Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 16:49

sabotage_ver5.jpg

 

Le retour de Schwarzenegger à l’action bourrine n’avait pas convaincu tout le monde avec Le dernier rempart, mais le charisme de son interprète et une narration à l’ancienne lui permettait néanmoins de faire passer un moment agréable à son public, parvenant assez habilement à faire passer sa violence gore sur des mexicains camés sur le compte de la bonne fusillade à l’ancienne. Avec Sabotage, l’autrichien est rentré dans la danse, et on attendait du lourd. Manque de pot, la bande annonce laissait déjà présager de sérieuses faiblesses question intérêt. Et une fois en salle, ça empire…

L’histoire : Schwarzy, chef d’une équipe de mercenaires, non, d’agents spéciaux de la DEA, dérobe 10 millions de dollars au cours d’une opération de démantèlement d’un gang. Mais le butin disparaît très vite, et une fois l’enquête des services internes abandonnée, ses membres se font assassinés un par un…

 

sabotage1.jpg

 

Le temps des héros est mort. Il n’y a plus rien, plus personne en qui on puisse croire, en qui on puisse se fier. Il n’y a plus que des intérêts personnels et des coups dans le dos, et quand ils viennent de face, c’est souvent pour le pire. Je pense qu’on est en train d’assassiner un genre en le balançant complètement dans ce que la censure a souvent pointé : l’amoralité ambiante (car question efficacité, on reste plutôt au niveau, même ici). C’est moi le héros donc je t’explose ta cervelle et je ne prends même plus la peine de tenter une vanne foireuse. Je n’avais pas ressenti de gêne de ce genre depuis Taken, et c’est d’autant plus un choc ici que c’est Schwarzy qui appuie sur la gâchette. On est en face d’un film complètement parasité par le cynisme d’une époque, qui sous couvert de réalisme nous plonge aux milieu d’individus infréquentables et tout simplement puants, qui vomissent leur beauferie dans toutes leurs répliques sans faire jamais preuve de la moindre intelligence ou subtilité (voir le tabassage du videur de boîte). Une bande d’irresponsables notoires qui étalent complaisamment leurs envies de meurtres, à qui on a fait la bêtise de donner des flingues, du calibre haute perforation et une carte en plastique leur assurant l’immunité. Et pour se consoler, on a droit à des vannes sur leurs pets (j’en ai relevé deux dans les 20 premières minutes), sur leurs exploits sexuels (la grave redondance des strip-teaseuses), sur leur alcoolisme et leurs passe temps. Quand un running gag tourne autour d’un tatouage en forme de bite, il y a quand même de quoi se tirer une balle. Et on aimerait que Schwarzy soit épargné par toute cette médiocrité, mais c’est pour mieux le transformer en néo-nazi dans le dernier acte. Usant de corruption à l'argent sale, abattant du mexicain à tout va, se contredisant en menaçant un membre du cartel d’abattre sa famille, avant de balancer un « moi, je ne suis pas comme toi » et lui exploser la cervelle face caméra avec du sang qui macule la pièce. Le réalisme de la violence, c’est une chose plutôt payante et que j’ai tendance à encourager (car elle augmente l’impact, sans se cacher derrière la censure tout public), mais ici, elle a la mauvaise idée de souligner l’amoralité totale dans laquelle on nage. Je venais pour voir un divertissement, je me branle d’un militaire pourri qui vient laver son linge sale en se tâchant les mains. Son traumatisme (famille torturée par un gang) aurait pourtant dû rendre le personnage sympathique (Schwarzy n’a jamais été aussi vulnérable depuis le bancal La fin des temps), mais rien n’y fait, c’est un mépris total qui s’installe pour ce tas de muscle égoïste, au final responsable d’hectolitres de sangs versés et glorifié après un dernier carnage qui laisse sur une image qui m’a immédiatement rappelé American Psycho. Bateman assis dans son fauteuil maculé de sang qui s’allume un cigare. On est dans ce registre ici, sauf que c’est sans ironie, sans distance, sans cervelle. Le plaisir s’est évanoui dans l’amoralité, et cette espèce de clone mal branlé d’Expendables n’a pas une once de charisme, un seul instant. C’est grave de griller le point Godwin (surtout qu'il m'arrive de faire parfois preuve de cynisme), mais ce Sabotage (ironie du titre) vient bouffer du côté de Taken ou d’un Man on fire (qui nous faisait bien rire quand on fourrait le gros cul d’un obèse à la dynamite avant de le faire exploser en plein cadre). Irrattrapable, et une énorme casserole pour l’ami Schwarzy, qui aura intérêt à peaufiner ses prochains rôles pour rester dans la course à la popularité (parce que question armement, ça va).

 

0,5/6


2014
de David Ayer
avec Arnold Schwarzenegger, Sam Worthington

 

sabotage-red-band-film-clip-clea-672x372.jpg

Partager cet article

Repost 0

commentaires

borat8 02/06/2014 16:40

En tous cas, la miss Emilia Clarke est canon en Sarah Connor qui dégaine. ;) ça lui changera de ses dragons de Game of thrones.

borat8 31/05/2014 12:21

C'est pourtant ce qu'il fait!lol D'ailleurs les premières photos de tournage de Terminator Genesis sont tombés. Et Arnold est terriblement... blond!

voracinephile 02/06/2014 12:31



C'est pas parce qu'il y a eu une apocalypse qu'on n'a pas le droit de soigner son apparence ! Marre de tous ces survivants en haillons qui ont l'air d'oublier le mot "savon" !



borat8 21/05/2014 19:44

Pourquoi? Impôts, probablement la pension alimentaire pour son ex-femme ou alors une réelle envie de revenir aux affaires. Je pense que le cinéma lui a quand même manquer.

voracinephile 28/05/2014 16:43



Je le pense moi aussi. Après la politique, un dernier petit passage sur les écrans histoire de couler une retraite paisible avec son charisme toujours rayonnant. Faudrait pas non plus se
précipiter sur le premier scénario venu...



Zogarok 19/05/2014 00:41

Pourquoi Arnold, avec son statut d'aujourd'hui, s'abaisse à prendre ce genre de risques ???

voracinephile 19/05/2014 18:31



Aucune idée. Les impôts, sans doute. Rien à sauver de ce navet en tout cas, j'espère ne plus jamais le recroiser. Vite, expendables 3 pour laver l'affront !



Roggy 18/05/2014 12:04

A pris quand même un sacré coup de vieux Schwarzy...

voracinephile 28/05/2014 16:25



Pour King Conan, à moins de jouer le roi souffreteux qui s'accroche à son trône devant les hordes barbares, je ne vois pas ce qui serait crédible. Pitié par contre, ne nous faites pas le coup du
fils à qui il passe le flambeau (en mode Indiana Jones)...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche