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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 15:17

http://images.fan-de-cinema.com/affiches/action/rollerball,2.jpg

 

John Mc Tiernan, c'est un réalisateur aimé. Adulé pour ses travaux (il cumule un nombre de succès incroyables pour sa carrière, et ses échecs commerciaux deviennent cultes avec le temps). Jusqu'à ses démêlés avec la justice et l'interruption impromptue de son métier jusqu'à nouvel ordre. Désolant. Mais auparavant, Mac Tiernan a en quelque sorte coupé les ponts avec Rollerball, un nanar d'action si outrancier qu'il s'est fait immédiatement détesté par les fans du réalisateur. C'était sans connaître la galère qu'a connu le film, et peut être sans reconnaître les buts poursuivis par l'un des réalisateurs d'action les plus généreux des années 90.

L'histoire : En 2005, le rollerball est un sport violent réalisé en asie et retransmis partout dans le monde. Une école de violence qui sélectionne les meilleurs casse-cou de part le monde et les broie par son système de fonctionnement.

 

http://image.toutlecine.com/photos/r/o/l/rollerball-2001-15-g.jpg


Autant le dire tout de suite : cet article risque de se faire vilipender par la communauté, parce que je trouve tout simplement que le public passe à côté du Rollerball vu par Mac Tiernan. Certes, ce n'est pas évident au premier regard. Tout simplement parce que le tournage s'est fait dans des conditions extrêmes (une partie des décors a brûlé pendant le tournage, et John se fâchera vraiment avec les studio, qui interviendront sans cesse dans la post production. L'atroce montage auquel nous avons droit aujourd'hui est en grande partie dû à ces messieurs, qui n'ont véritablement rien capté à l'essence du Rollerball. Ils mettent l'accent sur la violence, en exploitant le filon que le film était sensé à l'origine dénoncer. Belle preuve d'incompétence artistique. Et pourtant, malgré leur travail monumental de salopage d'une oeuvre, on voit encore les belles idées de Mc Tiernan : dénoncer un monde absurde de surconsommation, de sur-stimulation et de bêtise monumentale. Rien que le casting met la puce à l'oreille : c'est pire qu'une production Besson ! Avec un Jean Reno totalement vaseux en méchant russe marchant sur tout le monde, un jeune trouduc en guise de héros et LL J Cool en second rôle, on voit tout de suite où veut en venir Mc Tiernan. Ce film est un film subversif 100 % beauf, qui prend la classe sociale qu'elle vise à son niveau, et qui la parodie au premier degré. C'est un divertissement beauf, comme le sport illustré (très beauf, avec ses armures et ses joueurs digne du catch) et comme le public visé par les studios en produisant ce film. C'était une vraie claque que les studio ont tenté d'amortir, et qui maintenant gît au fond des bacs dvd. Mc Tiernan n'en a clairement rien à foutre des scènes d'action de ce film. Si il cadre encore comme il peut les matchs de Rollerball (qui se déroulent en pilotage automatique), il se branle carrément de la tentative d'évasion de nos héros, filmée en caméra de nuit. Non mais vous vous rendez comte ? Une image verte dégueulasse comme tournée avec un camescope amateur ! Pour une scène majeure du film. On n'en a rien à br*nler de l'action dans ce film, c'est uniquement le beauf qui reste, et qui transpire comme un boeuf. Depuis les sponsors omni-présent jusqu'au style de vie décadent des joueurs, c'est un crachat énorme, un mollard envoyé à la gueule du public, un peu comme cette dernière séquence où les joueurs quittent le terrain et partent dans le public, en tabassant quelques supporters au passage. Rollerball a été salopé par tout le monde, et pourtant, il contenait un message beaucoup plus intelligent qu'il n'en avait l'air. Je doute qu'il soit encore possible d'espérer un director's cut, mais le résultat risquerait fort de nous surprendre. Quoi qu'il en soit, Rollerball en l'état reste une merde, un block buster racoleur et vain, qui contient un deuxième film bien plus corrosif que l'étron que nous contemplons de nos jours. Mammuth développe des idées similaires, et pourtant on ne vient pas lui taper sur la gueule en hurlant au navet. Une hargne sauvage envers la populace que de très rares personnes cherchent à défendre (un journaliste de ciné, S. M., m'a convaincu), et qui le mérite amplement.

