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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 14:37

http://www.filmofilia.com/wp-content/uploads/2011/11/the_divide_2.jpg

 

Après un Hitman plutôt moyen, alternant scène d’action tout en finesse et bourrinage sommaire et gore, Xavier Gens avait participé au développement du cinéma français d’horreur avec Frontière(s), un film maousse qui fait encore débat sur la toile, et qui a au moins le mérite d’y aller à fond (ce qui en fait un survival too much, mais plutôt rythmé). Ici, plus question de politique, il s’agit de planter un huis clos réaliste. Avec The Divide, Xavier tente de nous faire un film psychologique, avec au moins une trogne déjà connue (Michael Biehn, un concierge en mode rambo qui prend vite la direction des opérations), et de petits acteurs pour le reste… Toutefois, si le contexte post-apocalyptique est plutôt réussi, le film laisse parfois un peu mitigé, surtout quand on le voit commencer à dériver vers du Blindness…

L’histoire : Alors qu’une grande ville est en train d’être balayée par des tirs de missiles, plusieurs survivants parviennent à trouver refuge dans un bunker souterrain, au pied de leur immeuble. Le groupe se retrouve alors condamné à attendre l’arrivée des secours.

 

http://www.filmofilia.com/wp-content/uploads/2011/11/the_divide_3.jpg

 

Il est nécessaire de replacer pas mal de choses dans leur contexte avec The divide, car l’annonce du projet a entraîné pas mal de spéculations, surtout au vu des designs d’armure futuriste des prétendus « secours ». The Divide est avant tout un huis clos de 2 heures, qui va essentiellement se passer dans le Bunker en question. L’univers de nos survivants se limitera quasi exclusivement à ces murs. Ainsi, on commence avec les formalités d’usage. Michael montre à tout le monde qui est le patron, puis on commence à rationner la nourriture et on tente de survivre, en y mettant chacun du sien, et en tentant de s’habituer aux bruits d’explosions qui égayent les premiers jours de survie. Puis alors, les premières tensions de groupe (annoncées par la craquelure du titre pendant le générique) commencent à se faire sentir. Michael distribue quelques claques aux premiers, mais on sent que la situation ne va pas tarder à déraper. Et là, surprise, nos secours débarquent après seulement 20 minutes de film ! Waow, il est rapide ce Gens, pardon d’avoir dit du mal de lui. La porte étanche est ouverte, des hommes en combi entrent, et là, ils kidnappent carrément la gosse du groupe et tiennent les autres survivants sous la menace de leurs armes. Damned, c’est vénère ! S’ensuit une scène d’action vraiment bien tendue, au suspense diablement efficace, qui nous amène à la reprise du contrôle de la situation par les survivants, qui décident alors d’envoyer un gars voir ce qu’il y a derrière la porte avec une combinaison. Si cette partie évoque un peu le design Gilliam de L’armée des 12 singes, les explications restent plutôt évasives, jusqu’à ce que la porte soit définitivement scellée. Et c’est là que le film s’oriente vers le huis clos malsain, nos humains étant condamnés à vivre reclus dans un bunker où pourrissent maintenant des cadavres, et où la moindre parcelle de nourriture compte. Si Gens soigne beaucoup son ambiance, rien de bien nouveau dans la dégradation progressive de la situation. Formation de 2 groupes : les gentils non violents et les méchants, qui prennent le pouvoir et rationnent la bouffe. Ainsi, on en revient peu à peu aux tendances que Blindness avait, sauf qu’ici il n’y a pas de militaires à déshumaniser, et que l’espoir ne quitte jamais vraiment le groupe des « bons », même si leur situation se dégrade régulièrement.  Si les deux méchants de service se révèlent particulièrement impressionnants dans leur rôle (de vrais bêtes, laissant bientôt leur libido prendre complètement le contrôle de leurs actes), l’erreur du script reste de plutôt bien traiter Biehn au niveau des maquillages alors que tous les autres personnages ont l’air de vraiment souffrir des carences de nourritures. A part une scène de torture assez couillue pour impressionner, Biehn reste une sorte d’attache morale légèrement ambigue, mais identifiable, qui ne méritera pas vraiment l’issue auquel le film l’a destiné. Sans grande surprise, la gagnante du film est la belle femme du casting (comme dans Fontière(s)), qui déguste un peu le temps d’une scène, mais qui mènera finalement sa barque un peu trop bien pour qu’on ne soit pas surpris de la voir clôturant le générique. Pour le reste, The Divide est techniquement bien foutu, les décors sont  bien éclairés, et l’action est très lisible, en tout cas bien plus que sur les précédents travaux de Gens. Ce cher Xavier est un réalisateur qui s’améliore, ça se sent, et ça s’encourage ! Allez, le prochain sera peut être encore mieux !

