Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 09:04

Angry-Red-Planet.jpg

 

Avec The angry red planet, on reprend une bonne tranche de cinéma des années 50 dans la face. Je veux bien entendu parler de ces séries B sans le sou nous promettant voyages extra-terrestres, monstres ahurissants et des aventures généreuses. Car ce n’est pas un manche qui s’atèle à la découverte de Mars ! Il ne s’agit rien de moins que d’Ib Melchior, le génie qui, sous le pseudonyme de Sidney Pink, nous avait gratifié de l’inoubliable Reptilicus. Avec un budget à peine supérieur et une brochette d’acteurs tout aussi déterminer à apporter leur pierre à l’édifice de la science fiction nanarde, le film se révèle être un sacré voyage.

L’histoire : Après un retour fracassant sur notre petite planète bleue, la courageuse équipe d’astronautes nous narre les incroyables découvertes qu’ils ont pu faire sur la belle rouge…

 

the-angry-red-planet-naura-hayden.jpg

"Ahhh ! Une maquette !"


Même si il est évident que Angry Red Planet n’atteint jamais le cota de nanardise de Reptilicus (ce dernier est tout simplement inégalable dans son genre, à la fois dans sa générosité suicidaire et le ridicule des effets spéciaux), il faut tout de même reconnaître à ce film une certaine générosité et d’énormes ambitions, puisque seulement après une demi heure de film, nous débarquons sur la planète rouge. Et là, le quota des effets spéciaux s’emballe. Déjà, le caméraman a un véritable coup de génie ! Il met un filtre rouge sur l’objectif, afin d’expliquer d’une façon scientifique la couleur rouge de la planète. Tout devient donc rouge pendant les sorties martiennes, y compris la végétation. Mais Ib Melchior ne trouvait sans doute cela pas assez rouge, aussi, il a rajouté un second filtre qui rend également les zones d’ombre rouges vif. Il ne subsiste donc sur l’image que des ombres grises, le noir et le blanc étant complètement teinté de rouge, gommant complètement les contrastes. Tout cela n’aide pas vraiment à comprendre ce que l’on voit, alors que c’est passionnant. Nos explorateurs revêtent une tenue de motard avec des casques d’aviateurs, mais comme ces derniers avaient tendance à se couvrir de buée, le réalisateur a décidé de faire enlever purement et simplement les visières, car il est davantage important de filmer les expressions faciales des acteurs que de se plier à une quelconque cohérence physique. D’ailleurs, on n’a qu’à dire qu’il y a une atmosphère respirable. Il semble en effet que la végétation martienne ressemble à s’y méprendre à celle du désert californien vu par un filtre rouge. Toutefois, cette bio-diversité a laissé apparaitre des créatures plus fantaisistes, comme une gigantesque plante carnivore en mousse, sur laquelle essaye de bronzer notre scientifique de service. Ah, ces femmes ! Mais Melchior repousse encore plus loin les limites de l’exotisme avec l’apparition terrifiante d’un rat araignée géant (de quoi hurler pendant plusieurs minutes, je n’ose imaginer combien de spectatrices terrifiées se sont lovées dans les bras de leur tendre, pendant que celui-ci rendait grâce à Melchior pour ces monuments de cinéma qui vous arrangent bien des coups sans longues négociations), et une méduse géante avec des yeux en balle de ping pong ! Et avec des bâtiments futuristes et une mer rouge ! Non, mais quand on dépasse les bornes, il n’y a plus de limites ! Malgré le ridicule de la démesure du bestiaire déployé sous nos yeux, Angry red planet adopte un ton très sérieux, et ose même faire un petit twist avec un final menaçant (car si nous avons vu des bâtiments ressemblant étrangement à des dessins rouges, leurs occupants sont restés bien discrets). En bref, si le voyage sur mars tient gentiment ses promesses nanardes, le reste se suit gentiment, avec un bâillement toujours contenu mais prêt à s’exprimer. Un gentil petit nanar en somme, qui se vautre dans le ridicule avec toujours la même énergie, mais en restant plus bavard que vraiment porté sur l’aventure…

 

4/6


1959

de Ib Melchior

avec Gerald Mohr, Naura Hayden, Jack Kruschen

 

angry-red-planet2.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
commenter cet article

commentaires

alice in oliver 29/10/2013 18:22

je préfère essayer de le choper sur youtube. On trouve souvent de vraies merveilles, mais elles disparaissent puis réapparaissent rapidement...

alice in oliver 27/10/2013 16:51

je le connais de nom puisqu'il est sur nanarland. Par contre, pour le trouver...

voracinephile 28/10/2013 19:06



Impossible sans avoir recours au téléchargement... Il vaut le risque.



alice in oliver 26/10/2013 15:56

le passage sur Mars, soit l'essentiel du film, est une vraie pignolade. Un nanar coup de coeur pour ma part

voracinephile 26/10/2013 18:28



Clairement, dès que Melchior voit un moyen de faire un bras d'honneur au réalisme, il n'hésite pas ^^ Tout à fait le style généreux de ces films de SF nostalgiques. Tu as déjà pu essayer
Reptilicus ? Il devrait vraiment te plaire !



princécranoir 26/10/2013 13:40

Il s'en passe décidément de drôles là-haut ! Et dire que les types de "mission to mars" n'ont même pas été foutus de mettre la main sur ces bestioles géniales !

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche