Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
1 décembre 2013 7 01 /12 /décembre /2013 10:06

Solaris-film---2002-003.jpg

 

Vu l’aura de chef d’œuvre d’un monument comme Solarys de Tarkovsky (chef d’œuvre intouchable qui s’annonce aussi… profond que 2001 sans le budget), en proposer un remake relevait du quasi suicide. Relevant sa casquette, le cinéaste Soderbergh relève pourtant le défit en 2002, en se lançant dans un remake produit par Cameron avec un casting sobre mais fonctionnel (Clooney, McElhone pour le couple de tête). Un projet mal-aimé dans la carrière du réalisateur, sans doute exagéré malgré sa mise en scène lénifiante.

L’histoire : le psychothérapeute Chris Kelvin est contacté par la station spatiale basée en orbite autour de Solaris, afin de convaincre les astronautes qui y sont stationnés de revenir à la base, sur Terre. En se rendant sur place, Chris découvre qu’un étrange phénomène a complètement perturbé les astronautes, en provoquant la mort de certains.

 

solaris.jpg

 

Solaris est un film de science fiction chiant. Clair et net. Pour la courte durée de 1h30, le film paraît en durer 3, comme si le réalisateur dilatait le temps et voulait s’attarder au maximum auprès de la planète Solaris. Il jette très vite les bases de son héros, le mandate via un énigmatique message et des gardes armés chargés de l’escorter, et moins de 10 minutes après le début du film, nous sommes déjà devant l’impressionnante séquence d’accostage de la navette sur la station spatiale, parés pour commencer l’aventure. Une aventure somme toute humaine, qui s’éloigne radicalement des spectacles pop corn à la Event Horizon et autres Supernova mal famé pour donner dans l’effusion sentimentale pure. La planète Solaris provoque une incroyable mélancolie, car il semble qu’elle ramène à la vie les êtres que l’on a aimé et qui ont péris. Ainsi, chaque astronaute a développé une façon de réagir en face des retrouvailles avec ces morts ressuscités à l’identique, mais qui semble façonnés uniquement à partir des souvenirs des astronautes (pour être plus clairs, ce n’est pas leur personnalité reproduite à l’identique, mais la personnalité tel que l’astronaute la comprenait). Solaris, c’est en quelque sorte Sphere à échelle réduite, débarrassé de l’horreur pour n’en garder que le potentiel émotif. Les maux dont traite Solaris sont complètement affectifs, et passent surtout par l’intermédiaire de flash back (apparaissant au fur et à mesure que les proches recréés vivent, des souvenirs affluent). Un bon bain de psychologie dont, puisqu’il s’agit de SF minimaliste où les astronautes voient un proche qu’ils ont aimé revenir, mais dont le comportement et les actions changent peu à peu au fur et à mesure que la situation évolue (ils n’ont pas conscience qu’ils ont été morts, ne savent pas comment ils ont été recréés, ils apparaissent simplement avec le lien affectif qui les retenait avec l’être cher). Dans un tel climat, on comprend pourquoi le film est chiant, vu qu’il s’agit de personnages qui n’arrêtent pas de parler, et dont les enjeux sont purement relationnels et affectifs. Pas de monde à sauver, pas de menace sourde (du moins, pas tant que les émotions sont contrôlées), simplement un phénomène fantastique qui ébranle à la fois les recréés et les astronautes. Un autre bon point : le visuel. Solaris est peut être un des plus beaux films de Soderbergh, doté d’une photographie magnifique et d’une esthétique futuriste minimaliste vraiment séduisante (sur grand écran, même si on s’ennuie, c’est un bonheur de tous les instants). Le budget a été très correctement utilisé (les séquences spatiales sont léchées, les décors de station tout à fait opérationnels), et en tant que film de SF, Solaris se place à l’égale des grands dans le visuel. Hélas, le rythme complètement plat et la présence de certaines séquences purement esthétiques ralentissant encore davantage le débit rendent Solaris pesant à regarder, avec une grande envie de conclusion au cours de la dernière demi heure. Triste de voir un potentiel pareil réduit par un rythme aussi mou, mais c’est un parti pris, visant à communiquer au spectateur la langueur éprouvée par ces explorateurs de l’espace oscillant entre nostalgie et dépression. Un petit essai intéressant donc, volontiers emmerdant, mais d’une sacré beauté, sur tous ses aspects…

 

4/6


2002
de Steven Soderbergh
avec George Clooney, Natascha McElhone

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Vince12 06/12/2013 20:27

Pour ma chro de Blade Runner c'est comme l'Ile de LOST tu ne peux pas la trouver sauf si je le veux bien.

