Mais l’humanité de Robocop, celle qui est promue sur l’affiche, devient vite un problème, limitant son efficacité en face des robots de combats programmés pour appliquer sommairement un programme. Les médecins diminuent alors la part de conscience de l’homme, progressivement, laissant la machine combattre à sa place, tout en lui donnant l’illusion du contrôle. Un très intéressant concept habilement mis en valeur, aidé par le réalisme de la très lourde maintenance du robot (contrôle technique tous les jours, régulation hormonale et nutritive des parties organiques, rien n’est laissé de côté). Robocop, c’est une conscience peu à peu étouffée par des règlements hormonaux et un contrôle de plus en plus poussé de la machine, qui finalement ne brandit plus qu’un visage pour rappeler l’idée originale du projet. La quête de vengeance revient évidemment, entrainant des dérèglements du système de contrôle. C’est peut être cet aspect de Robocop qui convainc le moins, les brusques dérèglements (et une mise en valeur inégale du traumatisme de Murphy) n’étant jamais expliqués.

 

RoboCop-131121-06.jpg

 

Car concernant l’entourage familial de Robocop, le schéma suivi est bon. On pouvait craindre des retrouvailles cucul la praline entre l’homme de fer et sa famille, l’entrevue dure à peine deux minutes, et la déshumanisation de Robocop évacue alors les séquences familiales qu’on s’attendait à subir. Le scénario, bien ficelé, fait constamment évoluer ses enjeux, et quand de la corruption arrive, les enjeux politiques pointent alors le problème de la conscience de Robocop, qui outrepasse les ordres en s’en prenant aux personnes de pouvoir. Pas nouveau, mais les personnes puissantes n’aiment pas trop les forces qui font trop de zèle. Inutile de développer la façon dont le film présente les évènements, elle est excellente. Quelques petits regrets ça et là quand même : la vengeance de Murphy est éludée complètement à l’issue d’une gunfight en caméra thermique, la question de l’ingérence américaine robotisée est surtout exposée plus que traitée (l’attentat terroriste de l’introduction n’est pas très convaincant, malgré la mort du gamin abattu par les ED-209), mais c’est surtout la fin qui déçoit. Cédant à un peu de pyrotechnie avec de solides scènes d’action, le film foire sa cohérence en laissant Robocop abattre son « créateur » malgré le verrou technologique qui était implanté en lui. Le tout sans explication. Un détail impardonnable qui relève presque du sabotage quand on voit l’importance que ce film a attaché aux détails jusque là. Mais avec un discours aussi politiquement incorrect sur les médias (Samuel Lee Jackson trouve encore un rôle cynique dans lequel il excelle), difficile de bouder son plaisir. Robocop est un blockbuster nettement plus sympathique qu’on ne pouvait le croire, et il mérite largement qu’on se déplace pour admirer la performance. Même si la fièvre créatrice de ses concepteur a pu être étouffée comme la conscience de Robocop (cet aspect du film est-il cathartique ?), le résultat est un feu d’artifice bienvenu qui retourne à l’esprit des deux premiers, moins facétieux, mais plus actuel.

 

4,5/6


2014
de José Padilha
avec Joel Kinnaman, Gary Oldman

 

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commentaires

Xelloss 17/03/2014 11:25

Voracinéphile, peux-tu chausser une bonne paire de bottes de scaphandrier (celles des "semelles de plomb") s'il te plait...
... et imprimer ton 38fillette dans le p'tit cul de Caroline ?

Je ne suis pas violent, mais des fois, une bonne tarte aux marrons avec un pain en dessert, ça fait du bien !


Okay, on va pousser un p'tit coup d'geule comme je lais aime bien...

Pour commencer, je télécharge illégalement des films sur T411, c'est admis ! (je partage aussi ;) )
Une fois que l'on s'est fait avoir avec un film à 30~40 €uros et que l'on se rend compte que le média ne les vaut pas, on prend des précautions...

)Le vol c'est mal, mais dérober un objet sur l'étale d'un magasin et vendre un produit merdique est est un comportement de gros con pour les deux !)

Cependant, si je télécharge, j'achète aussi les films qui m'ont plu en version "coffret-plusplus"

Mais télécharger/visionner des screeners et autres merdes dans le genre c'est un comportement de CONNARD (de CONNASSE en ce qui te concerne, Caroline)
A cause de blairaux comme toi, les studios de doublages ont un couteau sous la gorge et sont pressés par le temps pour devoir sortir des doublages en même temps que le film.
(A mon époque, on devait attendre entre la sortie d'un film et sa version FR)
Les comédiens de doublage ne peuvent plus prendre leur temps et nous fournir du travail de qualité...
(La qualité du doublage à commencé à baisser avec l'arrivée du Haut Débit internet)

Robocop 2014 n'est pas encore sorti en Bluray/DvD/VoD
(http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=138376.html)

Du coup, je te prierai de bien vouloir aller voir ailleurs si l'on y est !

caroline 14/03/2014 21:38

http://www.film2lux.com/robocop-2014.html voici le film

Xelloss 17/02/2014 13:52

Pour ma part, et n'ayant pas vu la bande annonce (comme c'est étrange XD), je n'ai pas vraiment comparé avec le matériau de base...
surtout que la version de Verhoeven, mon dernier visionnage doit remonter à... piouuf... très loin ;)

J'ai donc pris ce truc sans a-priori ni préjugés mais surtout avec une furieuse envie de l'aimer vu le barouf que le Net à fait (très, voir un peu beaucoup trop, négatif à mon goût).
Du coup, en sortant de la salle, j'étais doublement content ;)

Trop de gens pense "sang & trippes" quand on dit "violence" et oublie que celle-ci peut être bien plus pernicieuse.
Quand le toubib déconnecte les parties mécanoïdes de Murphy pour ne laisser que ce qu'il reste de lui, j'ai trouvé assez HarCore... surtout qu'il y avait des enfants dans la salle
"Allez les enfants, on va voir RoboCop et en rentrant, on s'fait "Le Petit Chaperon Rouge" (Jin Roh) ;)
(vive les nuits blanches pour les parents XD )

Xelloss 15/02/2014 16:55

C'est assez étrange de voir, en lisant les divers commentaires, que la majorité des gens n'ont pas vu le côté et le discourt réaliste de ce long métrage.
La cybernétique à outrance, on y vient (youhou ! J'adore ;) )
- Google Glass
- Afficheurs Tête Haute
- Montre Connectées
Rien que ces trois trucs sont une porte ouvert aux cyber-cerveaux et autres prothèses mécanoïdes.

Je pense que pour ce qui est du design général, le réalisateur à dû avoir la même idée que celui qui a pondu Gravity :
Mettre en image des trucs trop "futuristes" aurait fait décrocher le spectateur.
(Pour Gravity, le réal' a dit que les combinaisons sont calquées sur les modèles
plus anciennes car les combinaisons actuelles ont un design "trop furutiste" )

Concernant le film en lui-même, on sent la volonté de faire des clins d'oeils aux premier long métrage. (et pour une fois, les "Metal Gear Rex" fonctionnent XD)
A mes yeux, c'est un excellent film pour la bonne raison qu'un remake "clone-mis-à-jour" du média original n'a aucun intérêt (sauf si le média est un très vieux truc).
Omnicorp est une société "actuelle" facon Apple ou Samsung qui, à mes yeux, ne veulent plus faire de l'innovation mais plutôt satisfaire la masse des consommateurs.
Ici, le PDG écoute les revendications et décide de créér à la lettre un produit que veut le consommateur
Ils n'ont pas confiance dans les machines ? et préfèrent les Humains ?
Qu'à celà ne tienne, on va leur coller un Humain (sous contrôle) dans la machine, et hop, ça va l'faire.

Regardez les Iphones mais surtout les produits samsung... J'ai l'impression que les équipes de designers ont disparu dans un univers parallele XD


Voracinephile, tu devrais aimer les critiques de Durendal sur ce long métrage.
Rétrospective Robocop I,II&III ( http://youtu.be/JM3Q7FXBYpg )
Vlog Robecop 2014 ( http://youtu.be/jxYJTZkdnK8 )

voracinephile 16/02/2014 23:22



Oui, je suis d'accord avec toi. Je n'ai pas compris qu'on dise que le design du film est déjà "daté", vu qu'au contraire, il est réaliste dans un cadre des nouvelles technologies et qu'il s'en
sert pour rendre robocop plus réaliste dans un tel contexte...


