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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 15:25

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Bon, il y a un certain bloc de cinéma que ce blog n’a pas encore abordé, une véritable honte quand le septième opus entre en pré-production. Il s’agit bien évidemment de Star Wars, super production d’aventure SF fantastique dont l’univers est si étendu et riche qu’il fait office de mètre étalon dans le genre cinématographique (largement plus implanté que des concurrents comme Star Trek, Battlestar Galactica ou des poids lourds comme Dune ou Alien). Justice, car précurseur du genre et offrant une richesse inespérée en terme d’imaginaire pour l’époque (c’est Star Wars ou 2001), et paris risqué en donnant à un genre les moyens de ses ambitions, le tout dans un mélange audacieux de genres cinématographiques. Le triomphe est tel qu’on le connaît. La première trilogie emporte largement l’adhésion malgré des effets spéciaux parfois un peu à la ramasse (regardez les montages non remasterisés), la saga ayant su allier aventure, révélations et action avec d’excellentes idées de dépaysement, le tout dans un élan kitsch franchement ludique. Alors, quand les effets spéciaux ont considérablement été améliorés, l’heure de la prélogie est arrivée. Ouvertement décriée par les fans (la sortie des deux premiers épisodes a entraîné un flot de critiques), il arrive encore aujourd’hui qu’un obscur cinéphile retente le coup parce qu’il a oublié, et parce qu’il convient d’être juste avec ces gros morceaux de cinéma. On navigue dans ce cas du potable à la nullité.

 

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Star Wars I, la menace fantôme : Heure de vérité, car de cette reprise dépend l’avenir des 3 prochains épisodes. L’attente était fébrile, et la découverte ne fait pas immédiatement office de douche froide. Pour ma part, je trouve même un petit charme dans l’univers de ce premier épisode, qui continue de vouloir donner de l’exotisme à son spectateur par des idées de lieux stimulants, comme la cité sous marine ou le palais de la planète Caladan. Mais c’est hélas sur le long terme que le film a tendance à s’essouffler. Déjà avec un script au sens des priorités discutables (alors que la guerre règne sur une planète et qu’Obiwan doit donner l’alerte, il préfère d’assoir plusieurs heures pour regarder une course de voitures histoire de s’encombrer d’un gamin qui reviendra de façon récurrente (et crispante) pendant tout le reste de l’aventure. Le parfait exemple du genre de chose sympathique qui devient de plus en plus indigeste : le personnage de Missa. Guide improbable sur une planète en guerre, sa carrure un poil agaçante était tout à fait tolérable pendant un début de film. Mais il reste avec nos héros. Il s’incruste, il revient, avec toujours ses expressions d’idiot du village et d’incapable notoire, ce qui nous renvoie en droite ligne aux années 90 et à l’époque de ces side-kicks agaçants, qui se croient obligés d’étaler leur médiocrité pour faire marrer la salle (car on est d’accord que personne ne s’identifiera à ce genre de personnage). D’ailleurs, on ne peut s’identifier à personne dans ce grand spectacle, ce qui nous condamne à apprécier les enjeux, les ambiances et les effets spéciaux sans pouvoir trouver de vecteurs d’approche supplémentaires. Les gamins ont Anakin (ils peuvent être content, lui au moins a des compétences), mais le reste du public doit trouver des centres d’intérêts pour réussir à adhérer. Or, ce qui devait être une intrigue politique fine se révèle extrêmement pénible à suivre, car laborieuse (on nous donne les éléments au compte goutte), avançant péniblement au gré d’un rythme qui décourage toute recherche de subtilité. Les effets spéciaux ont quant à eux un défaut insidieux : le tout numérique. C’est aussi une question de goût, certains trouveront toujours le numérique plus léché que les maquettes (ou les incrustations). Mais à tout faire dans le numérique, on n’arrive plus à croire à ce que l’on voit. Aussi, les séquences de batailles dans les prairies, pensées pour être épiques, nous montrent de grandes étendues vides où un tas de bidules numériques ont été rajoutés, ce qui échoue à nous faire croire à cet univers. La charme a disparu, et le toc ressort partout, de façon criante, anéantissant les espoirs de beauté (le fond vert… mwarg !). Le phénomène est particulièrement visible au cours de la course, où le fun évident de la séquence est fortement contrebalancé par une incrustation pas toujours réussie du numérique. Question action, il convient de relever le punch qui a été donné aux combats de sabre laser. Les confrontations entre Kenobi et Vador de l’épisode 4 tenant du duel de septuagénaires parkinsonniens, voir Darth Maul faire des pirouettes et balancer autant d’attaques mortelles, ça redonne un coup de fouet. Les affrontements méritent dont un coup d’œil, à condition de supporter le reste. Pas dit que tous y parviennent…