Allez je le veux bien: http://navetoncinema.canalblog.com/archives/2013/05/07/27101616.html

voracinephile 07/12/2013 15:25



Merci ^^



princécranoir 03/12/2013 21:11

On a dit ça aussi pour "Avatar". Quoiqu'on en pense, il reste encore aujourd'hui un jalon du cinéma de blockbuster et de SF. Je suis sûr que "Gravity" marquera l'empreinte suivante.

voracinephile 03/12/2013 23:48



Avatar a depuis sa sortie perdu beaucoup de sa superbe. Il navigue à 6,1/10 sur SensCritique. Gravity devrait être à ce niveau, or, il culmine en seconde place des tops de l'année. Concernant les
films à grand public, le temps rend souvent justice. Je reconnais toutefois que Gravity est moins agaçant qu'Elysium, car nettement plus divertissant et cohérent que ce dernier.



princécranoir 01/12/2013 20:50

Le "solaris" de Tarkovski avait à sa sortie était perçu comme une réponse austère du bloc de l'Est à l'opératique voyage sidéral de Kubrick. Je note tes réserves au passage sur "2001", qui reste
pour moi trip vers l'infini durablement gravé dans ma mémoire : lors de sa reprise en 2001, fête du cinéma, séance de minuit, on devait être 10 dans la plus grande salle du ciné. Je me suis
installé et j'ai décollé. J'ai mis des jours à redescendre. Bref, je m'éloigne de l'orbite de Solaris, tout ça pour dire qu'on peut aimer l'un et/ou l'autre (et même aimer "gravity" en prime, et
toc j'ai encore réussi à le placer).

voracinephile 03/12/2013 10:24



Après la compétition spatiale réelle, la compétition cinéphile ! Les deux films me semblant aborder des domaines différents, je suis curieux de voir ce qu'essayera Solaris (même si je sais déjà à
quoi m'attendre).


Concernant 2001, ma position est inconfortable. Il est impossible de nier les excellentes idées de SF et les thématiques pertinentes du film (sans parler tout simplement des effets spéciaux).
Mais il demeure pour moi un des films les plus désagréables à regarder. La musique classique déssert les images (je ne dis pas pour Ainsi parlait Nostradamus, mais pour tout le reste), le rythme
lent n'est jamais parvenu à m'hypnotiser... Et cette fin... Je bloquerai toujours dessus. Dans le regard final du foetus, je lis de l'incompréhension, et non un message édifiant sur l'humanité.


Tu ne lâcheras jamais rien sur Gravity... ^^ De toute façon, quand il ne sera plus en salle, je sais qu'il sera revu à son juste niveau. C'est le problème d'un film technique : on lui enlève une
grosse part de ses atouts sans la 3D et le grand écran.



princécranoir 01/12/2013 19:16

Mouais, ça m'a pas l'air très palpitant votre machin. tout ça ne vaut pas Gravity, tiens ;)

Bon je redeviens sérieux deux minutes pour rappeler que "Solaris", tout film de SF qu'il se prétend, est d'abord et avant tout une oeuvre méditative. Avant d'être le remake du film de Tarkovski
(sublime, mais attention c'est pas "star wars"), c'est surtout une nouvelle mise en image du roman de Stanislav Lem, lui même très interrogatif sur la place de l'homme dans le cosmos. J'ai vu la
version de Soderbergh à sa sortie, et j'en garde plutôt un bon souvenir. Très esthétique en effet, très respectueux du matériau source.

voracinephile 01/12/2013 20:05



XD ! Et bien non ! Gravity reste à la moyenne car il n'a pas la moindre profondeur (et hop, je jette de l'huile sur le feu).


Une oeuvre complètement méditative en effet, j'acquiesce. Il gère en tout cas intelligemment son concept, et parvient assez bien à gérer le concept qu'il s'impose. Impossible de ne pas s'emmerder
quand on le découvre, mais au final, en rationalisant tout ce qu'on a ressenti pendant le film, on sent qu'une subtile étude émotionnelle a été menée. Et le film ose des idées intéressantes, en
suivant les réactions différentes de chaque membre d'équipage et  des personnes ayant réapparues...


Pour l'original de Solaris, ayant essayé une fois et abandonné en cours de route, je sais déjà que le voyage devra nécessiter une attention soutenue. Il demandera un peu de volonté, mais je ne
pars pas sur un à priori négatif (alors que j'ai revu 2001 à reculon, et qu'il se révèle toujours aussi désagréable à regarder).


Content en tout cas de lire ton avis positif sur ce cru de Soderbergh qui me semblait quelque peu boudé. Steven n'avait pas droit à l'erreur, et finalement, il s'en est intelligemment tiré,
recherchant l'esthétique plutôt que le spectaculaire. Un film qu'on n'aime pas pendant la séance, mais dont on garde un bon souvenir.



Vince12 01/12/2013 16:15

Pas vu mais ça ne me tente.

Pour le film de Tarko je l'admire mais je le reconnais je m'y suis fais chier. Malgré le fait qu'il pose des questions très intéressantes.

voracinephile 01/12/2013 18:35



Je te le recommande. Soderbergh risque de ne pas être aussi ambitieux que ce cher Tarkov, mais il a les moyens techniques de ses ambitions. Et Clooney se révèle très expressif pour un fois. Je
rattraperai bientôt l'original, il est sur mon ordi, patientant gentiment.


Au fait, je n'arrive pas à trouver ta chronique sur Blade Runner...



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche