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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 06:45

http://www.thenewgamer.com/img/screens/silent_hill_film_roundtable/1.jpg

 

Après le Pacte des Loups, Christophe Gans s’est attaqué à un projet quasi suicidaire : réussir à adapter Silent Hill au cinéma. Fan du jeu lui tombant dessus, Christophe avait donc du pain sur la planche, d’autant plus qu’il pioche des éléments de différents jeux pour faire son film, et qu’il remplace le père du jeu par une mère (ce qui implique des réactions émotionnelles dans un registre assez différent de celui des jeux). Cependant, on avait déjà un indice sur la qualité du film : Christophe avait réussi à convaincre les réalisateurs du jeu de le laisser faire l’adaptation de leur univers.

L’histoire : Sharon, la fille de Rose et Christopher, est sujette à des crises de somnambulisme où elle parle de Silent Hill, une ville fantôme construite sur une mine de charbon qui se consume petit à petit. Rose décide d’emmener Sharon sur place afin de mettre un terme à ses crises, contre l’avis de son mari. Mais une fois sur place sa fille disparaît, et elle se retrouve à errer dans une ville pleine de monstres.

 

gimage.php.jpg


Niveau ambiance, on a rarement fait aussi fort en termes d’adaptation de jeux vidéos. N’ayant pas encore testé ces derniers, je ne pourrais faire la comparaison avec le contenu des jeux. Toutefois, certaines séquences reprennent certains cadrages du jeu (on pense surtout à la première séquence dans le noir qui adapte parfaitement ce premier contact avec le monde déviant de Silent Hill). Certaines séquences du jeu sont donc respectées, mais le film ne perd jamais de vue son sujet, et tente même de l’enrichir. Déjà en posant bien les bases d’univers parallèles dans lesquels évolueront nos personnages. Rose évoluera dans au moins deux univers parallèles : la ville figée de Silent Hill dans lequel elle effectue la quête de sa fille et le plan Infernal où les monstres se comptent par dizaines et où survivre est une priorité absolue. Christopher restera dans le monde que nous connaissons, ne pouvant avoir accès qu’à la partie émergée de l’iceberg. Toutefois, c’est par lui que nous en apprendrons plus sur le passé d’Alessa Gilsbie, la mère de Sharon (plus tard adoptée par Rose et Chris), ce qui constitue un parti pris assez osé, car nous faisant sortir de l’univers de Silent Hill et l’ancrant plus dans le réel (alors que le jeu s’inscrivait purement dans le fantastique qui se déconnectait totalement de la réalité). Pour la partie fantastique, Gans filme le parcours de son héroïne comme une chasse au trésor, en ponctuant son parcours d’indices et d’objets qui lui permettent d’évoluer dans la ville et de retrouver sa fille. Cependant, le procédé n’est pas toujours honnête, la quête sonnant bientôt comme un peu répétitive (la mère courant en criant « attends » à une gamine attifée comme sa fille à plusieurs reprises). N’aurait-il pas été plus intéressant de faire chercher à son héroïne, parallèlement à sa fille, comment sortir de ce cauchemar ? Toujours est-il qu’on circule en ville en faisant des détours et en découvrant le passé de la cité et des derniers habitants qui survivent encore dans ses cendres.

 

http://www.mondesetranges.fr/IMG/jpg/Silent_Hill_3.jpg

 

Sur le plan des décors, Silent Hill est une pure merveille, la direction artistique étant tout simplement impeccable. L’univers est ultra cohérant dans son délabrement, les décors sont admirablement choisis et filmés, et permettent d’installer une ambiance oppressante et assez angoissante, les monstres survenant ainsi sans qu’on les attende. Leur design est lui aussi parfaitement dans l’esthétique torturée du film, à grand renfort d’insectes monstrueux et de démons graphiquement stylisés (tête de pyramide, infirmières…) qui se révèlent être un vrai bonheur pour les yeux. Christophe pousse le perfectionnisme jusqu’à modifier subtilement la couleur des vêtements de son héroïne, qui changent imperceptiblement de couleur au cours du film, collant ainsi à l’ambiance et tendant peu à peu vers le rouge. ENOME SPOILER : Le film n’oublie pas non plus les dérives psychologiques des survivants de cet enfer, et se révèle vecteur d’un propos incendiaire sur les fanatiques religieux, ultra manichéens ici, et prisonniers dans un enfer qu’ils ont involontairement créé. Un propos très noir, qui trouvera sa conclusion dans une scène de carnage monumentale et jouissive au possible (jamais les barbelés ne se seront révélés aussi efficaces), qui conclura avec ampleur cette histoire au fantastique si particulier. L’épilogue est quant à lui amer, refusant de nous livrer un happy end, isolant nos héroïnes et brisant la cellule familiale initiale, ce qui n’est pas sans cruauté, la famille étant réunie dans la même pièce, mais étant incapable de se voir car sur des univers différents. FIN DES SPOILER.

