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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 06:49

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Robocop. Pendant toute mon enfance, sans jamais avoir pu goûter aux films en question, je conservais un poster de Robocop 3, que j’affichais fièrement au dessus du bureau. Quel héros celui là ! Il sauvait les habitants et en plus il appliquait la loi avec ses super armes trop cool. Mais tu te réveilles, t’as 20 ans et tu regardes Robocop de Paul Verhoeven, et là tu comprends à quel point tu t’es fourvoyé, et combien la vraie nature de Robocop est autrement plus jouissive que tes fantasmes enfantins. Le premier opus de Robocop, réalisé par le maintenant trop rare Paul Verhoeven, connaît un vif succès, autant qu’il châtie plusieurs portraits sociaux avec un politiquement incorrect bien huilé. Sa suite, dirigée par un Irvin Kershner au mieux de sa forme, est un échec commercial complet qui grillera la carrière de son réal, et qui se présente toujours comme une des suites les plus jouissives de la SF régressive. Enfin, Robocop 3 fait doucement rigoler pour l’abaissement honteux de son histoire à servir des enjeux infantiles à 100 lieues des univers violents qu’on a côtoyé avec les deux premiers. Robocop, un produit fourni gracieusement par l’OCP.

 

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Robocop : Dire que Paul Verhoeven était peu enthousiaste à l’idée d’adapter Robocop n’a rien d’un euphémisme. Il a carrément piétiné le script en le recevant dans son courrier, mais sa femme l’a récupéré et l’a relancé dans cette voie, donnant naissance au projet que nous connaissons aujourd’hui. Robocop, est tout simplement l’un des films de SF les plus parfaits qui aient jamais été faits. Subversif, connaissant différents niveaux de lecture et d’ne richesse thématique qui frise le géni, Paul Verhoeven fait preuve d’un incroyable talent en adaptant avec autant de finesse déguisée le personnage de l’homme de fer œuvrant dans les rangs de la Police. Premier choix purement jouissif : Peter Weller dans le rôle de l’agent Murphy, un habitué de séries B hautement sympathiques qui n’a jamais connu de carrière à l’égal de son charisme. Et pour commencer, Robocop est en concurrence avec une machine pure et simple, loin d’être en état de fonctionnement (la scène hilarante et gorissime de la démonstration en réunion. « C’est une anicroche ! »), mais pouvant rapporter dans tous les cas beaucoup d’argent à Richard Jones, le concepteur du projet, un industriel véreux et habitué à détenir le pouvoir. Cependant, Verhoeven est loin de vanter son concurrent et promoteur du projet Robocop : un jeune Yuppie sûr de lui qui veut tirer la couverture à lui seul. Alors que ces querelles de pouvoir ont lieu, l’agent Murphy, présélectionné comme candidat potentiel au projet Robocop, est envoyé à la mort, et meurt exécuté d’une manière ultra violente, vivant une sorte de Passion christique qu’il n’a jamais souhaitée. Déclaré légalement mort, la science dispose de son corps à son bon plaisir (l’amputation complète du reste de ses membres) et le reprogramme pour en faire une machine. Mais Paul a la finesse de d’abord montrer sa créature comme un pur robot, avant de ressusciter son humanité par petite dose, notamment des flashs back sur sa vie de famille et les gangsters qui l’ont assassiné. Car Robocop est aussi un film de vengeance post mortem, qui pose ainsi une ambigüité intéressante : peut-on se venger et appliquer la loi en même temps. Le script malin conserve de bons ressorts qui s’actionnent aux moments adéquats (la directive 4), qui paraissent être de grosses ficelles alors qu’elles s’actionnent merveilleusement au cœur d’un script beaucoup plus abouti que sa facture de série B le laisserait voir. Les multiples flashs infos ou illustrations de la télévision de l’époque (« J’en prendrai pour un dollar ! »), d’un degré de débilité revendiquée pointent déjà du doigts les faiblesses de la société qui en deviennent carrément évidente : l’appât du gain et l’attrait de la criminalité  par difficulté pour s’en sortir honnêtement (contexte de crise économique, projet de relance par création de pôle d’activité…). Pamphlet sociétaire doublé de scènes d’action jouissives (déchets toxiques dangereux, canon surdimensionné, port USB meurtrier, Paul ne néglige jamais le spectacle au premier degré qu’on réclamait, et en fait bien plus avec ses thématiques passionnantes qu’il manipule avec une totale maîtrise de son sujet. Un réalisateur talentueux comme ça, c’est vraiment rare.

