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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 19:38

http://klaxxon-torrents.735129.n2.nabble.com/file/n2473668/Seed_Custom-%5Bcdcovers_cc%5D-front.jpg

 

Parlons maintenant, pour changer, d’un autre film de Uwe Boll : Seed. Un film qui se situe dans la période charnière de Uwe, puisqu’il commence pendant cette période à réaliser des films plus personnels, tout en honorant les commandes qu’il reçoit (le désastreux Bloodrayne 3). Après un Stoic raté (car au final, on est tellement peu impliqué par le film qu’on s’en fout un peu), mais montrant déjà une volonté de la part d’Uwe Boll de se confronter à des drames humains sérieux (ici le suicide en prison), Boll se lance dans Seed, un film vraiment malade qu’il a souhaité le plus malsain possible. Et ses ambitions, si elles ont été mal servies par un style toujours trop DTV (montage épileptique, caméra à l’épaule tremblotante…) et une censure qui a vraiment freiné le malsain du film (si un director’s cut sort, il se pourrait bien que j’en reparle), Uwe parvient à montrer toute la rage qu’il éprouve en face du problème de la peine de mort.

L’histoire : Seed, un psychopathe particulièrement glauque, attend dans le couloir de la mort. Le jour de son exécution, malgré trois tentatives, le condamné est toujours vivant (mais dans le coma). Le directeur de la prison décide alors de l’enterrer vivant.

 

http://s.tf1.fr/mmdia/i/90/2/3656902grpuc.jpg?v=1


Boll souhaitait faire un film nauséeux, il a réussi son pari. Avec Schramm, il doit être l’un des films de psychopathe les plus trashs qui existent à ce jour. Notamment avec un concept très simple : celui des plans séquences montrant des corps organiques pourrissant. Le passe-temps de Seed, c’est de faire ce genre de vidéo, montrant d’abord des légumes pourrissants, puis des animaux pourrissants, avant de passer aux hommes. Véritable malade qui n’a rien à envier à Leatherface, il est finalement arrêté par la police et condamné à mort. Sa détention  se passe assez mal, les gardiens ne cessant de le harceler. Puis viendra enfin l’exécution, ratée pour des raisons de vétusté de la chaise, mais enterrée par le directeur, qui souhaite en finir définitivement avec le problème. Il fait alors pression sur le docteur pour que Seed soit déclaré décédé, et le fait enterrer vivant alors que ce dernier est dans le coma. Une décision aussi absurde que la loi déclarant qu’après trois essais de peine de mort infructueux, le détenu peut être gracié. Seed finit par revenir à lui et parvient à s’échapper de la prison, décidant de se venger de ceux qui l’ont capturé et condamné à crever dans un trou. Voilà un synopsis conséquent, que Boll exploite certes pour critiquer la peine de mort (les détenus sont du côté de Seed), mais avant tout pour faire du trash. C’est là que le film se perd un peu, car si ses ambitions politiques étaient claires au début du film, ce dernier s’en déleste dans sa seconde moitié, s’attachant à suivre la vengeance de Seed à la fois sur ses bourreaux, mais aussi sur le flic honnête qui l’a capturé et sur sa famille. Si on sent que la censure a coupé dans le vif des scènes bien glauques, il reste un gore malsain que n’aurait peut être pas renié Rob Zombie, et un des finals les plus nihilistes qu’on ait pu voir pour un film de cette trempe. Je pense qu’Uwe Boll s’est tout simplement laissé aller pour la conclusion de son histoire, qu’il a essayé de rendre la plus trash possible afin de bien marquer les esprits. Le message sur la peine de mort étant clair, la fin aurait été plus un moyen de se souvenir du film de façon indélébile. Un procédé racoleur qui ne porte pas vraiment ses fruits (on part juste dans une vengeance immorale), mais qui contribue à épaissir l’ambiance du film, qui doit être clairement le plus nihiliste de toute la filmographie d’Uwe Boll (Amoklauf est de la petite bière à côté). Un trip profondément malsain et torturé, qui montre une fois de plus que Boll est en train de s’essayer à autre chose avec un sérieux inébranlable. Avec des interprètes plutôt impliqués (dont une Jodelle Ferland qui fait plaisir au milieu de toute cette glauquerie), c'est un film mineur qui reste toujours intéressant à voir, au moins pour se rendre compte que Boll évolue. Mais l'interdiction aux moins de 16 (ou 18, je ne sais plus) n'est pas usurpée.

 

3/6

2007
de Uwe Boll
avec Will Sanderson, Ralf Moeller

 

http://www.kinomorgen.de/dateien/14386.6.jpg

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commentaires

alice in oliver 08/11/2011 13:26


oui, ça a l'air bien malsain !


Voracinéphile 17/10/2014 01:45

Oui, c'était bien cette conclusion. Ultra glauque dans son genre et sa gratuité. Cette soif de noirceur m'avait impressionné, mais elle ne mène ici à rien, dommage que Boll n'ait pas réussi à la canaliser.

zq 09/10/2014 15:30

la fin : seed va laisser la fille manger son père & la laisser pourrir après?

voracinephile 08/11/2011 13:33



Oui, ça se voit. C'est peut être disproportionné comme comparaison, mais la violence sèche du film rappelle un peu le style de Rob Zombie.



alice in oliver 08/11/2011 11:36


pareil: pas vu ce cru de Uwe Boll mais il faut que je le voie !


voracinephile 08/11/2011 13:06



Après, il est plus bancal que les films que j'ai précédemment critiqués, mais il impressionne clairement par moments, tant il est sans concessions (les 10 dernières minutes font partie des plus
noires que j'ai pu voir dans les films de psychopathes).



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