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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 10:31

The_Descent.jpg

 

http://az-movies.a.z.pic.centerblog.net/o/d9c6ef0e.jpg

 

En 2005, les amateurs d’horreur qui ont dédaigné le gore poisseux de Hostel ont pu se tourner vers une autre référence de cette décennie en la matière : The descent. Réalisé par un Neil Marshall dont on n’attendait pas grand-chose depuis le sympathiquement bancal Dog soldiers (bidasses vs werewolves), le film surprend par la multiplicité d’éléments horrorifiques qu’il utilise tout au long de son film, en commençant sobrement par un traumatisme et en finissant en série B traumatisante (tout du moins, en Europe, les Etats Units s’étant vu gratifiés d’un happy end). Toujours est-il qu’on tient assurément là un des meilleurs films de genre récents, car se révélant original, efficace et plus appliqué dans son univers (les conditions de tournages sont d’ailleurs assez bien expliquées dans le making of). Tout pour être aimé, en somme. Devant un succès aussi bien critique que populaire, la société de production se frotte les mains, attend un peu que les ventes se ramollissent (on le trouve maintenant pour une bouchée de pain un peu partout) pour annoncer la mise sur les rails d’une séquelle. Alors qu’on s’est pris le moyen Vertiges et le nanardeux Humains dans la gueule, ça fait vraiment plaisir, on s’attend à un peu d’air frais dans ce sous genre en plein développement. En revoyant fortement nos ambitions à la baisse (le film fonctionne comme une grosse série B mal fagotée), le divertissement est néanmoins là, malgré des fautes de script monstrueuses qui prouvent une fois encore que peu de responsables en effets spéciaux ont des talents de réalisateurs (j’émets des réserves pour Tom Savini). Un peu mal foutu, la réception est décevante, mais le film arrive à compenser avec quelques séquences jouissives qui seront les seuls atouts de cette suite pas loin du fiasco. Si Neil n’en reprend pas les rênes, je ne sais pas ce qu’il faut attendre du troisième.

 

http://horrorshow.toile-libre.org/wp-content/uploads/2010/10/TheDescent251205-1.jpg

 

The descent : L’approche de l’horreur avec ce film frôle la perfection, car elle l’inclut peu à peu dans le récit par le biais d’une ambiance excellemment bien gérée et des effets mesurés avec justesse. Prenant pour prétexte une sortie spéléo entre amies, Neil nous enferme avec elles dans un dédale de grotte labyrinthique, où il fait un peu plus monter la tension à chaque nouvel obstacle. S’arrangeant d’abord pour faire écrouler un boyau privant nos héroïnes d’un retour sans dommages, nous assistons à une véritable lutte de survie, d’abord dans un univers hostile (la peur du noir, les trous, les gouffres, tout est fait pour rendre le spectateur aussi claustrophobe que si il était dans la grotte), puis face à la race des Crawlers, qui rampent dans le noir jusqu’à une apparition aussi glaçante que réussie. Devenant dès lors un pur survival, avec quelques séquences gores bien soutenues par une ambiance sans temps mort, la tension du film reste tout simplement ininterrompue jusqu’à son dénouement. Une prouesse due en grande partie au sérieux avec lequel le projet est traité. Neil Marshall apporte déjà un grand soin à ses créatures, avec des maquillages crédibles et un mode de déplacement très bien chorégraphié. Agile aussi bien sur des parois rocheuses que dans de l’eau, les crawlers sont une menace omniprésente, qui nous pèse dessus de tout son poids avant qu’on arrive à les identifier, et qui d’un point de vue physique se révèleront à la hauteur de nos attentes. Avec des comportements sociaux primaires au sein de leur groupe, ce sont des monstres particulièrement crédibles dans le paysage cinématographique britannique. Neil apporte aussi un grand soin à son éclairage, en justifiant chaque source de lumière utilisée par nos héroïnes (pas un projecteur visible). Certains se retrouvent alors en grande majorité composés de noir, mais dans un climat aussi parano, cette imperfection (qu’on a reprochée à d’autres comme Pandorum) passe plutôt bien. Enfin, le film utilise un langage symbolique assez fort, avec le traumatisme de Sarah exposé en début de film, puis ses cicatrices morales (les fréquentes intrusions de son enfant dans ses moments d’inconscience) et ses différents stades d’évolution psychologique vers la tueuse sanguinaire qu’elle deviendra une fois recouverte de sang (euthanasie d’une camarade, gradation dans les ennemis liquidés). Toute cette évolution, Neil Marshall n’en perd pas une miette, ce dernier aimant particulièrement nous décrire des portraits de femmes fortes (un bref coup d’œil à sa filmographie suffit pour s’en rendre compte), quitte à s’offrir quelques raccourcis de scénarios (la tromperie pour justifier la vengeance, totalement inutile là où la simple survie ou même la « mission » confiée implicitement par la mourante étaient déjà relativement suffisant). Un poil trop réfléchie pour une œuvre surtout physique ? Ca ne gâche en rien le spectacle, qui supporte étonnamment bien d’être revu, qui plus est sur grand écran. Avec des effets spéciaux à la hauteur (on reprochera seulement un gore trop éclaboussant) et des décors de grottes fabriqués en studio (aucun site naturel n’a été utilisé pour les prises sous terre, tout est en polystyrène, il a fallut refaire tous les bruitages en post prod), le résultat est là, et tient presque du miracle, tant l’ambiance parvient à conserver sa force d’un bout à l’autre du long métrage. Un classique instantané.