 

6/6

 

de Paul Verhoeven
avec Peter Weller, Nancy Allen

 

Robocop-Poster-Tyler-stout.jpg

 

Robocop 2 : Certes, Robocop 2 est moins bon que le premier. Comment pourrait-il en être autrement, ce dernier étant tout simplement un des plus grands films de SF jamais fait (Starship Troopers le dépasse quand même) ? Mais cette suite est, dans la logique de son prédécesseur, l’un des meilleurs projets qui pouvait voir le jour. En effet, Irvin Kershner a clairement trippé devant les fausses publicités de Verhoeven, et décide d’en reprendre les grandes idées, mais en bien pire. On a donc droit à une crème solaire cancérigène, un système d’alarme tueur, un service postal incompétent… Un véritable florilège qui ne reste qu’une partie du spectacle que propose Irvin. En effet, dans ce nouveau film, Robocop est un personnage mineur. Il n’est qu’un million au centre d’une énorme machine dont on va explorer consciencieusement le mécanisme. Si il présente des parcelles d’humanité en début de film (il contemple sa famille depuis sa voiture), elles sont bien vite évacuées, d’abord avec cruauté (la douloureuse question de « l’amour qu’une femme est en droit d’attendre d’un homme »), puis avec froideur. Par ce geste, Irvin ne sublime pas l’humanité de Robocop. Il l’efface purement et simplement du récit. La thématique détaillée par Verhoeven était diablement intéressante, mais elle nécessitait une réelle finesse, et le film rend carrément les armes sur ce terrain là. En effet, il se vautre dans le régressif le plus terre à terre, illustrant platement avec un manichéisme bestial les gentils flics (dont une bonne partie de flemmards font la grève) et les méchants trafiquants de Nuke, une drogue super addictive peu chère. Caen, leur leader, est épaulé par une femme fatale et un délinquant juvénile qui prend manifestement son pied à dire « fuck » et à tirer sur la flicaille. La violence gratuite y va fort (Caen abat une étrangère simplement pour libérer le siège de sa bagnole), et les approximations aussi. En effet, le personnage de flic corrompu de Duffie est totalement inutile, se révélant à lui tout seul être une sous intrigue fortement dispensable des deux heures du film. Mais à côté de ça, que d’ingrédients jubilatoires ! Tout est fait pour notre plus grand plaisir. Gore excessif en gros plan (la trépanation, l’éviscération), violence gratuite, morale neuneu et subversion régressive sont au rendez vous, occasionnant de fréquents éclats de rire. Par exemple, le maire se retrouve tenu par les couilles par l’OCP qui veut privatiser la ville et réclame 57 millions de dollars de dettes, ce dernier organise un pathétique gala de charité pour tenter de récupérer le fric des habitants de Détroit, avant de se tourner vers la pègre pour solder leurs comptes. Pendant ce temps, Robocop règle ses comptes avec Caen, mais ce dernier reviendra sous la forme d’un robot bien plus perfectionné que lui : Robocop 2 (la raison du choix de Caen comme cerveau à utiliser est un des plus grands éclats de rire du scénario). Le final impressionnant pour ses effets spéciaux démesuré et sa pyrotechnie répétitive, conclut par un duel régressif façon transformers le spectacle stimulant de cette fresque de société pourrie de long en large, achevant son récit sur un dernier trait politiqiement fort incorrect qui nous fera quitter Robocop dans un dernier éclat de rire, convaincu que le spectacle était largement à la hauteur de nos attentes. Un pied inoubliable.

 

5/6

 

de Irvin Kershner
avec Peter Weller, Nancy Allen

 

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http://www.replikultes.net/medias/uploads/films/robocop_2/robocop2_10_robocop2.jpg

 

Robocop 3 : J’ai commencé la trilogie, il faut la finir. J’ai au moins la conscience tranquille en sachant que je ne l’achèterai jamais, ce film se révélant être l’une des suites les plus pathétiques qui m’ait été donné de voir dans ma vie (avec TCM4 et Freddy 6). Un tel spectacle est assez atterrant par la lourdeur des enjeux qui y sont développé, le spectacle cherchant visiblement à s’attirer les foudres des fans précédents et à miser sur le jeune public. Robocop doit ici protéger les citoyens du crime, mais peu à peu, la police est manipulée et se retrouve à lutter contre la population. Une situation qui aurait pu se révéler énorme, mais qui est ici ruinée par un sentimentalisme tout à fait hors de propos, Robocop prenant le parti de la population et tirant à toute berzingue sur ses anciens camarades de boulot. Le script enchaîne incohérences sur incohérences, une gamine arrivant à pirater un ED 209 en 15 secondes avec un peigne en plastique. Bref, je constate que ma plasticité cérébrale est encore vive, puisque j’ai oublié en bonne partie cet étron pelliculaire, ce qui n’est pas pour me déplaire. Dans ce cas, en attendant le remake, le plus intelligent à faire, c’est de se revoir les deux premiers en s’asseyant sur le troisième.

 

0/6

 

de Fred Dekker
avec Robert John Burke, Nancy Allen

 

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"Et dire qu'on est les méchants du film dont on fabrique les jouets..."

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commentaires

Alice In Oliver 27/07/2011 17:12


oui et il reste très décevant, même ds ses séquences d'action. Seule surprise: la mort de Lewis, mais en dehors de ça...


voracinephile 28/07/2011 09:00



C'est vrai que Lewis meure dans celui là... J'avais complêtement oublié. Mais à part ça et le bras mitrailleur de Robocop (et encore), rien à sauver.



Alice In Oliver 27/07/2011 14:31


clair ! de toute façon Verhoeven a mis la barre très haut. Quant au 3, je retrouve des similitudes par rapport à ma critique, notamment quand tu évoques les maladresses du scénario.


voracinephile 27/07/2011 16:54



Robocop 1 était aussi un des films populaires les plus violents de son époque. Du lourd, en somme ! Quant au 3, c'est juste navrant. Les méchants sont les japonais, y a pas à chercher plus loin.
Sans parler de xénophobie, le film est seulement simpliste et juste nul.



Alice In Oliver 27/07/2011 11:14


pour le 2, je maintiens ma position même si je rejoins en gde partie ton point de vue: malheureusement, sur ce dernier point, le réal n'est pas vraiment pertinent.


voracinephile 27/07/2011 12:38



Hélas, n'est pas Verhoeven qui veut. Malgré une régression complète sur le thème du bien et du mal à un stade manichéen au possible, qui peut seulement prétendre à divertir, le film reste quand
même sympa avec une subversion pas très fine.



Alice In Oliver 27/07/2011 10:34


le premier Robocop peut se targuer d'appartenir à mes films préférés: c'est avant tout un film sur la quête de l'âme humaine. Le 2 se situe dans la même lignée, avec quelques idées intéressantes,
mais il reste tout de même inférieur au 1er. Quant au 3, il annonce la série TV à venir et n'a plus rien à voir avec l'univers violent du cyborg.


voracinephile 27/07/2011 10:41



Intéressant de voir le 3ème comme une préparation à l'arrivage de la série télé. En revanche pour l'âme humaine de Robocop 2, tu connais mon avis, je pense qu'elle est réduite au strict minimum.
Rien à redire sur le premier en revanche, c'est un chef d'oeuvre. Point barre.



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