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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 15:44

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Nous sommes en pleines années 80, et on sent qu’il y a un problème avec les gosses. Des comportements violents adolescents apparaissent depuis les années 50, l’avènement de la culture rock et punk semble se poursuivre… En bref, on sent un déphasage qu’on va illustrer dans des films, histoire de forcer un peu le trait et d’interpeller sur ces problèmes générationnels. Coup de bol, le double programme de ce soir parle de ça. On commence avec Class of 1984 (récupéré depuis un certain temps, mais vu depuis la parution de la chronique sur naveton) et The New Kids, qui traite lui aussi de méchants adolescents. Réalisateurs différents, buts différents, ambiances différentes, mais le contexte est le même, ainsi que l’âge du casting.

 

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Class of 1984 : Je dois avouer qu’à la base, j’ai cherché ce film en croyant qu’il s’agissait d’un Troma tant les costumes et les lieux de tournages me faisaient penser aux habitudes de la firme. Et pourtant, il s’agit d’un drame on ne peut plus sérieux, qui n’a pas dû coûter beaucoup et qui se révèle un peu plus fin qu’il en a l’air. Pour ce qui est du postulat, c’est simple. On découvre avec l’arrivée d’un nouveau professeur un collège difficile, qui est devenu un vrai squat. Les élèves taguent sur tous les murs, ils sont fouillés à l’entrée, beaucoup portent une mode vestimentaire punk et ils sont particulièrement violents. On a droit aussi à quelques excès de prise de drogue et de prostitution (pour payer la drogue), histoire de provoquer un peu plus. Car il est indéniable que Class of 1984 cherche à provoquer, un peu comme Orange mécanique en son temps. Ainsi, l’attitude provocante de certains adolescents de la classe agace rapidement le spectateur, mais on découvre au fur et à mesure qu’ils adoptent sciemment cette conduite (le chef de bande est par exemple très doué dans toutes les matières scolaires, mais il préfère faire la caïra, ça paye mieux et les autres te craignent. La plus grande partie du film tient à montrer l’impuissance des professeurs en face de tels phénomènes, en ayant tendance à les martyriser (ils sont incapables de faire punir les élèves dissidents, et ces derniers se révèlent rarement dociles). A ce titre, on notera dans le rôle des victimes l’apparition d’un Michael J. Fox encore tout jeune à l’époque (et tenant plus du père de Marty Mcfly ici). Nous avons donc un jeu d’escalade de violence qui va aller dans le sens des jeunes pendant une heure (la police ne peut rien faire, les jeunes gloussent et continuent de se livrer à la violence gratuite) avant que le prof ne commence à rendre un peu les coups. Toujours est-il que le résultat, bien que cheap, est assez amusant. La mise en scène outrancière (ce qui ne l’empêche pas parfois de marquer juste : le pétage de câble du prof de bio est à ce titre touchant) a tendance à souligner l’aspect provoc, mais elle ajoute surtout le charme des années 80, jusque dans la bande son qui utilise Alice Cooper comme fer de lance d’une jeunesse débridée. Les 15 dernières minutes tiennent du survival intense, c’est Pekinpah chez les collégiens avec un prof qui n’hésite pas à aller jusqu’au bout. Après, le film a tendance à parfois être trop manichéen : le dernier « coup tordu » de notre chef de bande est clairement là pour le condamner à mort, mais en l’étant, la question qu’il pose est pertinente, d’autant plus aujourd’hui que le problème existe toujours. Un drame burné qui souhaite aller jusqu’au bout et qui ne prend pas de gants pour cela (on a du gore et un nu intégral pendant une séquence). Les années 80 entament un peu sa portée, mais en l’état, il reste assez énervé sur son sujet pour qu’on le trouve passionnant.