 

1,5/6


1999
de George Lucas
avec Liam Neeson, Ewan McGregor

 

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Star Wars II, l’attaque des clones : Seconde étape de la prélogie de notre ami George Lucas, la révision de cette nouvelle étape vers la naissance de Dark Vador et l’avènement de l’empire dictateur se devait donc d’amorcer le tournant dramatique et de faire place aux gamineries d’Anakin pour nous offrir un personnage un peu plus haut en couleur. En l’état, nous héritons d’un ersatz de Twilight qui pue le fond vert et qui joue avec les nerfs du spectateur. Si les épisodes 4, 5 & 6 ont leur charme kitsch qui leur confère toujours un capital sympathie certain, le toc et le ridicule de la nouvelle génération s’affirme encore davantage ici, où la laideur des décors et des designs agresse continuellement les pauvres yeux du spectateur. Le fond vert se devinant régulièrement, les vues d’ensemble photoshopées à mort, les décors vides (le bureau du premier ministre en surbrillance…), les défauts techniques sont innombrables, et surtout inacceptables de la part d’un blockbuster aussi ambitieux (c’est aussi laid que le Oz de Sam Raimi). Un ratage essentiellement dû au fait que Star Wars II est le premier de la saga à être tourné intégralement avec des décors numériques, une technologie qui fonctionne plus ou moins bien selon les designs privilégiés par la production… Ces défauts techniques passés, parlons du jeu d’acteur. Suicide total ! Sincèrement, j’ai été plus convaincu par Kristen Stewart et Robert Pattinson que par Nathalie Portman et Hyeden Christensen (qui remporte la palme du plus mauvais jeu d’acteur dans un space opera). La performance du bellâtre est tout simplement insupportable, et ce n’est pas peu dire qu’on a envie de foutre le feu à sa tresse efféminée de mes couilles qu’on se demande comment autant de fautes de goûts ont pu être commises sur un film de cette ampleur. Mais franchement, Lucas n’a-t-il aucun recul pour ne pas se rendre compte à quel point les coiffures de Padme sont ridicules et les graphismes des extra terrestres moches au possible ? Ce n’est pas tirer sur l’ambulance que de le souligner, avec un budget pareil, le résultat est tout simplement à pleurer. Heureusement qu’Obiwan essaye un peu de se bouger le cul pour faire avancer l’intrigue (il va demander à des gosses pourquoi une planète n’est pas sur la carte, ils lui répondent « parce qu’elle est pas sur ta carte ! » et là, il dit « OK, je vais aller vérifier. ». Bravo mon gars ! Il t’a fallu deux heures pour en arriver là… La galaxie est pas dans la merde…), parce que les flirts romantiques en sautant sur les bouses de dinosaures et les repas en tête à tête où on sirote du champagne en se remémorant les souvenirs d’enfance… On n’en peut tout simplement plus. On rajoute à cela des arnaques totales (le coup du creuset de métal en fusion) et un humour de merde. Vous savez déjà ce que je pense de Missi (si on le sodomise avec une excavatrice à béton, est-ce qu’il continue de répéter son nom ?), mais avec R2D2 et C3PO, c’est le panard ! Entre les échanges de têtes foireux et les vannes de primaires, on se croirait de retour dans les années 90 avec le duo de noirs comiques qui balancent les vannes de side kick en traversant l’aventure par miracle. Difficile d’anticiper un tel ratage, qui réussit surtout le miracle d’une platitude assommante au bout d’une demie heure… Le film réussit tout simplement à ne pas être intéressant, et va jusqu’à provoquer l’ennui pendant les scènes d’action, ce qui est quand même un comble. Malgré une arène finale des plus belles, la débilité des personnages (et la ringardise de Kenoby) achèvent les maigres espoirs, et envoient le spectateur au tapis, terrassé par la bêtise de ce loukoum géant, d’une inutilité haïssable. La maigre indulgence pour quelques passages bien torchés n’y change rien.

