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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 20:31

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Même les années passant, Singin' in the rain reste un classique incontestable du monde du cinéma. Véritable triomphe commercial lors de sa sortie, ce mètre étalon de la comédie musicale a toujours des répercussions de nos jours, l'histoire de The Artist se déroulant à la même époque et possédant plusieurs points communs au film de Gene Kelly (physiquement d'ailleurs, la comparaison est possible, Dujardin étant une version plus expressive de Gene Kelly). Mais le chef d'oeuvre a-t-il vieilli ? Et vu que la réponse est oui, est-ce en bien ? A la fois oui et non.

L'histoire : dans le Hollywood des années 30, le cinéma est en effervescence avec l'apparition du cinéma parlant. Les stars du milieu snobent d'abord la technique avant de devoir s'y mettre sérieusement. Lord Lookwood, coqueluche des publics avec sa fiancée attitrée Lina Lamont à la voix agaçante, tente lui aussi de se mettre à la page.

 

http://4.bp.blogspot.com/-aqQz3k9yk_w/UAxxjUOLo3I/AAAAAAAALEg/e_q3Hwu5oQk/s1600/singing-in-the-rain-1.jpg

 

Ouh la ! Jamesluctor fait son révisionniste ! Sortez les pics et les fourches ! Sans pour autant tirer à boulets rouges sur le bestiau, forcé l'on est de reconnaître qu'il a vieillit. Parfois en bien mais aussi en mal. Si l'introduction est plutôt sympathique pour le côté "célébrité à l'ancienne" avec des manteaux de fourrure et des manteaux tout sauf pratiques, Gene Kelly prouve immédiatement que si il possède un charisme et un potentiel comique certain, il n'est pas toujours utilisé à bon escient. Ainsi, le passé de Lord Lockwood, sensé être iconoclaste, ressemble aujourd'hui à une aimable pocharde, dont l'humour poli annihile complètement la portée critique sur les intermittents du spectacles attendant l'opportunité. Il faut en tout cas reconnaître les performances des acteurs dans le domaine du chant et de la dance, chaque numéro faisant preuve d'un grand travail de chorégraphie. L'humour est fluctuant, parfois vraiment sincère (le non sensique "Moses supposes" est un régal), et parfois daté, volontairement ou involontairement. Je pense notamment au fameux "make them laught", rendant hommage à l'humour des années 30 dans un numéro de danse survolté où tous les gags du muet y passent. Peut être que le ton se moque de cet humour vieillot, mais pas un gag de la séquence n'est vraiment drôle, elle se suit sans grande passion. Il en va de même pour le gag de répétition avec le micro, à la longue passable. Mais l'humour pendant la projection du film muet est une merveille. Une très habile scène qui résume à elle seule toutes les difficultés technique des débuts en nous offrant une hilarante séquence aux bruitages survoltés. De même les échanges entre LockWood et Kathy Selden sont frais, plutôt naturels pour la romance qui s'installe, alors qu'aucun effort n'est fait du côté de Lina, qui reste officiellement la biatch du film de l'ouverture jusqu'au générique. Des moments mémorables, il en reste quand même plusieurs qui marquent le film. Je pense notamment à l'envoutante scène de danse dans le décor de casino, capable de céder à une poésie inattendu (le magnifique duo au tissu flottant dans l'air). La présence d'un Donald O'Connor plutôt en forme question humour vient relever le tout, formant un couple masculin avec Kelly totalement réjouissant avec leur numéro de pitres. La fameuse scène donnant le titre au film, Gene Kelly pataugeant joyeusement sous la flotte en chantant, délivre la marchandise, sans pour autant représenter quoi que ce soit de plus. C'est une séquence du film comme une autre, mais bon, on a choisit d'illustrer le titre ainsi. Avec un humour sage qui ne fait pas vraiment dans le virtuose. Toutefois, Singin' in the rain laisse partir le spectateur dans la bonne humeur, l'interface culturelle étant plutôt sympathique (c'est va déjà un peu plus loin que The Artist, mais les défis ne sont pas les mêmes, ce dernier étant muet...). Excellent film conservant son énergie dans les scènes de danse mais parfois un peu vieilli (le gag de la tarte), Singin' in the rain demeure une comédie musicale  riche pour ses idées plutôt variées et ses bons morceaux musicaux, sans pour autant décrocher le titre de chef d'oeuvre sur ce blog.

