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3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 11:16

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Un péplum d’antan avec Spartacus, fleuron des studios Universal (même si il n’est pas parvenu à détrôner Ben Hur), et réalisé par un Stanley Kubrick qui reniera son film suite à plusieurs différents artistiques. Toutefois, au vu de la qualité du travail et de la puissance du récit, Spartacus fait partie de ces films qui restent en mémoire toute une vie, et qui cerne avec pertinente différents caractères d’esclaves.

L’histoire : Spartacus, fils d’esclave exploité dans une mine, est recruté par Batiatus pour être formé comme gladiateur. Au cours de cette formation, il s’éprend de Varinia, jeune et belle esclave.

 

http://4.bp.blogspot.com/-g4yBPZP0d1A/Tek-I1it86I/AAAAAAAAAQc/N5S7CzgKI60/s1600/Spartacus1.jpg

 

On tient probablement ici l’un des rôles les plus marquants de Kirk Douglas, qui met véritablement son physique au service de son personnage, un gladiateur batailleur à tendance rebelle qui se fait le porte parole d’une humanité vivant enchaînée. Doté d’un charisme magnétique et d’une répartie bien sentie pendant ses discussions entre esclaves, il se révèle être le moteur idéal à la révolte qui couve, et qui éclate suite à un caprice d’homme riche qui exige un combat de gladiateurs à mort au sein même de l’école. L’occasion d’un combat plutôt efficace, et qui met le feu aux poudres devant l’injustice réservée au Mirmillon qui finit pendu jusqu’à putréfaction. Il ne faut alors qu’un prétexte pour déclencher l’émeute (une petite bravade du chef des gladiateurs, et voilà que c’est l’insurrection), et c’est alors que la révolution se met en marche. C’est alors que le film Spartacus prend énormément d’épaisseur. A la révolte des esclaves emplis d’un espoir qui ne cesse de croître avec leurs rangs, on suit à Rome les intrigues politiques où chacun tente de récupérer le pouvoir. Entre Crassus et sa vision immuable d’une Rome impérialiste et Gracus, gras plébéien voulant donner plus de pouvoir à la populace. Le jeu de pouvoir est particulièrement bien géré, chaque décision pouvant être prise à double sens, ayant souvent l’air de laisser la part belle à l’ennemi alors que la manœuvre est de l’écarter du pouvoir. A ce jeu, Crassus fait office de véritable maître en la matière, parvenant à tourner la défaite de son protégé Glabrus en départ honorable (et feint, lui préparant un retour triomphant et en position de force). Si l’espoir accompagne les esclaves pendant toute la première moitié du film, la seconde n’en est que plus éclatante de pessimisme, broyant littéralement les forces esclaves au cours d’une bataille qui ne s’engageait pas si mal, et n’hésitant pas à dépeindre la cruauté en nous proposant des dizaines de crucifixions à l’entrée des rues de Rome. Sans compter les nombreuses tortures mentales infligées à Spartacus et à un des esclaves ayant trahi Crassus. Un dénouement cruel qui s’accorde parfaitement avec l’Histoire, et qui amorce plusieurs réflexions très pertinentes. L’envie de Crassus d’effacer purement Spartacus de l’histoire romaine afin d’éviter tout soulèvement d’esclave à l’avenir (c’est raté, il en a fait simplement un martyr), l’intéressant face à face entre Crassus et Varinia qu’il tente de séduire (par la force, nous mettant bien en face de l’incompréhension d’un patricien qui ne juge que par le pouvoir (il se fera de Batiatus un ennemi en le traitant comme une sous-merde), et la petite pointe d’espoir prédisant un soulèvement d’esclaves. Espoir qui trouve sa meilleure incarnation dans la scène finale, où une Varinia ayant obtenue la liberté avec son fils, contrainte de se contenir devant les gardes romains, voit une dernière fois Spartacus crucifié sur le bord de la route l’emmenant loin de Rome et du pouvoir de Crassus. Toujours fonctionnel et n’ayant pas vieilli un seul instant, Spartacus est clairement un des meilleurs péplums jamais tourné (loin devant Gladiator), et sa réputation reste inchangée. Un chef d’œuvre de plus au compteur de Stanley !

 

5.5/6

 

1960
de Stanley Kubrick
avec Kirk Douglas, Jean Simmons

 

http://img.over-blog.com/500x332/4/23/94/20/800px-Jean-Leon_Gerome_Pollice_Verso.jpg

Attention, cette dernière image est un tableau, pas un extrait du film.

