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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 19:55

SpaceTruckers.jpg

 

On poursuit notre incursion cinématographique en mode décontract avec le foutraque Space Truckers de Stuart Gordon. Ce film est clairement une commande bisseuse, à cette époque où on aimait toutes les petites séries B qui se passaient dans l’espace et qui distrayaient relativement bien (On citera par exemple Outland, un western réécrit pour se passer dans une station spatiale (bon film), ou encore Judge Dredd (très mauvais film)). Sans être du même tonneau (il faudrait plutôt le comparer au médiocre Soldier de Paul Anderson), Space Truckers propose des arguments attrayants distribués sans trop savoir ce qui se passe. Un bordel jouissif assez méconnu mais pas déplaisant du tout à découvrir.

L’histoire : un camionneur de l’espace en galère financière accepte d’effectuer une livraison à risque en prenant avec lui deux conteneurs ultra-sécurisé (au contenu bien évidemment inconnu, mais comme l’intro montre des robots tueurs, on a un petit doute)…

 

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C’est en mode cabotinage que se suit ce film, du début à la fin. Clairement, le film propose des arguments qui ont tout d’attrayant : de l’espace (avec des moments de bravoure du type coup de poing en apesanteur avec sang qui gicle et dent qui vole), du futur beauf violent et des personnages cultes à la pelle. Malheureusement, et ça se sent pendant tout le film, ce dernier n’a jamais eu le budget nécessaire à ses ambitions. Résultats : la plupart des effets spéciaux sont cheap, voire complètement ratés (les vaisseaux spatiaux ont de sales airs de cinématiques des années 80, gênant pour un film de 90…). Et dès qu’une scène d’action un peu intense débarque, elle est filmée de trop près, ce qui donnent lieu à pas mal de gros plans approximatifs qui ne facilitent pas la lisibilité. Gordon filme ici comme Uwe Boll, et c’est bien regrettable, car mis à part ces détails agaçants, le film a tout le matériel pour devenir un nanar SF culte du premier ordre. Avec un Dennis Hopper en roue libre qui transporte des porcs carrés (oui oui, on les engraisse tellement qu’ils prennent la forme de la cage : carrée, subtile métaphore de la société de consommation), un jeune blanc bec qui s’habille en rose et une fille totalement plouc de l’espace qui joue les durs, on est gâtés ! Et le film aligne les scènes nawak comme ce combat dans un fast food en orbite (avec une fuite d’air, un gros lard aspiré qui la bouche puis qui passe au travers) et ce débarquement de pirates qui grimacent comme pas possible en répétant qu’ils vont les tuer. Mais le personnage culte du film, c’est bien le créateur des robots, Charles Dance, le même que le docteur Clemens de Alien 3, sauf qu’il s’est fait détruire la moitié du corps par son robot, et qu’il s’est réparé tout seul. On voit ainsi un bout de son cerveau qui clignote quand il réfléchit, des fesses chromées, et il démarre son organe façon tronçonneuse (lors du viol de la plouc, un grand moment) avec un naturel qui laisse pantois. Même Judge Dredd ne s’était pas autorisé autant de mauvais goût. On a aussi les robots-tueurs, sorte de terminator avec un triple canon sur la tronche qui clignote et quand il te balance un flash, y a des trucs qui disparaissent comme des bouts de corps. Totalement pas précis, mais ça charcle ! Ainsi, pendant une heure vingt, nos héros font les abrutis, comme à peu près tous les acteurs de la production qui ont dû se marrer comme des baleines entre chaque prise, et qui nous en donne carrément pour notre argent. Si Judge Dredd a provoqué en vous une fascination nanarde de premier ordre, jetez vous tout simplement sur Space Truckers, qui tient de la Providence même ! On vous le dit, on n’avait pas vu ça depuis longtemps ! Alors, si en plus c’est ce cher Stuart qui a honoré la commande, autant ne pas se priver (à condition de ne pas faire de liens entre cette aimable purge et le reste de sa filmographie). Phénoménal !

 

1.5/6 et un bon 14/20 nanar

1996
de Stuart Gordon
avec Charles Dance, Stephen Dorff

 

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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

alice in oliver 15/11/2011 23:54


Une petite faute dans ton intitulé toutefois, c'est space Truckers: tu as oublié un "s"


voracinephile 16/11/2011 22:37



Damned ! Je m'en vais rectifier !



alice in oliver 15/11/2011 23:53


et bien, si l'ami Gordon film comme l'ami Uwe Boll, ça promet ! J'en prends bonne note en tout cas.


voracinephile 16/11/2011 22:36



Une fois n'est pas coutume... C'est un nanar filmé comme telle, mais son degré de folie est suffisamment haut pour éveiller un modeste intérêt !



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