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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 19:19

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Jack Kechtum aime provoquer, et ça se sent dans ses écrits. Tournant toujours autour de faits divers trashs, son œuvre touche souvent à un côté dérangeant de la violence. L’horreur est humaine, venant écailler régulièrement les clichés d’une amérique propre sur elle en s’insérant dans un quotidien identifiable (utilisant donc des codes proches de Stephen King, sans jamais céder au surnaturel). The Girl next door en est un bel exemple, puisqu’il semble totalement gratuit de prime abord. Cependant, ce n’est pas aussi simple que son pitch.

L’histoire : après la mort de leurs parents, une adolescente et sa petite sœur sont placées chez leur tante, qui en fait rapidement les souffre-douleurs de sa maisonnée. Ses enfants ne tardent pas à suivre son exemple, prenant peu à peu leurs aises avec ces deux intruses.

 

http://2.bp.blogspot.com/_j94eRfYx8pQ/TMekWxSWUuI/AAAAAAAAADU/2evl6vtK8HE/s1600/girlnextdoor-ruth.jpg

 

Ici, l’histoire est vue par un jeune garçon, Davy, qui a toutes les caractéristiques du jeune garçon américain classique vivant à la campagne. Il pêche des petites bestioles à la rivière du coin, il est ami avec les enfants du voisinage… Le quotidien est on ne peut plus banal. Seule petite ombre au tableau : sa mère ne supporte pas son père, un mari volage qui gagne bien sa vie. Ce qui fait parfois grandir Davy dans le flou (voir les interrogations qu’il formule auprès de son père, qui lui répondra plus ou moins clairement). Quant aux amis, c’est une famille de 5 gosses, allant de 17 à 6 ans, avec une unique fille dans le lot. La mère, Ruth, est d’abord décrite comme une mère ouverte, sympathique, en bref le rêve pour des mômes (elle les laisse boire de la bière… Trop rare pour passer à côté). Les garçons (et leur sœur, plutôt sur la défensive avec eux) se développent en groupe, commençant à s’interroger sur les filles et les troubles sexuels de l’adolescence… Bref, on a un film qui se focalise sur le développement de nos ados et pré-adolescents, dans leur période « sexe sans tabous ». Une période de passage classique de l’adolescence, sauf que les deux sœurs arrivent à ce moment là et sont peu à peu prises à partie par la communauté (sauf par Davy qui tente d’améliorer son sort sans parvenir toutefois à le changer). Et peu à peu, notre belle histoire sur l’adolescence part de traviole, les punitions corporelles sont peu à peu généralisées jusqu’à ce que Meg, la grande sœur, essaye de se plaindre à la Police, qui ne fera que la reconduire chez Ruth. Et c’est bien à partir de là que le film sombre dans une noirceur abyssale, au potentiel dérangeant décuplé par la nature des bourreaux (des gosses de 6 à 17 ans qui torturent moralement et physiquement une adolescente, c’est insoutenable). Toutefois, si le film ne nous épargne rien de l’escalade de violence à laquelle on va assister, il joue la carte de la décence, ne s’attardant pas sur le gore, il se contente des séquelles des mauvais traitements, toujours impressionnants. Psychologiquement, la dureté du film le rend particulièrement éprouvant. On constatera surtout un grand soin apporté aux caractères de nos personnages, des gentils aux méchants, toujours cohérents tout au long du film. On mentionnera spécialement l’interprète de Ruth, magistrale mégère désireuse d’élever de vrais hommes et déversant sa haine du sexe féminin sur les deux victimes incapables d’aller se plaindre autre part. La gratuité de la violence (particulièrement gênante) est ici volontaire, le film parvenant à saisir un aspect très glauque de la violence et de la douleur : elle ne purifie pas, elle ne rend pas célèbre, elle se perpétue facilement et n’importe qui peut se transformer en bourreau. Le film ne laisse aucune chance à ses victimes, et c’est bien cette noirceur qui lui assure encore une bonne réputation, le côté sulfureux de l’œuvre prenant à la gorge très rapidement. Une baffe monumentale, qui rebutera probablement encore pas mal de spectateurs pour son « apparente » gratuité et son absence de spectaculaire dans l’horreur.

 

5/6

 

2007
de Gregory Wilson
avec Blythe Auffarth, Daniel Manche

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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