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20 avril 2013 6 20 /04 /avril /2013 21:25

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Sinister est un petit film d’horreur qui a relativement fait parlé de lui lors de sa sortie, donnant lieu à un petit débat cinéphile entre les partisans et les détracteurs (les plus nombreux). De l’avis général, il en résulte un film moyen, possédant quelques bonnes idées mais une tendance à la redondance vite lassante, ainsi qu’un dénouement sans aucune surprise. Pour ma part, je trouve qu’on a beaucoup exagéré les défauts de ce cru modeste, qui se révèle bien meilleur que le calamiteux Hellraiser 5…

L’histoire : un enquêteur privé fait emménager sa famille sur les lieux d’un meurtre sordide afin de pouvoir bénéficier de la proximité pour faire son travail. A son arrivée, il trouve une boîte dans le grenier de la maison contenant des films super 8. Ces dernières montrent des vies de familles différentes, qui sont toutes assassinées dans les dernières minutes.

 

Sinister-08.jpg

 

Sinister se présente d’office comme un travail honnête qui essaye d’apporter un peu de sérieux là où des saloperies comme Episode 50 ou Paranormal activity salissent le cinéma de genre. L’aspect found footage avec les bandes super 8 est d’ailleurs réduit au minimum, et se révèle d’ailleurs être un travail d’ambiance ultra efficace, chaque film de famille bénéficiant d’une bande son tétanisante, malsaine pour ainsi dire, qui propulse littéralement au cœur de l’horreur. Or c’est là qu’on sabre le film sur la redondance, les bandes super 8 montrant chacune la même chose, mais en différent, il n’y a que les dates et les lieux qui changent, ainsi que le mode opératoire des meurtres. Jusqu’à ce que l’on découvre, toujours en arrière plan, la présence d’un individu masqué. Jusque là, le film se révèle efficace et original, dans l’instauration de son ambiance et en soignant particulièrement son personnage principal, avide de retrouver sa notoriété passée en résolvant à nouveau l’affaire du siècle, quitte à emménager sur les lieux même d’un massacre avec sa famille. Il est dès lors amusant de pointer les petites justifications que l’homme se donne pour tenter de justifier sa simple condition de profiteur de faits divers, quitte à tâter de la bouteille de whiskey tous les soirs. C’est d’ailleurs dans ce genre de détails que se manifeste le côté religieux du réalisateur Scott Derrickson, qui se manifestait déjà dans Hellraiser 5, quitte à bouleverser la mythologie sado maso pour tenter une mutation vers une personnification de l’Enfer… Il y a bien un aspect moral derrière ce film d’horreur, mais il ne prend pas l’ascendant, il se dilue dans la toile de fond (ce qui se manifeste par des personnages secondaires plutôt droit dans leurs bottes, à l’image des deux flics qui interviendront dans l’histoire). Si le film cultive une excellente ambiance autour des pellicules et que l’on s’oriente peu à peu vers un trip occulte qui mêle sacrifices familiaux et déménagements, le côté un peu ghost story finit par agacer, se manifestant essentiellement par de simples bruits, puis des apparitions spectrales que le film aurait mieux fait de passer sous silence. Trop démonstratives, l’apparition des gamins est bien moins intéressante que celle du boogeyman en question, puisque c’est lui qui est au centre de cette histoire. Toutefois, une fois que l’on connait son nom, dur de le prendre au sérieux (Bagul, ou comment se taper un trip entre amis), et impossible quand on se rend compte que ce qu’on pensait être un masque est son vrai visage. Un petit maquillage en noir et blanc, et on est quitte… Dans le genre, le démon final à moitié raté d’Insidious est nettement plus convaincant. Boogeyman raté donc, surtout quand il est précédé par les enfants … Je passe en ellipse la fin, qui effectivement ne contient aucune surprise autre que le twist final attendant. La dernière minute, sensée être cauchemardesque, ne l’est pas vraiment, gâchée par Bagul qui a rarement autant ressemblé à un gothique un soir d’halloween. Pour un dieu antique, ça craint. Néanmoins, Sinister pose une bonne ambiance de trouille, qui doit beaucoup à l’excellente bande originale composée pour l’occasion. Un petit travail qui vaut mieux que prévu.