Slient Hill, c’est donc un projet colossal, un film monstrueux dont le visuel est à tomber, qui souffre d’une narration un peu trop linéaire pour divertir à fond sur deux heures durant, mais qui se révèle dans tous les cas compréhensible (on m’avait dit que le film était difficilement compréhensible la première fois, c’est faux), et jusqu’auboutiste dans son propos. Les interprétations des acteurs étant excellentes (Sean Bean sobre, Tanya Allen n’est pas toujours au top mais elle sait rester convaincante dans les séquences fortes, et Jodelle Ferland constitue une vraie révélation, jouant 3 rôles différents avec un certain talent, même si son interprétation du Diable n’est pas sans léger cabotinage). Un film fantastique de cette trempe, il y en a suffisamment peu pour qu’on se permette de crier au chef d’œuvre. Une révélation en ce qui me concerne.

 

6/6

 

de Christophe Gans
avec Radha Mitchell, Sean Bean

 

http://1.bp.blogspot.com/_0AuvulXE7Cw/TNbXO3kp8FI/AAAAAAAAA4k/qAJTR8U9ywA/s1600/D56_307R.jpg

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commentaires

duncan 20/07/2011 14:15


J'ai d'ailleurs revommandé le 2 recemment sur Xbox,la version de cette console ayant un scenario en plus.
C'est toujours aussi grandiose.
Sinon,les meilleurs episodes sont le 1er,le 2eme et le 4eme,le 2 etant le meilleur et le plus choquant.
Tu peux te passer de “Origins“,“Shattered Memories“et de l'immonde “Homecoming“,qui est fait par un studio américain et qui est tout sauf choquant.
Le 3 est bon,mais trop axé action et a une fin pourrie.
Tu peux te passer aussi des versions pour mobiles,incomprehensible.


voracinephile 20/07/2011 15:15



C'est bon, tu m'as convaincu, je m'essayerai au 2 dès que possible !



duncan 20/07/2011 13:21


L'heroine s'inspire du personbage du 3eme,Pyramide Head dort du deuxième,il est l'incarnation “humaine“ de la pitié,du pardon,du viol et bien sur de la mort.
D'ailleurs,chaque monstre de la saga s'inspire d'un acte immonde dans le 2eme,ce que les autres épisodes oublient,a par le 4eme,completement sous-estimé et grandiose.
Le premier monstre que l'on rencontre dans le 2eme est la representation des sentiments de culpabilité que l'on ressent,d'ailleurs,il represente un
humain enfermé dans une sorte d'armure de chaire.
Un autre represente l'inceste,avec un monstre avec un corps d'adulte et des
jambes d'enfants,separé par une sorte de cadre qui cache en outre la
pénétration et les deux corps qui ne font qu'un.Et un autre exemple,dans le
4,lors de la scène du penitencier où des enfants sont torturés et sequestré,on trouve des ecrits d'enfants sur le mur,ecrit avec du sang exetrement troublant,ensuite nous boyons un monstre avec
deux tête d'enfant,ce qui sous entend qu'on forçait les enfants à avoir des rapports sexuels entre eux.
Le film en lui-même est tres reussit,mais passe a coté de nombreuses thématiques tres malsaines,a part pyramide head qui est bien mis en valeur dans le film de gans.


voracinephile 20/07/2011 14:04



Merci pour toutes ces infos sur la mythologie de Silent Hill, on y voit déjà plus clair (même si la métaphore de Tête de Pyramide m'échappe toujours un peu)... Intéressant bestiaire que tu nous
décris là, il faudra que je joue à Silent Hill 2 pour l'occasion, car j'ai perdu un peu espoir de le trouver en magazin, le jeu étant vraiment vieux... En tout cas, mieux vaut t'avoir comme guide
dans cet univers, qui me semble bien plus tordu que le film ne le laisse penser. On verra maintenant ce que vaut la suite de Bassett !



Ze Ring 20/07/2011 11:38


Tete de Pyramide sort du 2, me semble t-il.
Et tu rigoles? Silent Hill est, avec Condemned, certainement le survival-horror le plus violent de tous les temps. Un niveau de violence similaire dans le film aurait été nécessaire, le niveau de
violence qu'aurait pu offrir un mec comme Balaguero aurait été suffisant (Voir REC... Ca c'est un réalisateur de films de genre hardcore.) avec Gans, de ce point de vue c'est un peu pourri : il ne
s'agit pas d'être à l'aise avec le gore, mais quand t'as une scène du niveau d'intensité de celle ou Tete de Pyramide depèce la gonzesse devant l'église, tu la mènes jusqu'au bout pour préserver
cette intensité au lieu de la dilapider.


voracinephile 20/07/2011 13:06



Encore une fois, je n'ai pas joué aux jeux (mais j'ai vu à quoi ressemblait le premier niveau du 1), je parle seulement du film, qui vit nettement plus par son univers stylisé que par la violence
qu'il contient. Je ne connais pas Condemned en revanche, il faudra que je m'initie.


