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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 18:36

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Depuis que Nolan a réalisé sa trilogie sur le Batman et refondu le mythe pour des thèmes plus actuels, tout le monde semble s’être aligné sur ce nouveau standard. Les irréductibles de sont réfugiés dans les jeux vidéos (les excellents Arkham Asylum et Arkham City)… ou les DTV avec The Dark Knight returns. Ce dernier, réalisé en deux parties, possède l’excellent avantage d’allier à la fois l’esprit badass du héros et de son univers (méchants icôniques) et des idées politiquement très engagées qui tendent à faire jubiler le spectateur, qui peut alors prendre avec distance ce film osant parodier la réalité et certains de ses travers. Une véritable surprise dans son genre.

 

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The dark knight returns, part 1 : Cette première tentative marque un coup d’essai réussi, malgré une vision très « cobra » de la justice (mais sans la peine de mort généralisée à tous ces criminels qui sentent mauvais et qui sont laids comme des communistes). Mais ce manichéisme est assez propre à l’esprit de Bruce Wayne, d’ailleurs montré ici comme ayant des tendances schizophréniques. Question histoire, 10 ans après la dernière apparition de Batman et à 1 mois de la retraite du commissaire Gordon, un vaste gang met Gotham à feu et à sang. Les flashs infos relaient leurs méfaits avec moults détails gores (meurtres d’enfants, tueries gratuites…), la police est dépassée, bref, le batman revient parce qu’il fait mauvais temps, et parce que la criminalité a changé. Aussi faut-il prévenir qu’on tient là un des animés les plus violents mettant en scène un héros aussi populaire. The dark knight returns a des airs de Robocop, à la fois par sa violence (du sang gicle quand les balles fusent) et par sa lecture intelligente de l’actualité. Traitant frontalement les dérives psychologiques (un double face complètement atteint) et dénonçant avec violence les psychiatres défendant les criminels en en faisant des victimes, le récit se teinte d’une sacré noirceur quand il s’agit de faire intervenir les figures connues des ennemis de la chauve souris, et n’a de cesse de faire progresser les enjeux, en se focalisant finalement sur la menace des Mutants, menés par un chef de gang dégénéré qui n’a rien à envier à Bane. C’est d’ailleurs au cours des affrontements contre cet adversaire que le film se révèle d’une violence sèche, Batman se faisant tout simplement démolir la gueule à coup de pieds de biche. Dans le genre maltraitance d’icône, y a du sang qui coule. On rajoute le personnage de Robin, adolescente dégoûtée par sa génération de branleurs d’étudiants, et on obtient une équipe motivée.  Et par-dessus cela, une nouvelle couche de politique s’ajoute. Le maire, dans un vent de démagogie, commence à vouloir négocier avec les criminels, les politiques perdent leurs couilles alors que les Mutants se répandent en ville, jusqu’à ce que Batman se décide à combattre à nouveau le chef des mutants dans un combat à mains nues, histoire de bien démoraliser le gang. The dark knight returns a cette idée en tête : l’humanité est constituée de beaucoup de suiveurs, et c’est finalement au leader d’incarner l’exemple et la ligne de conduite. Le film ayant l’intelligence de cerner les points sociétaux relatifs à l’existence de Batman et à les exposer clairement, le spectateur est parfaitement en état de prendre de la distance et de réfléchir de son côté, histoire de profiter pleinement de cet épisode, un peu plus riche qu’un Batman contre le fantôme masqué. Une œuvre intense, mais qui déplaira aux opinions de gauche (quand un interviewé dit « On devrait défendre les droits des criminels, ces gens sont victimes du cadre dans lequel ils vivent, et méritent d’être réinsérés avec notre aide… hein ?... Ah non, je ne suis pas de cette ville ! », on sait qu’on a pas affaire à de la langue de bois).

 

4,5/6


2012
de Jay Oliva
avec Ariel Winter, Peter Weller

 