 

1/6


2002
de George Lucas
avec Jimmy Smits, Ewan McGregor

 

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Star Wars III, la revanche des Siths : Voici l’opus qui est clairement au cœur de la polémique. Car après tellement de merde, George Lucas est au plus bas. Faut donner une conclusion digne de ce nom ou ce sera un aller simple pour la Bastille. En conséquence, il s’agit donc du meilleur opus de la trilogie, ce qui passe surtout par le traitement accordé à ses effets spéciaux. Dantesques d’un bout à l’autre, le film regorge de morceaux de bravoure, de son introduction rythmée jusqu’à son dénouement dans les océans de lave de la planète Mustafar. Chaque séquence est un bonheur pour les yeux, et enfin, le numérique parvient à s’intégrer correctement dans les décors, permettant au spectateur de se remettre à nouveau à rêver sans interactions parasites. En cela, le film rejoint immédiatement la moyenne, car assumant enfin sa carrure de space opera de façon crédible et élégante. Le gros budget qui passe. C’est clairement dans son scénario que réside la polémique, et que se divise radicalement la communauté. Il y a ceux qui louent l’ancien Vador, capable de rayer une planète entière pour faire un exemple et de se montrer intraitable dans l’exécution de ses ordres, et qui critiquent le développement imposé par Lucas, et ceux qui l’ont accepté. C’est ici que commencent les spoilers.

 

SPOILER ! La nouvelle orientation de cet épisode, veut insister sur la manipulation d’Anakin Sky Walker par le Chancelier. Ceci passe par une relation proche, une ou deux paroles troublantes sur le pouvoir et sa corruption, en insistant sur les frustrations que le conseil des Jedis impose à Anakin. Mais la formule peine un peu à convaincre car les éléments s’enchaînent trop rapidement. En un jour, un Anakin troublé se transforme en bête sanguinaire qui exécute des enfants Jedis à la chaine avant de se charger de tous les têtes pensantes qui les ont soutenues. Si la sympathique interprétation amorale de la prophétie sur le destin d’Anakin apporte un peu de noirceur bienvenue dans une saga très orientée jeune public pour l’instant, les évènements s’enchainent trop rapidement pour convaincre. Cela a pour effet de donner à celui qui deviendra Dark Vador la carrure d’un ado en pleine crise existentielle, comparaison assez discutable dans le cadre d’un méchant iconique. Le film a toutefois tenté de faire d’honnêtes efforts pour densifier le personnage. La pose de l’armure se révèle parfaitement réussie, et tous les wagons sont rattachés à l’arrière (destin de Yoda, établissement de la dictature, destins de Luke et Léia…), donc le bilan reste décent. La proximité avec Vador est ratée car en décalage avec son image (c’était par essence le méchant auquel on ne pouvait pas s’identifier, aussi se retrouver d’un coup en face de motifs ultra personnels et pas toujours très matures (gros décalage entre la bluette amoureuse et les positions rigides du conseil des Jedis)), mais intéressante dans sa tentative de noirceur avec un objet pourtant grand public. Pas foncièrement profond, mais nettement plus nuancé que ses prédécesseurs, plus abouti aussi (autant que les effets spéciaux, la bande originale de Williams délivre ses plus belles partitions, variant les grands thèmes célèbres pour marquer l’identité de cette revanche des Siths, nettement plus à la hauteur de la saga. Maintenant, il suffit de virer George du scénario de l’épisode 7, et peut être pourrons nous retrouver un niveau décent.