 

4/6 (avec un peu d’indulgence, car le script est finalement peu surprenant, mais traité avec efficacité)

 

2011
de Xavier Gens
avec Lauren German, Milo Ventimiglia

 

http://www.cinema-france.com/Webmasters/Images/5030film20100626_005215_3_big.jpg

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commentaires

Sam 19/04/2012 04:41

Film qui ne laisse pas indifférent.
Du bon dans le déroulement de l'histoire. Des personnages trop caricaturaux. Du huit clos pas mal foutu (la tension grimpe bien) mais dans un espace qu'on dirait sans limites (aucune sensation
d'enfermement alors que ça devrait ... ratage total).
Et finalement grosse déception au niveau background des personnages. Environ 0 background pour accentuer des traits au fur et à mesure de la montée en pression ça aide pas mais pourtant il y
arrive.
Et grosse déception au niveau de pan entier de l'histoire qui sont purement zappés.
La catastrophe du début ... euh oui mais qui quoi comment pourquoi ?
Les pseudos scientifiques à la gâchette et à la seringue facile ... euh oui mais qui quoi comment pourquoi ?
La toute fin ... euh oui mais qui quoi comment pourquoi ?
Bref on reste bien scotché pendant tout le film, mais pour finir bien déçu.

voracinephile 19/04/2012 22:15



Xavier Gens avait commencé de façon un peu mitigée (après goût, son Hitman n'est pas excellent, ressemblant à un film Besson type avec des scènes de jeux vidéo), donc son nouvel essai témoigne
quand même d'une volonté de ne pas faire dans la facilité avec un film tendu qui ne devrait pas être un gros succès... Après, les personnages sont sans ambiguité dans la seconde partie (à partir
du moment où les portes ne seront plus ouvertes), donc l'appelation de stéréotype est méritée, mais l'extrême dans lequel on s'engage est plutôt efficace. Il nous ferait presque en effet oublier
les zones d'ombre du scénario qui passe en effet sous silence un peu trop rapidement les origines de la fin du monde. Mais la première scène a vraiment des allures de prétexte. On veut un huis
clos, alors on expédie la situation initiale pour nous propulser DIRECT dans le vif du sujet. Les scientifiques, j'ai trouvé ça moi aussi abusé, car sans motivation, pourquoi les avoir fait venir
dans le film ? Quant à la fin, Gens essaye de faire du contemplatif, mais on pourrait y voir un petit bâclage, je ne vois vraiment pas pourquoi il prend la peine de montrer l'agonie de deux
survivants. Mais malgré ces grosses lacunes, le film parvient à être efficace et fonctionne sur de la psychologie basique mais crédible, ce qui est plutôt satisfaisant pour quelqu'un qui nous a
offert le degré zéro de la réflexion avec Frontière(s) (tout dans les bras, rien dans la tête, ce qui ruine les ambitions politiques extrême droite / nazi). Soyons généreux avec Gens, il
s'améliore et ça se voit !



2flicsamiami 15/04/2012 18:59

Pourquoi pas. C'est vrai que l'on peut être un peu suspicieux envers le réal, qui à commis l'ignoble Hitman.
Il sors au mois de juin en vidéo, j'irais jeter un petit coup d’œil je pense.

voracinephile 15/04/2012 20:29



Oh, pour un fan de Blindness, je pense que tu apprécieras le film (même si il n'a pas ce côté fable, mais une approche très thriller américain). En tout cas, pour un film "américain" réalisé par
un français, il est particulièrement jusqu'auboutiste, tant dans ses dérives sexuelles que das sa gestion de la violence. Il faut juste ne pas s'attendre à de la SF, mais plutôt à un thriller...



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