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The dark knight returns, part 2 : On tient clairement ici le meilleur opus des deux, sur tous les plans. Pour les fans de Batman, rarement le héros aura été aussi charismatique et vecteur d’une volonté citoyenne de cette trempe. L’arrivée du Joker (qui ridiculise sur tous les plans le petit histrion fabriqué par Nolan) comblera tout le monde, et l’arrivée d’un atout de très gros calibre, avec des réflexions sur les mythes du super héros et du vigilante, feront tout simplement jouir les partisans du justicier de l’ombre. D’un point de vue mythe, ce film est une aubaine inespérée, qui tire les personnages à de bien plus ambitieuses intentions que son prédécesseur. Inutile de dire que ce film n’est toujours pas à destination des enfants, au vu de sa violence (Batman se fait littéralement éventrer par le Joker) et de son intelligence. Car pour ceux qui seraient moins fascinés par les costumes (j’adore celui de Bruno, sorte de blonde pulpeuse poitrine découverte avec des croix gammées cachant ses mamelons, très calquée sur les manifestantes du Femen), la portée politique de son prédécesseur est tout simplement décuplée ici. Poursuivant son travail de ridiculisation du corps psychologique camouflant son incompétence derrière un jargon technique, lançant sans cesse la polémique sur la violence du vigilante masqué, décryptant avec limpidité le déroulement d’un conflit entre américains et soviétiques (le film en profite pour dézinguer l’armée américaine avec autant de férocité qu’un Starship Trooper ou un Watchmen) en faisant passer le président Ronald Reagan pour un enfoiré notoire, le film va de jubilation en jubilation, ne se contenant jamais et osant le politiquement incorrect avec une intensité frontale qui balaie avec énergie n’importe lequel des opus de Nolan. Il est impossible pour le spectateur de retenir une telle joie, devant une telle intensité, un tel aboutissement d’une saga aussi courte que définitive. Et c’est probablement sur le terrain social que ce Batman est le plus fédérateur. Abandonnant l’idée d’un patriotisme ringard pour celui d’aide à la collectivité locale, le film ose le virement sur le genre « catastrophe » en exposant Gotham aux effets collatéraux d’une explosion atomique, et en suivant les mouvements sociaux. Cernant avec une justesse manichéenne les citoyens s’entredéchirant pour leur survie (les pillages alors que les ressources sont coupées, le climat de peur de guerre nucléaire) et les criminels notoires reprenant leurs activités (le crime ne rapproche pas, contrairement à l’entraide), Batman sort tout simplement ses couilles pour ramener de l’ordre avec les gangs, redonnant de la volonté au peuple pour survivre et restaurer l’ordre gravement touché. Un message bourrin, mais fédérateur, et surtout d’une sincérité plutôt touchante au vu de l’individualisme et du matérialisme exposé en société. Surprenant à bien des niveaux, et culminant dans un dernier affrontement aussi attendu de jubilatoire, The dark knight returns est une bombe atomique, une véritable surprise, qui compense son animation un peu carrée et fonctionnelle par une richesse thématique éblouissante, doublé d’une noirceur frappante (Celina Kyle, devenue une alcoolique boudinée et dépressive, et un joker tuant des dizaines de personnes). Bon sang, pas été aussi enthousiaste pour un animé depuis l’épisode 0 d’Ichi the killer.

 

5/6


2013
de Jay Oliva
avec Peter Weller, Ariel Winte

 

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commentaires

Vince12 22/02/2014 14:31

Première partie excellente et dois je l'avouer j'ai très envie de voir la seconde.

voracinephile 23/02/2014 02:20



Tu devrais la trouver facilement... Tu verras, elle est encore bien meilleure que la première. Rien que le politiquement incorrect... digne d'un Verhoeven. Et rarement les icônes des héros auront
été autant exploitées pour faire passer un message...



borat8 30/01/2014 18:56

Il faut dire que c'est un vrai livre de chevet et le meilleur épisode de Batman selon moi. Putain qu'est-ce que j'aurais payé pour voir Clint Eastwood en Batman comme c'était prévu...

voracinephile 03/02/2014 17:34



Bon sang, dirty harry encore plus tordu que dans les années 70...



borat8 29/01/2014 00:42

En même temps, le bouquin était très politiquement incorrect. Batman qui fout la paté à Superman c'est un moment d'anthologie. Pareil pour Catwoman qui se fait torturer par le Joker et passe pour
une prostituée. C'était déjà le cas dans le livre de Miller.

voracinephile 30/01/2014 10:17



Et bien il y a tout cela dans l'animé (sauf pour Selina, dont la torture nous est épargnée, mais qui vie effectivement comme une prostituée). L'animé n'aura sans doute pas de secrets pour toi
dans ce cas.



borat8 27/01/2014 20:27

J'ai un peu peur de le voir à cause de mon admiration pour la BD et aussi parce que c'est parfois trop copier-collé. C'est ce qui s'est passé sur Batman year one. Reste que les films d'animation
Batman sont souvent grandioses.

voracinephile 28/01/2014 00:45



Surement que ça doit un peu trop coller au matériau d'origine. Et avec du recul, je me rends compte que le second film se rapproche beaucoup de Watchmen dans le politiquement incorrect (en
mettant des héros très connus en scène). Mais le résultat est tout simplement jubilatoire. Pas vu de dessins animés aussi jouissifs depuis des années (je citais Ichi the Killer pour une question
d'efficacité, mais en vérité, aucun film de ce genre ne m'avait autant emballé jusqu'ici, j'aurais pu citer Redline ou Paprika comme d'autres orgasmes cinéphiles). Je te les recommande
grandement. En plus, les dvds ne sont vraiment pas chers...



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