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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:32

affiche-Schizophrenia-Le-tueur-de-l-ombre-Angst-1983-1.jpg

 

Avec Schizophrenia (Angst en VO), le cinéma allemand fait une plongée totale dans la tête d’un serial killer remis en liberté pour bonne conduite alors qu’il n’a jamais renoncé à ses noirs dessins de prédateur. Ce qui ne distingue des autres productions du genre reste avant tout son immersion dans la pensée du personnage, un procédé que réutilisera Gaspar Noé pour son premier film Seul contre tous. C’est aussi un film qui soigne particulièrement ses cadrages, laissant à la caméra une liberté rare qui nous permettra d’apprécier l’évolution de notre personnage sous des angles rarement vu. Malgré son relatif anonymat, Schizophrenia est une petite date dans le cinéma d’horreur, à l’image d’un Henry, portrait d’un serial Killer, avec un rythme féroce n’arrêtant pas de guider le film.

L’histoire : le jour de sa libération, un homme ayant tenté de tuer sa mère, et ayant poignardé une vieille dans la rue, se met en quête d’une nouvelle proie.

 

http://filmache.files.wordpress.com/2011/02/angst-killer-car-film-ache.jpg


Difficile de faire plus immersif que Schizophrenia quand il s’agit de rentrer dans la tête d’un psychopathe, puisque pendant toute la durée du film, le personnage principal (dont on ignore le nom) nous fera partager sa pensée par l’intermédiaire d’une voix off calme, posée, qui contraste énormément avec les quelques séquences violentes du film. L’étude psychologique est alors intéressante, puisque l’on capte la pensée instantanée de ce psychopathe en face du monde qui l’entoure. Ainsi, il ne se décrit pas comme quelqu’un qui prend plaisir à faire souffrir son prochain, mais qu’il y a aussi quelque chose qui le pousse à le faire. Clairement, notre tueur se déresponsabilise de ses actes, ce qui l’amènera ainsi à nous raconter quelques anecdotes traumatisantes de son enfance pendant ses meurtres. Brutal, froid, Schizophrenia est un film de psychopathe qui reste particulièrement sobre, ne cherchant visiblement pas à créer le sentiment chez le spectateur (ou plutôt, qui contrecarre chaque tentative de compassion pour le passé du tueur par ses actes irréfléchi et profondément révoltants (car gratuits)). Il nous conte son histoire en restant le plus neutre possible, à l’image de ses fréquents travellings en grue (il y a a énormément ici, trop pour ne pas y voir un procédé) qui prennent de la distance avec le tueur, nous éloignant à plusieurs moments de l’action sans interrompre le fil des pensées de notre personnage. Le film se montrera même surprenant en affichant quelques traits d’humour particulièrement noir (la mamie décalquée contre le mur en fauteuil roulant), sans toutefois aller au-delà de ce genre d’excès. Complètement amoral, le film n’en conserve pas moins un rythme particulièrement efficace, le film se suivant quasiment en temps réel avec un sens du cadrage dynamique qui laisse pleinement le spectateur « apprécier » l’action en cours. Trash dans ses mises à mort, finalement gratuit (mais ce reflet de la folie n’est-il pas rendu plus logique par cette fin abrupte et sans morale ?) et cynique (il faut un nouveau drame pour que l’on reconnaisse enfin le psychopathe qui est en lui), Schizophrenia est servi par des acteurs qui jouent sobrement leur rôle à l’exception du personnage principal, qui grimace un peu trop par moments, mais qui reste plutôt crédible dans ce rôle de serial killer. Le portrait est convaincant, le film est fonctionnel, le message est laissé à votre aimable réflexion. On retiendra surtout de ce film une œuvre trash qui réussit à bien placer son public dans l’action sans pour autant l’inciter à prendre parti. Le film efficace.

 

4.5/6

1983

Réalisation : Gerald Kargl

avec Erwin Leder

 

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSbHWLLIuoj2W7kVIcUJiK2t1FNl_A7sBQAgg6PDVFz19dKh352-wxKJBMuig

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commentaires

Leatherface 25/11/2011 19:04

Moi les réputations après avoir vu Avatar, ça va aller... ^^

voracinephile 25/11/2011 19:57



Tsss... Schizophrenia n'a pas pour prétention de redéfinir le monde du serial killer... Et la technologie qu'il utilise sert surtout à obliger le spectateur à prendre du recul par rapport à
l'action. Nan sincèrement, même si le film a tendance à être oublié, il a été source d'inspiration pour le génie Noé.



Leatherface 24/11/2011 11:43

Toujours pas vu alors qu'il est à ma disposition. Pas persuadé de trouver un "trou" pour le caser ces prochains jours... mais bon, vais bien le voir à un moment ou un autre et pourrai comparer ça
avec MES classiques du genre ;)

voracinephile 25/11/2011 17:10



Certes, je trouve maniac plus impressionnant, mais si on rajoute Henry à la liste, on a un trio de film plutôt costauds pou ce qui est de l'exploration du quotidien d'un psychopathe. Je te
conseille vivement de t'y intéresser, car sa réputation est plutôt flatteuse.



alice in oliver 15/11/2011 23:51


de rien pour le compliment ! C'est totalement mérité !


alice in oliver 15/11/2011 22:31


Il faudrait que je le revoie mais il m'avait assez impressionné à l'époque. J'ai le souvenir d'un film particulièrement trash. Ce que confirme ton excellente chronique


voracinephile 15/11/2011 22:45



Ah, il faut lui reconnaître qu'il est impressionnant, autant par son immersion que par la technique qu'il utilise (le film est chiadé et ça se ressent fortement, la moitié des plans survolant le
tueur, presque aussi volante que dans Enter the void (en plus modeste quand même). Oh, merci pour le compliment ^^ ! Excellente, c'est vraiment beaucoup pour ce petit aperçu que j'espère fidèle à
l'esprit du film. Un cas très intéressant qui en a interpellé plus d'un (dont ce cher Gaspar !)



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