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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 18:16

110112-celebs-the-bay-movie.jpg

 

 

Ah, Oren Peli… Le mec qui a compris qu’avec presque rien, on pouvait faire des montagnes de frics en misant sur la vie filmée de deux classe moyenne dans leur pavillon de banlieue hanté… Sa formule marche tellement bien que les émules naissent de partout, avec plus ou moins d’inventivité (The tunnel) ou de pertinence (Chronicle). Voici qu’arrive The Bay, manifeste écologique moins couillon qu’il n’en a l’air, mais tout aussi frustrant que ses concurrents dans le domaine. Production Oren Peli, ça va sans dire…

L’histoire : Cette histoire est bien sûr vraie. De nombreux évènements étranges viennent troubler le calme de Chesapeake Bay. La mort inexpliquée de deux scientifiques dévorés par un animal inconnu et la disparition progressive de la faune locale attire l’attention d’une équipe de chercheurs écologiste, pendant qu’une mystérieuse épidémie se répand dans la population locale…

 

the-bay-clips-nycc-2012.jpg

 

Il faut néanmoins relever la méthodologie de The Bay, qui objectivement essaye de constituer son histoire avec une certaine organisation scientifique, collectant les preuves dans un ordre logique et n’osant jamais faire de liens facile, quitte à paraître lourd en insistant plusieurs fois sur des faits pour tracer un chemin logique et indiscutable. Cette lourdeur (on comprend tout de suite le problème, on identifie rapidement la source, mais nos doutes ne constituent pas des preuves) rebute, mais elle est tout à fait logique dans le cadre d’une démarche scientifique pour montrer l’existence d’un problème. Cependant, comme c’est imaginaire, on annihile ici le spectaculaire pour lui privilégier la démarche et la crédibilité, ce qui nous fait une belle jambe puisque l’histoire n’est pas réelle. Mais une fois encore, elle est crédible car bien construite, et pour être en master de chimie environnementale, les mécanismes environnementaux qui sont décrits ici sont effectivement crédibles. The Bay nous raconte donc l’histoire d’une ferme alimentaire qui utilise des kilos de stéroïdes pour développer rapidement ses animaux, et qui en rejette une partie dans l’eau de la rivière avoisinante. Manque de pot, un parasite aquatique assimile également ces stéroïdes, qui stimulent leur croissance et leur appétit. Les poissons sont les premiers à trinquer, puis vient le tour des consommateurs de poisson et des baigneurs… On n’a donc pas affaire à de grosses bêbêtes, mais à pleins de petites saloperies qui bouffent les hôtes de l’intérieur. Le sujet est effectivement intéressant et peut être sujet à faire une bonne petite série B, mais comme dit précédemment, le film sacrifie le spectaculaire à une organisation lourdement descriptive. C’est donc réaliste mais peu spectaculaire, il n’y a finalement que peu de gore (un certain quota quand même, mais ça reste très rapide) et les effets spéciaux sont dignes d’Apollo 18 en termes d’efficacité. On voit le parasite, mais il ne fait pas très peur, et le climat psychologique n’est pas vraiment terrifiant. Il y a la matière pour une ambiance, mais aucun rythme, malgré une musique qui se veut horrifique, sans grand succès. Et quand ça commence à dégénérer, on retombe dans les clichés du genre (un type contaminé se suicide après avoir tiré sur la police soit disant pour les faire fuir, les gens meurent dans la rue, il faut sauver bébé de ces méchants parasites…) sans la moindre gêne. Finalement frustrant dans son prétexte de documentalisme opportuniste, The Bay ne parvient pas, malgré la rigueur qu’il s’impose, à susciter l’intérêt sur la longueur, tant son côté documenteur le rend agaçant… Toutefois, il y a là plus de matière que dans les documenteurs habituels (et le pitch est très bis), donc pourquoi pas, même si c'est bavard...

 

1,3/6


2012
de Barry Levinson
avec Kristen Connolly, Jane McNeill

 

http://www.chud.com/wp-content/uploads/2012/11/the-bay-fish-isopod.jpg

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commentaires

borat8 22/04/2013 22:56

Donc tu sais quoi faire. Personnellement je suis véritablement tombé sous le charme dès que je l'ai vu. Il y a une poésie dans cette histoire d'amour qui est merveilleuse. D'autant que l'ami Jim se
révèle immédiatement touchant.

borat8 22/04/2013 14:06

Revois peut être Eternal... parce que c'est vraiment un sacré beau film. Et c'est autre chose que Lost in translation.

voracinephile 22/04/2013 22:49



Je lui redonnerai sa chance, je l'ai toujours conservé depuis ma découverte.



borat8 21/04/2013 14:05

Je te conseille donc Man of the moon de Milos Forman, où il incarne Andy Kaufman, comique américain anti-conformiste et qui jouait ses rôles jusqu'au boutiste au point que beaucoup ne le comprenait
plus. C'est le cas de sa femme qu'il a rencontré lors d'un combat de catch amateur où il jouait un gros macho! IL avait fini par lui dire que c'était simplement le personnage qu'il jouait et hop
c'était le coup de foudre!
Sinon il y a les deux que je t'ai cité ainsi que le film de Gondry Eternal Sunshine of spotless mind.

voracinephile 22/04/2013 07:51



Oui, j'ai entendu parlé de ce Man on the moon, une belle performance à ce qu'il paraît. Quant à Eternal Sunshine of the spotless mind, ta remarque me fait me souvenir que je l'ai vu. C'est dire
si il m'a marqué. En général, à part Be Kind Rewind et sa fièvre parodique, je n'accroche pas à Gondry. Ca demanderait un nouvel essai, mais, comme pour Lost in Translation, aucune affinité, pas
de coup de foudre...



borat8 21/04/2013 00:19

Et encore il m'arrive encore de voir quelques films que je n'ai jamais vu. Ce fut le cas récemment de Braqueurs amateurs, qui est meilleur que Bruce Tout puissant et Yes man par exemple. Une bonne
petite critique de la crise chapeautée par Judd Apatow. Pareil pour I love you Phillip Morris où il livre une partition tout en émotion et filouterie rare. Tu t'es arrêté sur quels films?

voracinephile 21/04/2013 10:50



On va dire que, basiquement, j'ai vu The Mask, Menteur menteur et Ace Ventura quand j'étais jeune, et plus tard, the Truman show (sa meilleure performance d'ailleurs), le nombre 23, Bruce. Je
passe sous silence Batman forever...



borat8 19/04/2013 23:28

Entre hier soir et ce soir, j'ai fais un cannular SMS à un copain en lui sortant que des vannes de Jim Carrey. Autant dire The Mask, Ace Ventura et Bruce TOUT Puissant sont passés sévère. Dumb et
Dumber est sacrément débile mais qu'est-ce que c'est bon. De toutes manières, selon moi, les Farrely n'ont jamais fait de meilleurs films qu'avec Jim en rôle titre.

voracinephile 20/04/2013 23:43



^^ Il y a donc bien tout un pan de la filmo de Jim Carrey à (re)découvrir. Je connais ton attachement pour l'acteur de toute façon ^^. Je reconnais qu'il a été une petite icône de mon enfance
(pour The Mask surtout), mais je l'ai complètement perdu de vue depuis...



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