 

3/6

2001
de John McTiernan
avec Chris Klein, Jean Reno

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commentaires

Alice In Oliver 13/10/2011 13:03


un échec auquel tu mets 3/6.


voracinephile 13/10/2011 14:06



Oui, aussi stupide que ça puisse paraître. L'énergie est là même si elle part de tous les côtés, et paradoxalement le film réussit à réunir beaucoup d'éléments de ce qu'il y a de pire dans
l'action beauf. Rollerball 2001 est un des brouillons les plus intéressants balancé sur les écrans. Après, c'est un film qui a été lancé trop tôt, bâclé et formaté en post prod. 3/6 me semble
être une maigre consolation pour son cas.



2flicsamiami 13/10/2011 08:28


J'ai vu quelques minutes de ce film et cela m'a largement suffit. Le montage est absolument affreux !


voracinephile 13/10/2011 12:10



Totalement ! Et encore, c'est lisible comparé à ce que voulait faire Mc Tiernan. Il devait y avoir quelque chose comme 11 000 plans dans ce film. D'où un certain bordel dans le script, et un bout
d'explication sur l'échec de Mc T à nous donner un monument à la hauteur de ses ambitions. Trop ambitieux pour le cinéaste, et les studios n'ont vraiment pas arrangé les choses en amputant de 30
minutes le film et en atténuant un peu sa violence. Une chose qui ne m'a pas vraiment marqué, mais qui constitue une gêne pour bon nombre de personnes : le public finit par se rebeller en face de
cette violence, alors que dans bon nombre de films, il est juste fasciné par elle. Mc Tiernan a voulu créer une rébellion intéressante, mais qui ne cadre pas avec la réalité qu'on s'est faite des
masses contemplant la violence.



Alice In Oliver 12/10/2011 22:55


encore une fois, je n'ai même pas envie de comparer les deux films. Sincèrement, je ne vois rien à sauver de ce remake, d'autant plus décevant qu'il s'agit de McTiernan. Et ne parlons même pas des
acteurs.


voracinephile 13/10/2011 12:07



Encore une fois, je pense que ce casting désastreux avait aussi pour objectif d'être cynique. Mais dans ma chronique, je n'ai pas fait de rapprochements avec l'original (que je ne connais pas
assez pour critiquer). Domme que Mc T nous ait quitté sur cet échec.



Alice In Oliver 12/10/2011 22:11


et quand je parle de la version originale, je parle évidemment du film avec James Caan. On évitera de comparer les 2, au moins par respect envers le 7ème art.


voracinephile 12/10/2011 22:42



Pris d'un acquis de conscience, j'ai quand même lu des critiques plus détaillées sur le film. Celle de Filmdeculte notamment, qui voit dans le film un échec artistique, mais une tentative pour Mc
Tiernan d'y faire un film subversif à la Verhoeven. J'ai vu l'original avec James Caan il y a trop longtemps, je devrai le revoir pour me prononcer. En tout cas, il y a bien tentative de
subversion dans Rollerball, mais elle est anéantie par le bordel scénaristique et le formatage des studio.  Si ça modifie clairement mes propos (ma théorie d'un suicide artistique contrôlé
en prend un coup), ça ne modifie pas ma note : le film est raté en avançant des idées vraiment intéressantes.



Alice In Oliver 12/10/2011 22:10


j'ai bien peur que tu sois le seul à défendre ce remake par ailleurs indéfendable.


voracinephile 12/10/2011 22:21



Pas tout à fait le seul ! Quelques irréductibles se tiennent encore debout pour le défendre. Je m'y attèle un peu plus modestement (à peine une moyenne), mais après l'avoir revu, je pense
vraiment que la subversion est encore présente dans le film. Mc Tiernan a d'énormes qualités, alors pourquoi personne n'a le recul d'y voir une tentative de brûlot de la part de mc T ? C'est pas
un réalisateur manchot, il devait avoir une idée derrière la tête en tournant ce film comme ça... Non ?



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