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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 10:27

ShogunsSadism_ver2.jpg

 

INTERDIT AUX MOINS DE 18 ANS

 

Un peu d’exploitation japonaise aujourd’hui avec Shogun Sadism. Agora l’évoquait déjà, mais on peut rappeler que l’expansion du christianisme, comme souvent avec les jeunes religions, ne s’est pas faite dans la paix. Agora tapait sur leur intolérance des autres cultes, et un péplum comme Quo Vadis (partisan donc) s’attachait surtout à montrer leur message pacifiste et les tortures qui leur étaient infligées. Et bien Shogun Sadism, il ne se prend pas la tête avec toutes ces conneries théologiques (excusez l’expression, mais il faut se mettre dans l’ambiance). Lui, le chrétient, et bien il le fait crier, il le fait chialer pour ses convictions, et cela avec un manque de tact tel qu’il est difficile de ne pas rire pendant la séance…

L’histoire : l’expansion du christianisme au Japon, combattue par un Shogun particulièrement cruel qui se fait un devoir moral d’éradiquer la perfidie occidentale.

 

http://www.horror-extreme.com/Content/images/shoguns-sadism/asian-horror-oxen-split-torturing.jpg

 

Vraiment, assez amusant spectacle que ce Shogun Sadism, qui décide d’entrée de jeu de jouer la carte du film choc à grand renfort de séquences de torture. On commence par de l’ébouillantage vivant, de la pendaison brutale, de la crucifixion, du brûlage sur un bûcher… Vraiment, les chrétiens bénéficient de traitements de faveurs à faire rougir d’amateurisme les inquisiteurs de The Devils. Dans ce climat de traque, la communauté chrétienne naissante, menacée, fait profil bas et tente de survivre en ne cessant de voyager dans le pays, tout en répandant la bonne parole de notre Seigneur Jésus. Mais gare à ceux qui se font chopper, car dans ces cas là, le Shogun se fâche tout rouge ! Le Shogun, c’est un japonais souffrant d’un léger embonpoint et d’un âge avancé, qui passe l’intégralité du film à gueuler d’une voie éraillée qu’il faut exterminer les chrétiens, qui sapent l’autorité et qui sont d’une faiblesse méprisable. Entre deux bouteilles de saké qu’il s’envoie dans le gosier à grand renforts de bruitages démesurément forts, il commande les exécutions à tour de bras, et se délecte du spectacle de la mort. Jusqu’à ce qu’au cours d’une exécution, il se prenne de fascination pour une chrétienne assez belle, qu’il décide de prendre pour maîtresse afin de briser son caractère et sa foi. On se retrouve alors en plein récit digne d’un marquis de Sade, où notre représentant du pouvoir ne cesse d’infliger des humiliations à sa jolie victime qui endure complaisamment et à grands renforts de gémissements surjoués tout ce que le shogun a concocté pour elle. La séquence viol est à ce titre un régal de comique involontaire, entre la chrétienne japonaise qui gémit entre le plaisir et la honte, et le shogun gesticulant sur son corps en lui postillonnant des insanités avec sa voix rocailleuse. Mais ce n’est pas tout, il faut vraiment la briser, cette chrétienne. Dans ce but, le shogun organise l’exécution publique des parents de la fille, eux aussi chrétiens. Et là, c’est un florilège de voyeurisme et de pathos qu’on nous envoie à la face. Entre la chrétienne qui supplie le shogun d’arrêter pendant que ce dernier rit d’une façon clairement exagérée, les parents, crucifiés, se font percer de toutes parts à coup de lance. Et pendant ces saillies bien gores, ils ne cessent d’exhorter leur fille à garder la foi, à rester dans la vérité. C’est une vision tellement outrancière du martyr qu’il est impossible de la prendre au sérieux, tant  les souffrances infligées empêcheraient les chrétiens de proclamer leur foi. Mais ici, même avec 5 lances dans le corps, ils continuent à gueuler de tous leur poumon que tout va bien, qu’ils sont heureux ! Limite ils en redemandent à leurs bourreaux ! Et comme le suicide est proscrit par la religion chrétienne, le Shogun est assuré que notre chrétienne va tout endurer jusqu’à la fin. La seconde moitié du film s’attache au sort d’un soldat qui sent peu à peu l’éveil de la foi qui naît en lui, et qui finit par s’enfuir du palais avec la concubine chrétienne du Shogun. Une sympathique histoire de conversion, mais le réalisateur s’en moque. Il ne veut pas trop s’arrêter sur le message moral, il veut surtout faire pisser le sang. L’occasion d’un final très gore où nos chrétiens finissent en morceau. Conclusion ? Et bien on n’a pas appris grand-chose d’historique ni sur les chrétiens (si, ils sont faibles parce qu’ils n’ont pas le droit de se suicider, et ce sont des victimes en puissance, mais j’apporte un certain crédit à ce dernier fait), mais on a beaucoup ri devant cette surenchère gore, dirigée par un acteur japonais braillard qui gueule de toutes ses tripes pour bien montrer qu’il est un méchant digne de Sade ! Un sympathique divertissement d’exploitation donc, relativement peu intelligent, rare, et surtout drôle.

 

3,5/6

 

1975

de  Yuji Makiguchi

avec  Takuzo Kawatani, Maki Tachibana, Yuzuke Kazato

 

oxen-split-torturing-7.jpg

"Je ne cèderai pas à la violence ! C'est l'arme des faibles !"

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commentaires

Vince12 13/03/2013 18:30

Oui je vois le genre, un bon petit film d'exploitation asiatique dans la tradition du gore.

voracinephile 14/03/2013 09:40



Ni plus ni moins ^^



Vince12 13/03/2013 14:19

Je le connais de réputation ça a l'air intéressant.

voracinephile 13/03/2013 18:27



Je ne sais pas si intéressant est le bon mot... Jouissif, c'est déjà un peu mieux. Franchement, il n'y a aucun scénario dans ce film. C'est juste pour voir des chrétiens se faire couper en
deux... Mais cette vision de la Foi, d'une stoïcité inhumaine (genre tu m'ouvres en 2 mais je ne te cèderai pas !), m'enchante vraiment, c'est le genre de chose que j'apprécie. Mais la vision des
chrétiens est tellement réductrice (en gros, ils sont là juste pour servir de victimes) que mon enthousiasme s'arrête là. C'est du film gore, point à la ligne.



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