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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 17:00

http://www.filmsfix.com/wp-content/uploads/2012/05/The-Dark-Knight-Rises-poster-Bane-RISE.jpg

ATTENTION : SPOILERS INSIDE

 

Une des plus grosses attentes de cette année, après la demi-molle Pormetheus (que je défends toujours), c’était The dark knight Rises, une suite attendue au tournant car annonçant d’office la conclusion du cycle Batman dirigé par Nolan. Pour ne rien cacher, j’avais de grandes craintes au vu des bandes annonces, les producteurs ayant dû peser de tout leur poids sur cette conclusion (et ils ont en partie gagné au vu du final)… Toutefois, le constat est rassurant. Si on n’est pas au niveau de Batman Begins, on a des promesses tenues et des moments de bravoure sympathiques.

L’histoire : Huit ans après The Dark Knight, Bruce Wayne vit reclu dans son manoir. Mais une menace prend forme et menace Gotham en la personne de Bane, terroriste extrémiste œuvrant dans l’ombre à la destruction de Gotham City…

 

http://cdn-premiere.ladmedia.fr/var/premiere/storage/images/cinema/news-cinema/les-secrets-de-the-dark-knight-rises-qui-est-marion-cotillard-3435044/62499402-1-fre-FR/Les-secrets-de-The-Dark-Knight-Rises-qui-est-Marion-Cotillard_portrait_w532.jpg

 

Tout d’abord, ce film va me permettre de moucher gentiment ceux qui ont enfoncé Prometheus dans la boue et qui ont porté aux cieux ce nouvel opus de Batman, qui ressemble un peu au blockbuster de Ridley Scott au vu de l’agencement de ses ingrédients. Commençons par les points positifs. Batman revient au centre du récit, même si il a perdu la forme (physiquement il fait largement moins le poids qu’avant, et les confrontations avec Bane-la montagne de muscle- en seront davantage mouvementées). Psychologiquement, la sauce commence à prendre après la première heure, quand le plan maléfique de Bane commence enfin à se mettre en marche et vire alors en une sorte de remake d’Une journée en enfer, avec cette fois ci des bombes à tous les coins de rue et une intelligente gestion de l’hystérie collective. On l’a vu dans les bandes annonces, l’explosion du stade et l’isolement de l’île de Gotham constituent les éléments déclencheurs de la panique qui va s’emparer de Gotham (si les symboles sont un peu trop appuyés à mon goût (le gamin qui chante l’hymne américain dans un silence religieux quelques secondes avant l’explosion), l’effet est réaliste). On a notamment une tentative intéressante de suivre l’instauration d’un communisme révolutionnaire où les habitants de classe moyenne saccagent les quartiers riches et montent un « tribunal des peines » pour exécuter tous ceux qui gênent le mouvement populaire. On retrouvera d’ailleurs le succulent Cillian Murphy, irrésistible dans son rôle de juge taré qui condamne tous ses accusés. La pagaille populaire est d’ailleurs amplifiée par la libération de tous les prisonniers de Gotham, qui jouent le rôle d’excitateurs populaires (ils sont en grande partie l’élément qui me fait acquiescer à la vision pessimiste des faits, leur impact sur la population étant direct (alors que dans Blindness, c’est la population elle-même qui était pourrie)). Batman assiste impuissant à la manœuvre, et c’est au prix d’efforts énormes qu’il pourra revenir à Gotham pour aider la population, libérer les policiers enterrés dans les égouts de la ville depuis les attentats de Bane et neutraliser l’engin atomique qui menace à tout instant d’exploser. Psychologiquement, la violence de certaines séquences est donc payante, nous montrant Gotham au bord de l’explosion, contenue par les militaires (qui préfèrent faire sauter le seul pont existant devant les otages plutôt que de risquer une représaille). On ajoute à cet excellent contexte de bons personnages secondaires, comme Joseph Gordon Lewitt qui campe une jeune recrue assez attachante (qui devinera bien vite qui est Batman, et qu’on pressentait pour porter des collants), et Michael Caine qui laisse enfin poindre des larmes. Bane est quant à lui une force tranquille, une montagne de muscle qui ne craint pas la douleur et qui se dévoue corps et biens à sa mission de destruction. Il est d’ailleurs tellement sobre qu’il devient le méchant le moins notable de la saga (même si son entrevue avec un chef de pègre auquel il casse le nez lui donne une belle aura). Entre les deux se trouve Catwoman, le personnage le moins bien traité du film. Elle est simplement une voleuse de luxe qui va nous donner l’occasion d’avoir quelques blagues, mais sinon, à faire des missions et des coups de traitres ça et là, elle est inutile. Et la scène où elle embrasse Batman est un grand moment de soupir tant on sent l’exigence du cahier des charges. La fin impliquant le sacrifice de Batman, on concluait vraiment en beauté. Mais brutalement, le film perd ses couilles. Bruce Wayne réapparaît le temps d’une scène en ruinant la belle fin qu’on lui donnait, Joseph se fait appeler Robin (ouh là, on sent déjà venir la suite), Alfred est au courant… Les exigences des producteurs se font sentir. Et en y repensant, on découvre pleins d’incohérences ou de trucs agaçants. Premier point noir, Marion Cotillar, qu’on sent d’un opportunisme sommaire. Passant le plus clair de son temps à déblatérer des dialogues longs et mous, elle se révèle brutalement être au cœur d’un double twist aussi abracadabrantesque qu’opportuniste (n’ayant pas d’idées, le film choisit de ressusciter l’organisation de Rasal Goul pour menacer Gotham, Rasal Goul a un enfant…). En ajoutant à cela la mort la plus minable de sa carrière (elle tousse, puis ferme les yeux et hop, on doit croire qu’elle est morte). Bane connaît l’identité de Batman sans qu’on sache d’où il la tienne, et il meurt lui aussi de façon complètement expédiée (une roquette dans le bide et bam, rideau). Le film se complaît dans une technologie superflue (les multiples batmobiles complètement inutiles (elles servent à exploser), des flics enfermés sous terre pendant trois mois ressortent avec des uniformes impeccables (lavés et repassés), un camion tombe de 3 étages en tuant ses deux conducteurs, et Jim gordon qui était dans la remorque pas attaché sort simplement avec ses lunettes de travers, la première heure n’en finit plus de bavarder de sujets divers et variés (The Dark Knight aussi était verbeux, mais il disait des trucs)… Si les deux tiers sont divertissants, le film traîne un peu parfois, tout en délivrant la marchandise. Un bon film d’action, mais on n’est pas à la même hauteur que les débuts…

