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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:16

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La principale ambition des films catastrophe est souvent de faire ressortir l’aspect humain de la tragédie, à savoir le déchirement des victimes et l’entraide des survivants. Malheureusement, ces bonnes intentions sont souvent gâchées, du côté américain, par un patriotisme malvenu, ou des incohérences qui ne passent pas malgré les torrents de larmes dont nous inondent les acteurs. Des films ratés, il y en a 13 à la douzaine (Volcano, Daylight, Le pic de Dantes, 2012…). Certains font des efforts (Deep Impact notamment, même si il n’évite pas l’écueil du patriotisme, construit bien ses personnages). Et une rare parcelle d’entre eux atteint l’objectif avec classe. C’est le cas de The Impossible, qui bien que possédant des imperfections, se révèle être le film catastrophe attendu.

L’histoire : le parcours déchirant d’une famille occidentale surprise par le Tsunami en Thaïlande.

 

http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02438/the_impossible_2438583b.jpg

 

On n’échappe bien sûr pas au « tiré d’une histoire vraie », agaçant tant il paraît évident vu le battage médiatique qu’il y a eu de la tragédie. Ici, point de volcan furibard ou de cyclone colossal, une simple vague de 5 mètres de haut qui ravage tout sur son passage. Le réalisme de la catastrophe est bluffant, c’est encore plus impressionnant que dans Au-delà du Clint, et le ressentit du phénomène, réaliste mais aussi très cinéphile (usage de silences pour renforcer la sensation de traumatisme, écran noir pour mieux déboussoler…), passe particulièrement bien à l’écran. Cette scène catastrophe est fantastique, bien gérée, et elle sera surtout l’unique scène à effets spéciaux du film. Aucune surenchère dans le spectaculaire ici, c’est du cinéma espagnol soucieux de bien doser ses effets et de privilégier avant tout le ressenti de ses protagonistes. Autant vous dire que le film n’a aucune pudeur sentimentale, et qu’il s’attache beaucoup à capter l’émotion partout où elle est. Les acteurs crient, pleurent, ont peur… C’est continuellement poignant et les larmes viennent souvent aux yeux. Les effets « ouvrage des vannes » sont toutefois bien gérés, puisqu’au-delà de susciter une émotion prévisible au vu des circonstances, ils soignent l’authenticité, la spontanéité de ce qu’exprime chacun. Pas de scène facile, juste un enchaînement logique, qui ne se force pas, mais qui se refuse à expédier ou à abréger (les retrouvailles finales, interminables et tout en plans longs). L’authenticité de l’œuvre est indéniablement ce qui la hisse dans le haut du panier des films catastrophe, car autant les sujets choisis sont fantasmés, adaptés pour être plus spectaculaires, autant ici, le cadre est bien réel, réaliste, et il n’est pas adapté pour faire ressortir l’humain. C’est une tragédie naturelle pure, et dans ce contexte, le film soigne ses personnages et brosse leur portrait. Un portrait à la gloire de l’entraide, à une bonté humaine qui met du baume au cœur, chacun tentant d’aider l’autre dans un contexte de crise. Le gore sert lui aussi à soigner l’authenticité, incarnant de façon un peu plus démonstrative l’épreuve subie et rendant précaire la situation de la mère (Naomi Watts) précaire pendant une bonne part du film. Dans cet océan de qualités (magnifique facture technique, sentiments bien cernés et très étalés), on pointera tout de même une incohérence de taille. Au moment de la vague, le père et ses deux gosses de 5 et 7 ans plonge dans la piscine une seconde avant d’être submergé. Et on le retrouve, en piteux état, avec ses deux enfants indemnes. Non, ça tient du miracle divin à ce stade. Ils devraient être au moins griffés, maculés de boue… Mais non, ils ont juste eu peur. Dommage, il eut été facile de les faire aller dans un bâtiment au moment du drame… Aucun commentaire sur la splendide direction d’acteurs ni sur le message d’entraide, de mise ici et plutôt bien géré. Un film marquant donc, parfait représentant de ce qu’est un bon film catastrophe. Avant tout un drame, mais aussi un portrait de famille à la sincérité touchante.

 

4,5/6


2012
de Juan Antonio Bayona
avec Naomi Watts, Ewan McGregor

 

the-impossible-3.jpg

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commentaires

Vince12 07/04/2013 19:52

Il faut des bêbêtes marines

voracinephile 07/04/2013 23:53



Oh, mais si je me lance dans un tel projet, soit sûr qu'on ne sera en sécurité nulle part... Il faudrait que je refasse Evolution, mais à ma sauce (exit PG 13 et l'humour pipi caca de Reitman...)



Vince12 07/04/2013 18:29

à James: je trouve l'idée de base d'un tsunami infesté de requin géniale comme base d'un film d'action décomplexé façon Peur Bleue. Dommage qu'il n'est pas le charme nanardesque du film de Harlin

voracinephile 07/04/2013 19:28



Ah ben oui, il y a là de la matière ! Mais ici à Malibu, c'est quand même bien cheap ! Et puis l'eau, elle ne revient pas vers la mer ! Elle reste bel et bien en noyant tout, et en laissant le
temps aux requins d'explorer les batiments ! Va falloir que je me frotte à la série B animale avec un script à 200 millions de dollars basés sur des bêbêtes dangereuses... En espérant que je
serai aussi inspiré qu'un Virus !



borat8 07/04/2013 00:15

Et le pire c'est que cela arrive souvent! Le pire c'est quand la voix off couvre la vraie voix et surtout pour raconter des conneries. Preuve en est récemment avec le discours du pape une fois élu.
Bon sang ne me dis pas qu'au bout d'un moment la traductrice n'a pas compris que c'était le Je vous salue Marie et le Notre Père?! Même moi qui ne comprends pas le latin, j'avais compris à peu
près.

Vince12 05/04/2013 15:02

Pfff ça ne vaut pas Malibu shark attack avec son tsunami de requin préhistorique.

Plus sérieusement je n'ai pas vu The impossible mais le film m'intéresse pas mal notamment pour ses acteurs et surtout actrices.

voracinephile 06/04/2013 23:48



Ah, on est d'accord ! Malibu Shark attack, c'est pas un truc de touristes ! Quand les requins farfadets viennent renifler du côté de Peur Bleue, c'est pas les maîtres nageurs qui se mettent à
jouer les durs...



nicos31 05/04/2013 14:13

Un très très bon film. Quelques défauts mais ils sont vraiment minime. une oeuvre forte que je recommande également. cela dit il faut que je le revois avant de l'aborder sur mon blog.

voracinephile 06/04/2013 23:47



Je pense que c'est un film qui s'apprécit immédiatement ou pas. Il est limpide, et ses acteurs sont fantastiques. Pour le coup, on est escalve de nos glandes lacrimales, mais le résultat reste
modeste, et il respecte vraiment ses personnages...



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