 

3,6/6


2012
de Scott Derrickson
avec Ethan Hawke, Juliet Rylance

 

http://static.guim.co.uk/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2012/6/19/1340097520965/Sinister-flickteaser-10-008.jpg

Bagul, le gothique de l'antiquité...

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

borat8 25/04/2013 11:32

Ben c'est là où le 5 est plus amusant car on a beaucoup d'SFX dans les cascades et cela paraît moins artificiel. ça n'était pas arrivé depuis le premier.

borat8 24/04/2013 19:35

Moi c'est plutôt le passage dans la mine qui m'a bien gonflé. On voit vraiment que tout a été fait en studio. Moi j'adore les films de braquage donc c'est du tout bon!

voracinephile 25/04/2013 07:56



Ce passage dans la mine était en effet assez artificiel. Donnez nous des cascades, bon sang !



borat8 24/04/2013 01:15

Moi au contraire j'ai pris plus mon pied avec le dernier qu'avec les quatre autres. Surtout que gamin j'adorais les deux premiers. Depuis j'ai beaucoup plus de mal. Le premier est bourré de faux
raccords (ah Rick Yune qui change de t-shirt dans la même séquence!) et est un banal film policier infiltré comme on en a vu plein. Le 2 est un gros nanar avec un peu trop d'SFX mais qui a le
mérite de beaucoup moins se prendre au sérieux que le premier. Le 3 et le 4 par contre c'est de la grosse purge. Le premier est totalement hors contexte et se révèle franchement risible. Et le 4
ben il est tellement bourré d'SFX qu'on n'arrive plus à croire une seconde que ce qui est à l'écran n'est pas truqué. Avec le 5, on va quand même vers un film de braquage assez amusant, qui ne se
prend pas au sérieux et où les SFX sont vraiment minimes en dehors du final avec le coffre. Le 6 a l'air assez excitant comme le montre la bande annonce et j'irai bien mettre des ronds au cinéma.
En fait, j'ai vu les deux premiers en DVD, le 3 et le 4 au cinéma et comme j'avais été déçu j'avais seulement vu le 5 en BR.

voracinephile 24/04/2013 18:32



Le 2 ne se prend en effet pas au sérieux, c'est ce que j'avais aimé dans cet opus d'ailleurs, on était direct dans le fun. Le 4 a été une séance abrutissante pour moi aussi. La petite voiture qui
fait dérailler un bus de pénitancier sans une seule erraflure, je n'en pouvais plus. Quant au 5, je vais revenir à mes fondamentaux, mais je ne supporte pas les films de braquage. Ca m'ennuie, il
ne se passe rien pendant une heure  et ils essayent de te faire croire qu'il se passe un truc alors que c'est que dalle... Et The Rock fait vraiment pâle figure en face de Vin, pourtant
moins costaud...



borat8 23/04/2013 22:33

Perso je n'ai rien contre le 5 surtout comparé aux quatre premiers. D'autant que le coup du char sur l'autoroute dans le 6 peut être assez amusant.

voracinephile 23/04/2013 22:48



Le 5 est objectivement meilleur que le 3 et le 4. Mais je ne me suis amusé que sur la fin... Pas d'animosité donc, surtout que le 2 a réussi à me divertir. Mais je n'ai aucun espoir à fortiori...



borat8 23/04/2013 20:33

On verra déjà si le 6 tient la route. En sachant que les cocos ont l'air de vouloir faire le 7 très rapidement (dès cet été, c'est ce qui aurait gêné Justin Lin) pour le sortir à la même période
l'an prochain. J'avais fait la critique de Fucking Kassovitz sur Ciné Borat donc oui je sais de quoi tu parle!lol

voracinephile 23/04/2013 21:07



Pas rassurant, tout ça... De toute façon, j'ai décroché depuis que j'ai vu le 5 au cinéma (c'était pendant les débuts de Voracinéphiles, ma première chronique d'Action... D'acc pour Fucking
Kassovitz, je suis en train de le regarder...



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