Nous apprécions le film pour les mêmes raisons : une relecture innovante qui tente d'oublier son prédécesseur pour faire son truc de son côté. Après, dur de rivaliser avec Verhoeven, et tout
n'est pas irréprochable (les coups de feu sur le toit à la fin, pas très logiques...). Merci pour ces liens, j'irai jeter un coup d'oeil à cela très vite



princécranoir 09/02/2014 18:35

J'ai bien peur de ne pouvoir te suivre sur ce coup-là. Je suis plutôt de l'avis de 2flics. Non pas qu'il soit si mauvais que ça (on sait presque tout le temps que Padhila est là), mais on en
ressort avec cette sensation d'avoir vu déballer une foule d'idée en vrac, un scénario qui change de braquet en permanence, dont le GPS est devenu totalement fou : On pleure sur Murphy puis il
devient un robot comme les autres (comme les deux bleus de "troupe d'élite", tiens donc) puis il redevient humain par l'opération du (saint) esprit, donc le gentil flic qui punit les pourris.
Aucune ambition visuelle (mise à part l'excellente scène d'intro), des acteurs en roue libre (devant les prestations de Keaton et Jackson on a du mal à garder son sérieux, quant à Oldman, quel
brushing !) et une note d'intention politique qui n'a pas les idées claires (au moins Verhoeven ne nous laissait pas choisir notre camp entre les ordure capitalistes et les yuppies ambitieux). Le
CEO d'Omnicorp connaît-il vraiment les attentes du public (ce qui ne semble pas être le cas des résistants iraniens au début du film) ? ou au contraire impose-t-il ses propres attentes à un public
de plus en plus influencé par les nouveaux canaux de propagande ? Cette seule question aurait mérité d'être mieux cernée, ou bien encore la stature du héros dans l'imaginaire populaire et dans les
consciences des plus jeunes (l'exploitation toujours très rentable des super-costumés de la Marvel). Le film préfère jouer à fond la satire d'un discours populiste qui paradoxalement brosse le
public dans le sens du bulletin de vote.

voracinephile 10/02/2014 23:57



Dure voie et pénible martyr que j'ai choisi en décidant de protéger ce remake (assez prétentieux de ma part aussi d'appeler cela un martyr, j'ai aimé ce film et je fais simplement mon boulot de
fan). J'ai lu tes arguments, les mentions des qualités qu'a pu apporter Padihla au film me réconfortent un peu (même si il semble que j'ai surestimé les qualités pour esquiver les défauts, même
si cette annulation hormonale m'a agaçé pour son manque de clarté (Verhoeven n'expliquait pas non plus les retours de flash back, mais ça passait mieux)).


Peu d'ambitions visuelles, j'en conviens, le petit futur est fonctionnel, plutôt ancré dans notre époque. Elysium voit à plus long terme, et sa vision a du mal à fonctionner malgré une certaine
richesse d'idées. Quant à la vision politique, elle est distancée, sans gros parti pris. Le film expose les enjeux et les suit. Il critique particulièrement des valeurs républicaines, je n'ai pas
vu d'autres ralliements politiques pour autant. Chez Verhoeven, il y avait effectivement cette exposition assez virulente du capitalisme bigger than life. L'outrance sublimait l'engagement, le
nouveau Robocop est moins appuyé à ce niveau là (présent quand même). Oui, les thèmes que tu relèves sont passionnants et mériteraient vraiment un développement. Ca n'a pas été le cas
probablement parce que ce ça alourdirait davantage le rythme déjà pas très dynamique. Mais j'aurais évidemment été davantage convaincu par un traitement rapide et bien fait.


Discours populiste ? Du politiquement incorrect admis, en somme... Pas nouveau, mais bien fait, et adapté à notre époque. Je ne vois pas de reproche à faire à ce sujet, même si du taclage des
différentes tendances politiques auraît pu être fait. Une nuance assez difficile à décrire quand même : à partir de quel point du politiquement correct avéré devient-il populiste ?



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