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commentaires

Vince12 07/09/2012 17:29

Il y'aura d'abord Docteur Folamour en chro. Sinon pour te répondre au sujet de Mann il s'est apparemment fait virer par Kirk Douglas qui n'avait pas la même vision. De la même façon en fait que
Stan s'est fait virer par Brando sur La vengeance au deux visages. D'ailleurs Stan a lui aussi été emmerdé par Douglas mais il a fait profil bas pour ne pas se faire virer une fois de plus. Et
après ce film fini, Stan ne travaille plus que si il a le Final Cut. et le pire c'est qu'après les studios venaient le supplier de travailler pour eux. C'est pas croyable comme truc.

voracinephile 08/09/2012 21:10



Ah, voilà qui me semble en effet logique. Divergences artistiques avec le premier réal, et le second (Stan) divergeait aussi, mais il s'est écrasé et a réalisé sa commande commerciale... Sacré
Stan, rare d'avoir eu des réals aussi talentueux...



princécranoir 07/09/2012 17:26

Je crois que Douglas, qui avait travaillé avec Kubrick sur "paths of glory", a fait pression pour que celui-ci reprenne le film.

voracinephile 08/09/2012 21:06



Ah, c'est juste pour Kubrick que le premier réalisateur a été démis de sa fonction ? Dur...



princécranoir 06/09/2012 19:37

"C'est moi Spartacus !" Une phrase qui a marqué sans doute à jamais la mytholgie du peplum. Tu as incontestablement raison de le classer parmi les plus belles réussites du genre (mais je place
aussi "Gladiator" parmi les révisions modernes les plus réussies), une réussite à partager avec Anthony Mann, (trop) rapidement débarqué (au grand dam d'Ustinov) alors qu'il était loin d'être un
simple tâcheron (les quelques scènes du début en attestent). Il se rattrapera en Europe en tournant "la chute de l'empire romain". Peut-être pas son meilleur film hélas.

voracinephile 07/09/2012 13:57



Il faudra vraiment que je me repense sur le cas de Gladiator, il fait décidément toujours débat parmis les cinéphiles... On oublie en effet la collaboration d'Anthony Mann (celui de Kubrick passe
devant), un réal que je ne connais pas très bien. Je ne sais d'ailleurs pas pourquoi il a été viré de la réalisation de Spartacus...



Vince12 06/09/2012 14:09

Oui enfin à la base le débat partait des sentier de la gloire je crois^^.
D'ailleurs je pense justement chroniquer ce dernier sur naveton de même que l'Ultime razzia.

voracinephile 07/09/2012 13:42



Des chroniques auxquelles je ne manquerai pas de jeter un coup d'oeil.



Vince12 06/09/2012 07:56

Disons que Kubrick second c'est dans mon top "objectif" tel que je vois les choses, je peux y citer des réals dont je ne suis pas fan mais dont je suis forcé de reconnaître le talent , le génie et
l'influence.
Sinon pour la ton débat sur la guerre d'Algérie je t rejoins il ne faut pas dire blanc et noir. Mais il ne faut pas non plus chercher qui a commencé. Tu parles des attentats terroristes sur les
touristes français certes. mais quand on parle de Torture, il faut savoir que l'armée Française la pratiquait sur les algériens bien avant la guerre soit depuis le début de la colonisation. Après
faut il faire part du comportement plus qu'injuste de la France envers les Harkis. Cependant je ne me range dans aucun cap, tout cela pour dire qu'il n y'a pas de bons ni de méchants dans une
guerre qu'il n y'a pas d'idéologie mais simplement les intérêts gouvernementaux. en ce sens il ne faut à mon avis pas pointer du doigt le gouvernement français ou le gouvernement algérien mais les
gouvernements mondiaux. D'ailleurs la guerre contre le terrorisme n'est elle pas depuis le début une guerre d'intérêt?
Bon on s'est vraiment éloigné de Spartacus là lol.

voracinephile 06/09/2012 12:44



Tout à fait d'accord pour le top officiel, certains réalisateurs que j'apprécie plus ou moins devraient s'y retrouver (Cameron par exemple).


Ravi d'avoir une nouvelle opinion sur cette page d'histoire. Je ne cherchais pas vraiment qui a commencé (j'ai rappelé l'attentat avec le meurtre des touristes essentiellement pour montrer que le
terrorisme n'a pas touché d'abord l'armée mais des civils français). Je ne suis pas surpris par l'usage de la torture avant la guerre, le sujet est d'ailleurs toujours tabou. Les harkis ont été
des victimes pendant et après en effet, traqués en Algérie et méprisés à leur arrivée en France. Tout ça est en effet une histoire d'intérêts et de politique, je suis d'accord.


Après, il y a des points communs avec spartacus, niveau réclamation d'indépendance en plus fort (puisqu'ici c'est carrément de l'esclavage), et ici à la conclusion amère, mais avec un brin
d'espoir... Mais on change de lieux et d'époque ^^



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