 

5,5/6

 

1952
de Stanley Donen, Gene Kelly
avec Gene Kelly, Debbie Reynolds

 

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commentaires

princécranoir 05/12/2012 20:48

Pas trop d'accord avec toi Vince. Lourcelles dézingue certains films institués mais conserve toute son admiration pour d'autres grands titres (en bon macmahonien il encense Walsh, Preminger, Lang
mais aussi des films de série B de la RKO comme ceux de Jacques Tourneur). De plus, son pint de vue n'est jamais à l'emporte pièce, toujours étayé d'arguments assez bien vus, avec lesquels on peut
être d'accord... ou pas. Je ne suis pas du tout de son avis sur "Casablanca" par exemple mais je trouve son argumentaire intéressant. Quant à son travail de scénariste, je le connais assez mal. Il
a beaucoup travaillé avec Pascal Thomas semble-t-il (qui n'est pas le plus mauvais des cinéastes français à mon sens) et notamment sur "la dilettante". Pas si mal.

Vince12 05/12/2012 19:16

Pour moi Jacques Dourcelles est un mauvais scénariste et une mauvais critique ou écrivain, souvent prêt à fouler aux pieds des chef d'oeuvres comme tu dit prince pour se faire sa petite réputation
(car franchement quand tu vois la gueule des arguements). dans un style différent ça me rappelle François Forestier qui aime massacrer des chefs d'oeuvres pour jouer les détracteurs plus qu'autre
chose. cela dit on a aussi le droit de ne pas aimer certains chefs d'oeuvres.

princécranoir 05/12/2012 18:45

Je reconnais qu'il est plus facile de tirer sur des ambulances que de déboulonner des statues. Je reconnais là une plume acerbe qui ne cède pas aux acclamations populaires (quoique ...). ça me
rappelle papier de Jacques Lourcelles, éminent critique de cinéma (dont il faut absolu posséder le "dictionnaire du cinéma" paru dans la collection Bouquins, chez Robert Laffont, un beau cadeau de
Noël), qui ne manque pas d'arguments pour fouler au pied des monuments comme "citizen Kane" ou "Casablanca". Par contre il demeure dithyrambique sur ce "singin in the rain" en disant que "au train
où vont les choses, ces titres (il parle de Citizen Kane notamment) auront disparu des listes des meilleurs films alors que Chantons sous la pluie y figurera toujours..."

voracinephile 05/12/2012 23:21



Enfin, là, j'ai lâchement cédé devant la harangue. Difficile de savoir où s'arrête l'auto-critique et où commence la soumission démagogique... M'intéresse, ce Lourcelles, faudra que je vois si
son dico cinéphile est disponible dans ma médiathèque (et il faudra que je vois Casablanca un jour aussi, moi...)



Vince12 05/12/2012 18:38

Ah ça va mieux avec un 5,5. Pour Missouri breaks il se trouve pas cher sur le net. Su tu es motivé par la présence de Brando saute dessus, parce que l'acteur s'en donne à coeur joie. Sa prestation
est presque uniquement de l'impro et au final ça donne un résultat formidable. Un tueur à gages fantasque et sadique sur un ton parodique, déjanté et cynique. Il finit même par évincer Nicholson.

voracinephile 05/12/2012 23:17



Ouf, j'en ai marre de brûler en place public, je met un temps fou à m'écorcher pour changer de peau et m'en mettre une neuve...


Du niveau de Nicholson, carrément ! Diantre !



Vince12 05/12/2012 17:15

Lol prince n'y va pas de main morte. Mais je dois avouer que je pense James que comme prince je trouve ta note assez injuste.

voracinephile 05/12/2012 18:22



Et Vince qui vient remuer le couteau dans la plaie...



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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