 

5/6

 

2005
de Neil Marshall
avec Natalie Jackson Mendoza, Shauna Macdonald

 

http://4.bp.blogspot.com/-qbtGZM3eFJU/TdK5np3gXAI/AAAAAAAAABk/3BnL3sxNsts/s1600/the_descent_profilelarge_gif_RE_The_scariest_movie_all_time-s595x256-95522.jpg

 

The descent Part 2 : Y a pas à dire, cette suite cède à presque toutes les facilités qui pouvaient s’offrir à elle. Il est d’ailleurs très drôle de voir dans les scènes coupées une scène d’introduction du film bien mieux réussie que celle proposée par la version définitive du film. En effet, ce nouvel opus reprend là où se sont arrêtés les ricains, à savoir le happy end. Les européens ? Fuck’em up ! Avec une intro aussi peu respectueuse de l’original, ça commence mal. Ca s’aggrave quand nous découvrons notre héroïne sur son lit d’hôpital. On lui demande des explications : paf amnésie. Waow, c’est seulement la 45ème fois qu’on nous fait le coup ! Particulièrement énervant de se voir ressortir un prétexte éhonté pour nous renvoyer au casse-pipe. Au moins, ça ne prend pas trop longtemps, on se retrouve sous terre après 20 minutes de films. Mais on ne commence à apercevoir des crawlers qu’à partir de 40 minutes. Le film fait 1h20, c’est vraiment light (la moitié du film est une introduction, alors que nos attentes sont déjà définies : on sait sur quoi on va tomber). Et rapidement, nombre d’incohérences viennent cribler le tableau des tares du film. Les éclairages sont nettement plus cinématographiques (on distingue la présence de projecteurs), la découverte de la caméra se fait dans une salle alors qu’elle avait été abandonnée dans une autre, deux escaladeurs grimpent la paroi dos à dos en tentant d’être discrets et en gardant leurs lumières, alors qu’ils ignorent la faiblesse des créatures (facilité de script)… Sans parler du shérif, personnage absurde au possible qui fait tout pour faire chier notre héroïne en emmerdant la prudence et la logique, et mourant d’une façon tellement drôle que le personnage pourrait presque devenir involontairement culte. Et que dire de cette fin, si ce n’est qu’elle provoque un ultime éclat de rire tant sa débilité (car on en est à ce stade) frappe. Tournant parfois au ridicule, la comparaison avec le modèle en est presque gênante. Cependant, on peut noter quelques tentatives honorables de Jon Harris. L’évolution du statut de l’eau par exemple, qui était un élément protecteur dans le premier (amortissant les chutes, évitant la déshydratation…) et qui devient hostile (galerie noyées, camouflage pour les crawlers…). On notera du gore plus élaboré que chez Neil Marshall, le film cherchant la connivence du public  par des effusions de ketchup à tout va (les gorges giclent). Si ça fait aimablement rigoler, quelques séquences retiennent notre attention : une fille coincée dans un éboulis cernées par les crawlers qui creusent inlassablement vers elle, et le passage avec le cadavre d’une de nos anciennes exploratrices encore pendue au plafond (un clin d’œil assez bien réussi, même si le gore utilisé dans la scène est une fois encore totalement disproportionné pour créer une quelconque ambiance). The descent 2 est donc un spectacle bêtement régressif, joyeusement gore mais tentant de garder toujours un certain rythme (qui fonctionne moins bien, mais ne nous laisse jamais en plan). Distrayant (au sens nanardeux du terme), le film ne prétendra jamais à faire peur (à part quelques sursauts, c’est plus drôle que stressant), et peut donc se voir comme une sorte de La colline a des yeux 2. Une bonne dose d'hémoglobine, et pas grand chose de plus.


