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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 17:14

http://www.vizyonfilmseyret.com/filmresim/urperti.jpg

 

A une lointaine époque, en pleine découverte de la filmographie de Cronenberg, la recherche d’un certain Shiver (une bisserie ma foi sympathique), je suis tombé par sur un autre film du même titre, mais espagnol, et dont le titre original se révèle être Eskalofrio. Un film sans prétention, vendu comme un film de vampire mais se révélant être un produit complètement à part, plutôt réaliste (même si leur créature bénéficie de quelques effets spéciaux) et misant sur des adolescents investis et tout à fait convaincant. Un anti-twilight qui n’hésite pas à rentrer dans le lard avec quelques effets gores, et qui se révèle être une excellente bande horrorifique pour adolescents (si toutefois ils tolèrent de stresser un peu, certaines scènes pouvant dépasser un peu du cadre - 12 ans).

L’histoire : Santi est un adolescent qui souffre de photophobie (sa peau ne supporte pas l’exposition aux UV). Il déménage alors avec sa mère dans un bled peaumé dans le nord, où l’exposition solaire est assez réduite. Mais dès son arrivée, plusieurs attaques de bêtes sauvages sont relevées dans les troupeaux du coin. Et quand un adolescent meurt, Santi est rapidement suspecté.

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/images_film/17815/eskalofrio_3.jpg

 

Le postulat de départ est assez intéressant, vu que les similitudes avec Twilight sont particulièrement claires. Seulement, c’est le protagoniste principal qu’on va prendre pour un vampire alors qu’il n’en est pas un. Il est en tout cas une créature de la nuit, qui dort le jour et ne peut sortir qu’une fois le soleil couché. L’exposition de son caractère est plutôt réussie, parvenant à nous poser un adolescent mature, solitaire et sympathique dans les grandes lignes. Un original marginalisé par une santé fragile en somme. Et un déménagement dans une région plus froide pourrait lui permettre de retrouver un peu la pêche. Santi et sa mère s’installent donc dans une vieille maison de campagne, plus habitée depuis un an. L’intégration au lycée n’est pas facile, mais bon, il faut passer par là. Au moins, le film évite de trop s’attarder sur les clichés du genre pour nous mettre rapidement dans le bain, avec assez vite l’attaque d’un mouton, retrouvé éventré par le berger. Bizarre. Puis bientôt, c’est un camarade de classe qui se retrouve poursuivi par une étrange créature (qui reste toujours camouflée dans les parterres de fougères). Désireux d’aider, Santi participe à une petite traque entre étudiants de la mystérieuse créature, mais celle-ci les surprend sur le chemin du retour, et un des adolescents fini saigné à blanc. Un deuil pour la communauté campagnarde et le début des problèmes pour Santi, qui doit maintenant composer avec les soupçons des autres lycéens et les interrogatoires de la police. Et le script de nous aiguiller peu à peu vers des directions inattendues, délaissant peu à peu le fantastique pour retourner à une sorte de variante de (SPOILER : l’enfant sauvage FIN DU SPOILER). Toujours est il que le film promettait du vampire alors qu’il est plus complexe que cela (et ça, on aime !). D’ailleurs, le film n’hésitera pas plusieurs moments de bravoure, dévoilant intégralement sa créature dès la 40ème minute, nous offrant une scène de home invasion plutôt stressante, vingt minutes de traque en pleine forêt avec des pièges à l’appui (même si l’usage de la caméscope en mode vision nuit faisait très peur de prime abord (et pas dans le bon sens du terme)) et un dernier acte énervé avec des campagnards rebelles. L’intrigue en elle-même est assez intéressante, dévoilant ses ingrédients au fur et à mesure avec un certain sens du rythme qui permet de ne jamais s’ennuyer. Mais la vitalité espagnole du film se ressent surtout au niveau de ses personnages. De sa peinture assez juste d’une adolescence marginale au portrait d’une mère de famille célibataire confrontée à l’hostilité des villageois, le film réussit à rendre tous ses personnages crédibles et à nous attacher à leur sort, ce qui n’était pas vraiment gagné d’avance au vu du matériau. En cela, Eskalofrio se révèle être un film d’épouvante adolescent très réussi et relativement ouvert au grand public, pour peu que celui-ci tolère de frissonner quelques minutes en découvrant une histoire qui parle d’autre chose que le dépucelage de ses protagonistes. Une perle rare.

 

4.8/6

 

2007
de Isidro Ortiz
avec Junio Valverde, Mar Sodupe

 

http://www.whatsyourbeef.net/wp-content/uploads/2011/11/eskalofrio-1b.jpg

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

alice in oliver 24/05/2012 19:18

j'en prends bonne note en tout cas

alice in oliver 24/05/2012 11:28

alors là, connais pas ! Mais ce film m'intéresse tout particulièrement !

voracinephile 24/05/2012 18:34



En effet, un film sorti dans l'anonymat le plus total, et qui pourtant se révèle doté d'une belle mise en scène et d'une histoire pour le moins stimulante. La créature est plutôt réussie
d'ailleurs, et les acteurs s'n tirent bien.



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