 

4/6

 

2012
de Christopher Nolan
avec Christian Bale, Gary Oldman

 

http://moviesmedia.ign.com/movies/image/article/114/1144798/the-dark-knight-rises-20110119103041795.jpg

Catwoman, qui semble vouée à ne jamais trouver le ton juste autrement que chez Burton...

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commentaires

Zogarok 31/08/2012 18:41

La foule justement est "pourrie", elle suit le premier prophète bourré venu... Beaucoup d'exigences plombantes, ça c'est certain...

voracinephile 31/08/2012 20:54



Hum, tu souffles sur les braises du doute. Je vais me tourmenter jusqu'à ce que je l'ai revu. A dire vrai c'est clair que la foule n'a pas vraiment de plomb dans la cervelle depuis la petite
expérience du joker. Mais je ne trouvais le film pas si mal construit.



Zogarok 31/08/2012 18:39

Comment dire... je mettrais bien Nolan en prison pour outrage à l'esprit de rébellion et au bon goût.

voracinephile 31/08/2012 20:41



Mais voilà un avis délicieusement borderline... Qui mérite d'être développé en tout cas, j'attends ta chronique.



princécranoir 05/08/2012 18:44

Devant un tel assaut contre le dernier Dark Knight sorti, je me dois de rejoindre l'ost de Borat au secours du Chevalier Noir.
J'entends bien les remarques sur la crédibilité des faits (une pierre dans le jardin de ceux qui comme moi avaient démonté Prometheus sur ses incohérences) mais selon moi le métrage de Nolan ne
touche pas aux mêmes angoisses. Alors que celles de Scott se veulent existentielles voire métaphysiques (virus "malickien"), celles de Nolan sont sans doute beaucoup plus pragmatiques à travers une
lecture transparente des grands boulversements géopolitiques qui agitent notre monde depuis le début du siècle. La chute du héros n'en est que plus poignante. dépouillé de ses milliards et brisé
par un adversaire physiquement plus fort que lui, il doit revenir à ses fondamentaux. The Dark Knight Rises est presque un reboot (le phenix noir qui renaît de ses cendres dans la dernière partie)
plutôt qu'une clôture. Quant aux autres personnages, je te trouve assez dur en ce qui les concerne. Catwoman est un personnage au contraire assez intéressant, indépendante et farouche. Le twist
Cotillard se flaire à mille lieues à la ronde mais je trouve qu'il fonctionne quand même. Bane est, pour une fois, un méchant qui ne passe pas son temps à en faire des tonnes, symbole d'une
minorité muselée qui prend sa revanche. Quant à la fin, elle évoque la toupie de "Inception", dont la clarté étrange de l'image introduit ce principe d'incertitude qui caractérise le cinéma de
Nolan (est-ce une vraie happy end ou un espoir mensonger ?). Bref, c'est pour moi, de loin, le meilleur des trois.

