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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 10:10

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Malgré la demi-molle que constituait le troisième opus de la saga Spiderman, cette dernière conservait une certaine superbe, et la direction de Raimi n’était pas vraiment remise en cause. Aussi, l’annonce d’un reboot a-t-elle été prise assez vite mal par les fans, qui y voyaient à juste titre une tentative commerciale de poursuivre la franchise sans prendre de risque question scénario. Le résultat, en demi teinte, se contente de sauver les meubles en gagnant sur des tableaux inattendus ce qu’il perd en spectacle et en rythme.

L’histoire : Peter Parker, étudiant en sciences, est un élève classique, scolaire et titillé par ses élans émotionnels. Orphelin, une piste le lance auprès d’un contact ayant travaillé avec son père, un scientifique d’Oscorp. Pendant une visite de l’installation, il est mordu par une araignée.

 

the-amazing-spider-man.jpeg

 

Manifestement, le nouveau Spiderman, pour se démarquer de son prédécesseur, modifie légèrement la soupe qui nous a été précédemment servie. A l’absence pure et simple des parents chez Raimi, il explore la piste, liant davantage Peter et les arachnides, en faisant en quelques sorte une tradition familiale, avec le père comme inventeur et le fiston comme cobaye. Cela affine effectivement les circonstances qui amènent Peter à côtoyer les araignées et qui expliquent sa morsure avec un peu plus de cohérence (dans le premier, tout relevait de l’accident, ici, c’est l’imprudence de Peter qui est en cause). Cela affine aussi les relations entre Peter et Gwen, qui se trouve davantage liés dès le début de l’aventure. C’est effectivement le meilleur aspect du film, il soigne ses personnages, les imprégnant d’une chaleur humaine certaine, d’une sincérité touchante. L’homme lézard est finalement soigné lui aussi, dans ses motivations et sa frilosité devant les employeurs, simple pion à cervelle qui finit par péter son petit câble. Emprunt d’un climat touchant, le film est donc agréable à suivre, et heureusement, parce que pendant une heure il ne se passe rien. Au bout d’une heure, toujours pas de lézard en vue, pratiquement aucune séquence d’action (quelques cavalcades sur des façades d’immeubles, quelques acrobaties sur un pont d’autoroute). Après une heure et demie, deux timides scènes, une première confrontation sur un pont et une autre dans les égouts. Il faut attendre la dernière demi heure, quelques gnons en plein lycée et une course poursuite vers l’immeuble Oscorp pour le face à face final. Les effets spéciaux se lâchent enfin et on peut savourer les pirouettes de l’homme araignée virevoltant à belle allure. Tenant ses promesses, et évitant de filmer un public encourageant Spidey (les agaçantes inserts de figurants chez Raimi), on en a enfin pour notre argent, avec des effets spéciaux enfin à la hauteur. Mais un peu tard quand même. Thématiquement, les choix du remake concernant la vengeance de Parker peuvent également être débattus. En effet, Raimi avait traité rapidement la vengeance, immédiatement après le meurtre de l’oncle, et il l’achevait par la mort brève du responsable. L’intelligence du procédé laissait Tobey Mc Guire dans une frustration nappée de souffrance qui l’incitait, dans une sorte de rédemption, à combattre le crime. Ici, la lutte contre la criminalité est réduite à la simple traque de l’assassin de son oncle. Un assassin à la description vague, donc il arrête tout le monde, et il ne se prive pas pour faire quelques blagues au passage. On se demande ce qu’il se passera quand il tombera enfin dessus. Probablement rien. Il y a bien cette tentative de faire de Peter un « complice » (le voleur, s’éclipsant, lui lance une canette de bière pour le faire profiter lui aussi de son coup), mais elle est si insignifiante, si pathétique, qu’elle ne fait que soulignait la pauvreté de cette nouvelle mythologie vengeresse. Nous voici donc en présence d’un blockbuster attachant, mais qui ne place pas ses ambitions dans le spectacle. Ce qui pose un petit problème, cette genèse n’offrant finalement pas grand-chose de plus que des personnages plaisants. L’homme lézard, transformé, impressionne, mais son alter égo n’a pas le charisme d’un Willem Dafoe ou d’un Alfred Molina… Un divertissement à  la hauteur, certes, mais pas vraiment plus que cela.

 

3,4/6

 

2012
de Marc Webb
avec Andrew Garfield, Emma Stone

 

http://4.bp.blogspot.com/-LBYFXwLXLZU/TjP3KTpB9CI/AAAAAAAAHz4/r9w4qiv6yeU/s1600/peteh.jpg

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commentaires

borat8 14/04/2013 16:17

C'est le passage où il est au téléphone et la voisine lui ramène du lait et des gâteaux! ;) Il y a aussi le passage du bar où il se met à faire du piano et à danser le tango sur une valse! Le
ridicule ne tue pas mais quand même!

borat8 14/04/2013 12:24

"Tu veux une orange?" ça je ne m'en souviens plus mais le coup du lait au téléphone était pas mal aussi niveau nanardise. Sans compter cette coupe de cheveux!

voracinephile 14/04/2013 14:14



Moi, je ne me rappelle plus du lait... A revoir, j'ai l'édition double dvd de toute façon



borat8 11/04/2013 21:07

Venom est justement le gros raté du 3. Il apparaît peu et mal. De plus, Topher Grace surjoue à mort son personnage. Et puis Tobey qui danse dans la rue oh putain!

voracinephile 14/04/2013 10:38



Tobey dans la rue, c'était en effet assez gênant... Et rappelons nous du "Tu veux une orange ?"



borat8 10/04/2013 21:07

Pas que... Par exemple, certains ballets aériens de Spidey sont un peu trop retouchés. Idem pour le coup du rat mutant! J'ai bien rigolé à ce moment-là tellement c'était grossier! Je trouve
personnellement certains de mes dessins plus ressemblants du reptile que dans le film. Par contre, je suis d'accord, ça n'atteint pas les deux premiers films de Raimi, en revanche toujours mieux
que le 3!

voracinephile 11/04/2013 19:54



Je le placerai en effet peut être un poil plus haut que le 3, par moments un peu naveteux. Et le trio amoureux est bien mal géré... Mais il restait quelques scènes spectaculaire, et Venom déchire
à défaut d'apparaître tout le temps sous un bon jour (très agaçant photographe rival...)



borat8 10/04/2013 12:42

Pas si mal que ça finalement. Divertissant, développe mieux la partie lycée que Raimi, bons moments de bravoure, meilleur couple (et pourtant Maguire et Dunst étaient bons). Après, le méchant est
pas terrible et moche, les origines soi disant interessantes ne sont qu'évoqués, la musique de James Horner est assez oubliable (pompe trop sur Elfman) et sfx parfois trop voyants.

voracinephile 10/04/2013 19:59



SFX trop voyants, tu veux parler des interventions de l'homme lézard ? Je trouve son design plutôt efficace dans le genre, mais ses motivations pour étendre le virus à toute la ville, tu sens que
c'est le scénario qui essaye quand même de foutre de la tension là où il n'y en a pas... Musique fonctionnelle (je ne me rappelle même pas du thème principal, alors que pour Elfman, ça résonne
encore dans ma tête), action réduite au strict minimum... Un peu mou du genoux pour prétendre à supplanter son prédécesseur...



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