Intéressante idée pour Balaguéro (dont on a pu mesurer la passion pour Silent Hill avec Fragile), mais je pense que je lui préfèrerai toujours la mise en scène classe de Gans, Jaume ayant une
tendance clippesque parfois un peu agaçante (les flashs de la gamine dans La secte sans nom). On imagine qu'il en aurait pas mal fait avec Jodelle Ferland. Peut être lui confiera t on la
réalisation du troisième opus (maintenant que Michael J Bassett est aux commandes du 2). On espèrera juste que ses suites resteront cohérentes en se déchaînant un peu plus dans la violence (on a
vu pire niveau enfer...)



Ze Ring 20/07/2011 11:15


Pas revu depuis la sortie ciné mais comme Oliver je suis mitigé...
C'est quoi cette manie de couper toutes les scènes qui déchirent avant leur aboutissement? (Par exemple, la scène ou Tête de Pyramide (monstre issu du jeu au passage, jeu qui m'a filé de grands
moments de frousse lorsqu'a l'age de 6 ans je regardai mon frère y jouer) défonce la gonzesse devant l'église, pourquoi avoir coupé? Fallait aboutir cette scène.) Et puis les passages avec le père,
bien que capitaux, constituent d'importants taux morts...
Alors oui certes le film est magnifique mais ces deux défauts parmi tant d'autres, sans compter le fait que jamais une seconde le film n'égale l'ambiance glauque et flippante du jeu (mais ça on s'y
attendait, c'est Nakata ou Balaguero qu'aurait du le faire ce film), m'empêche de crier au chef d'oeuvre...


voracinephile 20/07/2011 11:31



Pas mal de gens mitigés face à cette adaptation...


Aha, son nom, c'est donc Tête de pyramide... Je crois qu'il sort de Silent Hill 3, mais je n'y ai pas joué. Je crois qu'il coupe un peu les scènes violentes parce que Gans n'est pas très à l'aise
avec le gore,  je pense. Le Pacte des Loups reste relativement peu gore, et Gans a l'air clairement de préférer la mise en scène classe à du glauque poisseux. Silent Hill, c'est vachement
visuel et chiadé, mais au final, y a pas tant de faux plis, de trucs qui dépassent... C'est cohérent, et ça reste cohérent comme univers graphique jusqu'au bout, en évitant de changer de
registre. La fin et ses barbelés par exemple, on insiste à peine sur le gore. C'est surtout du sang un peu partout, mais pas tant de détails crades (la mort de Christabella en est un bel exemple,
sa mort étant vicieuse, mais vue de loin, cadrée pour ne pas montrer les blessures...). En terme d'ambiance, je veux bien croire en revanche que le film est en deça du jeu (la scène des toilettes
ne fait pas peur par exemple), mais la direction artistique du film est tellement phénoménale (j'irais jusqu'à dire dantesque) que j'ai été émerveillé devant un tel travail sur un film
fantastique (ce qui est quand même rare).



Yuffie-chan 18/07/2011 20:21


Je n'ai jamais joué aux jeux mais je connais leur ambiance. J'ai trouvé ce film compréhensible, même pour une première vision et même si on n'a jamais touché à une console. Le côté graphique est
vraiment travaillé, nous sommes, comme tu le dis, plongés dans 3 réalités (la ville, les monstres, et le "véritable" univers).
Le rythme est assez lent, et c'est juste ce que je reprocherai au film, car moi j'aime bien quand ça bouge (mais je précise quand même que le jeu est à la base un survival et qu'il est donc normal
qu'on n'ait pas de l'action dans toutes les scènes^^). Certains moments sont oppressants, et franchement, j'ai adoré le passage avec les infirmières. De même, la scène où l'on voit les ravages du
fanatisme religion est aussi assez dégueu' et tendue.
Bref, un film sympa. Je ne saurai dire s'il respecte bien le jeu ou non, en tout cas j'ai passé un bon moment devant.


voracinephile 19/07/2011 12:05



Au final, ton avis s'approche assez du mien. Ce qui m'avait un peu agac, c'est la répétition des procédés, mais l'univers est suffisamment graphique pour nous le faire oublier. Pour une fois
qu'on a une grosse production avec aucunes explosions...


Une adaptation vraiment honnête, je trouve. Les jeux sont à tester, mais je ne m'y suis pas encore frotté.



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