 

3,5/6


2005
de George Lucas
avec Hayden Christensen, Ewan McGregor

 

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Published by voracinephile - dans Aventure (la mine d'or)
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commentaires

hdef 24/06/2014 14:19

On est donc d'accord, impossible de "bâtir" un point de vue sérieux. Or c'est ce que faisait le livre à ce que j'ai entendu (il faudrait que je le lise d'ailleurs mais je suis plongé dans Zola !
Rien à voir, on est d'accord)… Par ailleurs "La caricature est la manière la plus abordable pour des thèmes politiques, vu qu'elle les rends accessible par l'humour." bah oui enfin ce côté "La
politique pour les nuls" finit par désarçonner la portée du propos.

hdef 09/06/2014 18:15

"l'excès n'empêche pas une certaine subtilité" bah pas chez cet hollandais zazou en tout cas ! Il suffit de voir Starship Troopers : la scène du débat télévisé est extrêmement caricatural, très
(trop !!) généralisée ! C'est une vision stupide de la politique car elle est si générale, si schématique qu'elle ne prouve plus rien. Idem pour l'emblème des forces "Starship Troopers" : un aigle
avec une croix au bout des pattes à la place d'un svastika, pffffffffff !

voracinephile 23/06/2014 23:07



La caricature est la manière la plus abordable pour des thèmes politiques, vu qu'elle les rends accessible par l'humour. Evidemment, impossible de prendre ces éléments pour bâtir un point de vue
sérieux, mais les mécanismes qui sont révélés, eux, sont valides et utilisés dans le monde réel. C'est le principal intérêt et le côté jubilatoire de ces flashs (réalisés avec un certain style
d'ailleurs, il en faut pour savoir bien cadrer son sujet).



Hdef 02/06/2014 16:48

Plus violent, Ok et alors ?
Plus politique, ok, mais sa vision est aussi pachydermique que celle de Verhoeven si ce n'est plus alors je n'ai pas l'impression de progresser...

voracinephile 05/06/2014 16:46



Plus violent : plus mieux ! XD


Oh, vision pachydermique de Verhoeven... C'est pas uniquement dans les pubs, la représentation des yuppies et gros poids économiques est plus bien faite. Tout est bigger than life avec Verhoeven,
mais l'excès n'empêche pas une certaine subtilité.


Ici, c'est moins subtil, mais curieusement j'aime autant. Et quand on voit que les gangsters sortent des arguments pour la légalisation de la drogue, et que certains ministres sortent exactement
les mêmes dans le cadre d'une légalisation de la beu, je trouve que le nanar n'empêche pas d'être visionnaire.



hdef 01/06/2014 21:18

Ah oui, pour moi RoboCop 2 est bel et bien un nanar, alourdi par Tom Noonan (qu'on préfèrera dans Monster Squad ou The House of the Devil) qui en fait des tonnes !

voracinephile 02/06/2014 13:12



Le film à la fois débile et subversif... C'est le film de Verhoeven, en complètement débridé. Plus con, plus violent, plus politique, plus impressionnant... Très rare de tomber sur des suites
d'une telle carrure.



Hdef 29/05/2014 13:05

Ah toi aussi tu adores L'Empire contre-attaque ?! Bienvenue au club, par contre on est beaucoup, va falloir se serrer :D lol
Je ressens un profond ennui pour Un nouvel espoir alors que L'Empire contre-attaque est le blockbuster anti-hollywoodien intelligent par excellence (à l'inverse de RoboCop 2 du même cinéaste).
J'aime aussi beaucoup Le Retour du Jedi même si le début m'a toujours semblé puéril et peu abouti. Mais dès le départ de Tatooine, c'est du bonheur en barres ^^

voracinephile 30/05/2014 11:43



Ha ha pour Robocop 2. Je sais qu'il est moins bien que l'original, qu'il copie d'ailleurs, mais ce déséquilibre entre nanar politique et charge sur le cynisme de tous les personnages (tous
pourris) m'avait fait jubiler.


Je reverrai Un nouvel espoir et Le retour du Jedi prochainement. Bientôt la trilogie !



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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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