voracinephile 05/08/2012 22:00



^^ Je salue le courage d'une telle croisade en milieu hérétique ! Clairement le nouveau Nolan se fonde sur la peur du terrorisme et cerne plusieurs des maux de notre société. Tout du moins il les
aborde. Car si je suis d'accord que l'attaque de la bourse est représentative, elle avait déjà été traitée dans Batman begins (en catimini, avec l'attaque de l'économie de la ville qui coûta à
Bruce ses parents). Ici, c'est simplement une attaque spectaculaire, et quand Bruce apprend qu'il est ruiné, à part s'éclairer à la bougie, je ne trouve pas l'impact saisissant. D'accord pour la
renaissance, elle est en effet claire avec Bruce qui doit dépasser ses peurs avec le fameux grand saut pour s'échapper de la prison, au rythme d'une mystique transe des prisonniers. Mais pour ce
qui est de la santé physique, c'est juste complètement improbable, et ce n'est pas un PETIT détail. Si ce n'était qu'accessoire, ça passerait, mais là, la réparation de sa colonne tient du
miracle ! Une coupe dans les dialogues aurait pu éviter une telle bavure !


Concernant Catwoman, elle fait certe quelques missions, mais quand on fait le bilan, on se rend compte que Batman aurait pu facilement faire sans elle. Sa seule véritable contribution, c'est de
tuer Bane en appuyant sur un bouton (fin ô combien expédiée). Quant au twist Cotillard, il fonctionne parce qu'il s'inscrit dans la logique de l'histoire, et aussi avec les cicatrices de Bane (on
dit qu'il les a eu en prison, mais le gamin qui s'enfuit n'en a pas). Mais le twist est trop gros pour moi, il parle de retour aux sources alors que je sens plutôt un gros coup de mou des
scénaristes (seuls les comics peuvent me convaincre à ce stade).


Bane, quant à lui, est en effet le méchant le plus sobre de la saga et l'un des plus imposants, puisqu'il est le seul à aller vers la confrontation physique. Mais si il se domine clairement, il
n'est pas aussi fascinant que ne l'étaient le Joker ou encore l'épouvantail. Tu comprends direct ce qu'il veut et comment il fonctionne. C'est une force monolithique qui va dans une direction et
que rien n'arrête. C'est le moins cabotin, mais c'est clairement celui qui m'a le moins intéressé. En revanche, la situation qu'il déclenche est beaucoup plus intéressante, et pour le coup
l'intelligence du scénario s'y ressent.


Intéressante vision de la fin, je vois quelle idée tu veux me faire partager, mais tant que je n'aurai pas revu le film, je resterai sur cette idée du Happy end (le flambeau va être repris, Bruce
est vivant et sur le chemin de l'apaisement, Alfred n'a plus le coeur lourd, Gordon a de l'espoir...).


Dans son jusqu'auboutisme, et vu qu'apparemment il respecte bien l'esprit des comics, j'ai bien saisi ta position vis à vis de ce chapitre final, mais de mon côté, il est inférieur aux deux
premiers. Ceci dit, tu es le premier à m'opposer des arguments aussi détaillés ^^



Vince12 04/08/2012 22:51

pour Arrabal je sais que tu voulais revoir Viva la Muerte. Donc mieux vaut prendre ton temps ;)
Pour rester sur Batman je ne sais pas si tu as découvert Arkham City depuis notre dernière conversation sur le sujet ?

voracinephile 05/08/2012 09:41



Pour viva la muerte, c'est prévu.


Quant à Arkham city, toujours pas essayé, mais on m'a bien mis l'eau à la bouche. Dès que je tombe sur un pote qui l'a acheté pour PC, je lui emprunte. Je dois aussi tester Diablo III qui est
apparemment une tuerie.



gangstermomo 04/08/2012 02:43

tu sais que je suis un grand fan de nolan je troue ce film un tout petit peu decevant dans le sens ou c'est trop peu realiste alors que nolan dans ses 2premiers batman recherche vraiment a faire un
batman realiste de pas en faire un superhero movie mais un polar-actiondonc oui decu sinon je le trouve bcp moins decevant que prometheus
mais pour moi c'est le meilleur gros budget de l'année (meilleur que hanger games ou blanche neige ou territoire des loups ou avengers ou battleship ou john carter)
grand merci a warner (production) d'avoir gaché ce film en demandant a nolan de laisser bruce vivant et de faire apparaitre robin pour prevoir surement une suite
je suis plutot d'accord sur la note du film (ce qui est rare)

voracinephile 04/08/2012 10:52



Momo est d'accord avec une de mes notes ? Champagne ! Clairement, il y a des incohérences (que les fans combattent en disant qu'un s'agit d'une adaptation de comics et que ce n'est par conséquent
pas réaliste), mais globalement, je trouve que c'est du bon boulot. Je dois encore tester Battleship, avengers et John Carter, mais il a en effet de bonnes chances de figurer dans mon top... avec
Prometheus ^^



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