1.5/6

 

2009
de Jon Harris
avec Shauna Macdonald, Natalie Jackson Mendoza

 

http://www.scifi-universe.com/upload/galeries/images_film/15373/the_descent2_img6.jpg

"Encore un tournage salissant..."

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Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
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commentaires

hdef 17/11/2013 14:16

oui, c'est cela ! On essaye d'oublier le 1, et on joue le jeu ;)

hdef 16/11/2013 22:20

En effet, le 1er est un chef d'oeuvre du survival, et le meilleur films du genre des années 2000 avec La Colline a des Yeux et Eden Lake. Neil Marshall étoffe avec talent ses personnages, le
résultat est très satisfaisant et franchement terrifiant. Le gamblers, entre Gollum et le monstre de Creep sont très réussis. Du 5/6 pour moi aussi.

Mais le 2 n'est pas nul pour autant. C'est juste une bonne série B commerciale sans prétention qui agrémente une bonne soirée geek d'un festival gore jouissif.
Je suis assez attaché à Marshall, qui, malgré des oeuvres purement indigestes (Dog Soldiers, Centurion) reste un faiseur étonnant et créatif.

voracinephile 16/11/2013 23:23



Naaaan, le meilleur film des années 2000, c'est La colline a des yeux 2 (là, ton coeur s'arrête normalement...) ! Je plaisante.


The descent, c'est effectivement un sacré numéro de flippe, et un film de créature très réussi avec un pitch efficace et une gestion sérieuse à la fois du décor et de la menace. Et pour un film
intégralement tourné en studio (seul les extérieurs sont vrais), le résultat est décoiffant. Une merveille dans son genre (je ne mettrai peut être pas Eden lake à ce niveau, même si question
survival, il avait des éléments intéressants).


Pour la suite en revanche, je veux bien tolérer son existance, mais quand même, la carte du commercial ne justifie pas un script pareil et autant de fautes de goûts (les grottes éclairées par des
spots invisibles...). Et ce sherif... bon sang, des personnages pareils ne devraient pas sortir des nanars dans lesquels ils règnent ! Mais bon, dans une soirée entre potes fans de gore qui ne
veulent pas se prendre la tête, il fait son office, et en plus, on rigole !



Alice In Oliver 03/10/2011 13:18


oui, bien sûr, on a vu bien pire en la matière: il suffit de prendre le cinéma gore français pr cela. Mais encore une fois, cette suite souffre de la comparaison avec son modèle


Alice In Oliver 03/10/2011 12:45


Le premier reste vraiment un très grand film d'horreur: un classique, comme tu le soulignes, et franchement, une grosse claque en pleine poire.
Le 2 est évidemment plus décevant et surtout particulièrement maladroit, à l'image de son twist final, franchement grotesque.


voracinephile 03/10/2011 12:58



C'est dur de passer derrière un monument comme The descent, mais cette suite tend un peu le bâton pour se faire battre en renvoyant son héroïne sous terre sans tenir compte des européens. Quand
un type qui a la gorge arrachée trouve encore la force de trépaner un crawler à la perceuse, c'est vraiment du décervelage gore inutile. On peut quand même relativiser son cas : Humains nage
encore 100 coudées en dessous.



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