 

4.5/6

 

1982
de Mark L. Lester
avec Perry King, Merrie Lynn Ross

 

http://image.toutlecine.com/photos/c/l/a/classe-1984-1982-02-g.jpg

 

The New Kids : Voilà un film qui surfe sur une vague d’exploitation. Nul doute que Class of 1984 racolait un peu lui aussi en termes de violences, seulement ici, celle-ci se limite à des plans gores censurés où on ne voit rien, et pour ce qui est des scènes de sexe, on fait ça habillé. Des détails qui ne trompent pas et qui trahissent une volonté un peu moins jusqu’auboutiste que dans l’oeuvre de Lester. Ici, c’est Sean Cunnigham (mr Vendredi 13) qui est aux commandes, donc un élément de plus à rajouter à la thèse du film d’exploitation. Et enfin, la comparaison est évidente avec le style de Craven, au hasard avec La dernière maison sur la gauche. La manière de filmer est assez proche (bizarre qu’un film des 80’s soit filmé comme un film des seventies), et pour ce qui est de la morale, elle est aussi claire que chez Craven. Nous avons une famille unie entre un père militaire (comprendre que le sens du devoir est présent) et ses deux enfants, qui vont au lycée. A la suite d’un accident, le père meurt, laissant ses enfants à l’a charge d’un oncle, qui les fait déménager dans une fête forraine qu’il est en train de retaper. Tout commence bien, mais la soeurette est jolie, ce qui ne manque pas de faire tourner la tête d’une bande de caïd dans le coin. Et ces caïds sont de vraies petites terreurs en puissance ! Ils tirent pendant leur temps libre sur des bocaux avec le colt à papa, ils dressent un chien pour faire des combats, bref, ils cumulent les tares jusqu’à prendre les paris sur qui dépucellera la soeurette. S’ensuivent alors des scènes de drague nanarde où nos différents caïds vont tenter des approches auprès de la belle effarouchée, toujours peu enclin à se montrer conciliante (elle ne se sent pas prête avec eux, ils sont trop directs). Alors nous avons un petit jeu d’escalade de violence qui dure un peu (mais où cette fois ci les héros réagissent rapidement et fort en face de l’affront), ce qui nous amènera tout droit au final opposant soeurette et caïds lubriques, puis caïds effrayés et famille au complet, qui vont laver leur linge sale tous ensemble. A ce titre, le final se pare d’une certaine efficacité, utilisant les différentes attractions du parc à thème un peu comme Bienvenue à Zombieland le proposait, et nous proposant une violence qui éclabousse, même si elle peine à impressionner, censure oblige (on sent que le film s’est vraiment contrôlé pour rentrer dans des limites d’âge commerciales). Mais si au niveau moral, le tout est assez lourd (le happy end est assez drôle à ce titre), les personnages sont sympathiques. Nos héros tout purs tout beaux sont attachants, et nos petites racailles sont ma foi sympathique, avec un chef de meute à la coiffure blonde me rappelant un peu le Yakuza d’Ichi The Killer. Un divertissement violent amusant et ayant l’air engagé, sans que la formule commerciale ne soit trahie un seul instant. Sympathique.

 

3.6/6

 

1985

de Sean Cunningham

 

http://www.bloodygoodhorror.com/bgh/files/newkids.jpg

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commentaires

alice in oliver 15/05/2012 21:42

j'ai vu class 1984 mais the new kids. Pour le 1er film, ça reste une série B très influencée par Orange Mécanique et qui souffre évidemment de la comparaison avec son modèle. Reste un film de
qualité

voracinephile 15/05/2012 21:48



^^ Je l'avais depuis un certain temps, mais ta précédente chronique m'avait incité à avancer la date de visionnage. Et en effet, une bonne surprise. Le film de Cunnigham m'a également surpris
aussi, les adolescents tentant de bien jouer leur rôle. Caricatural et commercial à souhait (on sent qu'on est dans un film qui exploite les adolescents rebelles), mais pas non plus déplaisant à
suivre (pour peu qu'on s'intéresse à nos ados...). On sent en tout cas qu'on louche vers Craven mine de rien, mais ça se regarde !



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