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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 06:41

taxidermie.jpg

Interdit aux moins de 16 ans  (les enfants, n'essayez pas de refaire ce que fait cet homme, il pourrait vous en cuire...)

 

Rare sont les films qui suivent leur personnage sur plusieurs générations. Quels films peuvent se targuer de suivre le grand père, le père et le fils, qui ont eu des existences aussi différentes que tordues ? Retour vers le futur ? Pffft… J’enfonce le clou en disant que c’est Taxidermie, un film hongrois, français et danois, et qu’il nous embarque dans une histoire jamais vue. Une sorte de trip à la Avida dans l’esprit, mais pas dans la forme. Ce film est un OFNI dans ce qu’il a de pire et de meilleur, à savoir un aspect technique particulièrement travaillé et des effets spéciaux splendides, et une histoire de fou furieux. Bienvenue dans la folie scénaristique, essuyez vos pieds sur ma langue bien pendue…

L’histoire : Pour comprendre l’œuvre d’un homme, il ne faut pas forcément chercher dans son esprit, mais dans ses origines, s’intéresser à la génération précédente, voire à celle qui la précédait encore, pour avoir une chance de comprendre un acte apparemment horrible et symbolique.

 

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Taxidermie, c’est un peu comme un fist fucking avec un objet pris au hasard dans l’obscurité absolue. On ne peut pas savoir ce que c’est tant qu’on n’est pas allé jusqu’au bout. L’image est éloquente, car c’est exactement le genre de sentiment contradictoire qu’on ressent en voyant ce film apparemment sans but, qui illustre la vie de trois hommes, 3 générations tordues chacune à leur manière. On commence avec le grand père, Morozgovani, une recrue soldate qui sert de bonniche dans une maison de campagne perdue dans un désert glacial. Il s’occupe des animaux de ferme, du feu et de diverses corvées pour son commandant, également maître de la ferme et père de 2 filles séduisantes. On suit donc ce personnage décalé qui voue un véritable amour à la flamme d’une bougie, happant l’air chaud qui s’en dégage, jouant avec la brûlure… Il est fasciné par la truie qu’il élève, qui sera bientôt sacrifiée un jour de mardi gras. Il se produira alors un évènement bizarre, la matrone venant dans la baignoire où est stockée la bête et s’offrant à Morozgovani, qui en lui faisant l’amour, revoit le visage de chacune des femmes du casting, avant de ne plus voir que la viande qu’il sodomiserait. Il sera abattu le lendemain par son supérieur, et son fils naîtra dans la baignoire où son père est mort. L’enfant naît avec une queue de cochon, qui lui sera amputée dès la naissance.


Le second chapitre s’attaque au père. Un sportif de haut dans la discipline peu reconnue des engloutisseurs, qui doivent ingurgiter une quantité indécente de nourriture en un temps record. Le père, Kalman Balatoni, est un champion dans sa catégorie, pouvant absorber 6 litres de soupes en quelques minutes avant d’aller les vomir dans le bassin prévu à cet effet. Il affrontera son meilleur ami pour les yeux d’une femme du jury, perdra, mais elle sera conquise malgré tout, durant cette scène magnifique où, prise en levrette par l’ami en question, elle n’aura d’yeux que pour Kalman en face d’elle. Leur fils naîtra prématuré suite à un malaise digestif de sa mère au cours d’une épreuve d’ingurgitation de caviar.

 

36.jpg


Le dernier chapitre s’intéresse au fils, un être chétif qui malgré son activité d’artiste (la taxidermie), ne rencontrera jamais la femme de ses rêves (la détérioration de son contact avec la caissière de supermarché). Il se rend aussi quotidiennement à la demeure de son père, devenu un obèse monstrueux à faire pâlir Jabba the Hutt à cause de son inactivité, passant son temps à engloutir des barres de chocolat sans enlever le papier alu. Dans une pièce, il élève des chats devenus aussi gros que lui à force d’être nourris à la graisse animale. Face à cette existence insurmontable, après la mort de son père tué par ses propres chats, le fils empaille le père, avant de pratiquer son auto-éviscération médicalisée, durant laquelle il s’extrait la totalité de l’appareil digestif et le cœur avant de se couper un bras et de se décapiter, formant la statue qu’on aperçoit maintenant dans un musée.

 

http://www.taxidermia.hu/sajtoimg/picts/58.jpg


Je n’ai fait que raconter l’histoire ? Je n’ai pas fait d’analyse ? J’ai envie de vous y voir, vous. Ce film est une énigme fantastique, obsédante, dont la beauté visuelle et glaciale égale l’ambigüité du propos. Peu être qu’il faudrait voir ce film comme ce qu’il prétend être : trois portraits liés par des liens héréditaires, encore jamais vu au cinéma, et qu’on ne reverra pas de sitôt. On sacre des films cultes pour moins que ça…

 

5.5/6

 

de György Pálfi
avec Csaba Czene, Istvan Gyuricza

 

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Published by voracinephile - dans OFNI (m'as tu vu )
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commentaires

Ze Ring 03/07/2011 13:20


Va voir mon blog James, il y a une critique qui, je pense, au vu de ton admiration pour TETSUO, peut t'intéresser!


voracinephile 04/07/2011 07:08



Après un week end très médiocre et privé d'internet, je vais aller lire ça avec plaisir.



Ze Ring 01/07/2011 18:45


Insoutenable ne serait pas le mot... Très trash et sans concessions plutot!


Marie-Laure 01/07/2011 18:13


Pas vu mais 14/20 sur le blog de david/duncan!
Ça a l'air vraiment trash voire insoutenable vu ses dires.
Je pense m'abstenir,merci:)


voracinephile 04/07/2011 07:04



Insoutenable, insoutenable... C'est pas a Serbian film non plus. Le film est loin d'être extrême, mais c'est sur qu'il fera réagir le public, loin d'être habitué à voir ce style d'histoire.
Probablement que tu n'aimeras pas, mais c'est un film intéressant à tester...



varlin 01/07/2011 17:50


Cela est plus conforme à ce que j'espérais,avoue que tu en mourrais d'envie .


voracinephile 01/07/2011 17:57



Ah la la, quel plaisir coupable, je ne sais pas si ma conscience me le pardonnera un jour... Remarque, c'est bien de se faire plaisir de temps à autre. En attendant, mes avis restent
inébranlables !



varlin 01/07/2011 15:39


Je suis pourtant étonné de voir que tu lui as attribué une note aussi basse qui,selon moi,aurait du atteindre 5/6 minimum.


voracinephile 01/07/2011 16:36



Bon bon, je m'exécute.


Voilà ! Content ? Qu'est ce que je ferai pas pour un tâcheron comme toi...



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