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27 juillet 2011 3 27 /07 /juillet /2011 07:01

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En ces temps bénis du torture porn… Y-a-t-il moyen de trouver un bon torture porn ? Un projet contienne jouissif et intelligence ? La réponse est oui, mais ils se comptent sur les doigts d’une main (Hostel 1&2 et Martyrs arrivent en tête, pour les autres, c’est à voir). La plupart des torture porn recherchent la complicité du spectateur par diverses approches plus ou moins jouissives. Les saw appâtent avec de la surenchère déviante, the torturer et Les 7 jours du talion avec de la vengeance, et après ça devient franchement dur de faire original. Et justement, The loved ones se permet d’être un peu frais dans sa mise en scène, puisque les sévices sont infligés par une pouffiasse qui s’est entichée de la victime et qui la plie à sa volonté. Avec une formule intéressante à proposer, c’est un divertissement déviant ultra ludique qu’il est agréable de découvrir.

L’histoire : Brent est un ado sympa, cheveux long, un peu rebelle sur les bords et beau gosse au quotidien. Pour le bal de fin d’année, il a choisi d’y aller avec Holly, sa petite amie. Mais Lola ne l’entend pas de cette oreille. En parallèle, Jamie se rapproche de Mia, une gothique dont le petit ami a disparu l’année précédente.

 


La présentation des personnages est plutôt fraîche dans le ton, ce qui fait vraiment bien débuter le spectacle. Brent a tout du beau mâle, mais il sait aussi se rendre sympathique auprès du public masculin pour son caractère et ses décisions un peu impulsives (en pleine crise de nerfs, il part se défouler en grimpant une falaise à pic). Son copain Jamie a tout du comique de service, Holly se révèle en revanche assez quelconque alors que Mia n’est pas sans susciter notre intérêt (certes, elle est gothique), sa psychologie étant intéressante (en deuil de son copain depuis qu’il est porté disparu depuis un an, elle sort avec Jamie carrément par dépit). Mais vite, Brent se fait kidnapper et séquestré dans la maison de Lola, renommée ici bas Princesse, qui va diriger la soirée de main de maître. Une fois que la partie commence, on ne s’arrête plus. C’est simple, on enchaîne sévices sévères et humiliations avec un rythme musclé et un sens de l’enjeu qui fait plaisir, la fraîcheur du ton ne disparaissant pas quand les hostilités commencent. Sans se vautrer dans l’extrême à la saw, The loved ones est particulièrement cruel dans sa manière de dépeindre la souffrance de son protagoniste, pour qui le tournage a dû être vraiment éprouvant. D’abord réduit au silence par une injection de Destop dans sa gorge (une scène bien trash), Lola vit son bal de fin d’année entouré de son « petit ami » ligoté, de son père totalement dévoué à ses ordres et de sa mère apparemment handicapée mentale, dont on comprendra mieux la raison de son état en fin de film. Pour être jouissif, le film doit faire monter la sauce, et c’est ce que fait cette très grande première partie du film. Enchaînant les actes de barbarie plus poussés les uns que les autres (couteaux plantés au marteau, tatouages à la fourchette…), le film vise clairement à nous frustrer de voir tant de violence et de folie sans que notre sympathique héros puisse répondre. Cette partie est cependant entrecoupée de plans de l’histoire d’amour entre Mia et Jamie, ces derniers s’éclatant un peu seuls dans leur voiture avant d’aller au bal, Mia finissant par accepter le maladroit Jamie comme nouveau compagnon (leur étreinte mémorable sur la piste de danse). Des scènes touchantes, qui n’ont hélas rien à foutre dans cette histoire. Si on a compris que ça concernait les relations amoureuses, il était inutile de tenter une comparaison entre un amour naissant et un humour maladif dont l’intérêt réside dans la résistance du héros et l’attente du pétage de câble. Cependant, on l’attend longtemps (la première heure est entièrement tournée vers la frustration de nos attentes), et on en vient même à douter qu’elle va avoir lieu, Brent finissant vraiment dans un état pathétique. Mais une fois que la possibilité se présente, le film essaye de rattraper une nuit d’humiliation en quelques minutes. C’est ultra vénère pendant les 20 dernières minutes, ça charcle à tout va, et sans qu’il y ait vraiment de tension, ce torture porn arrive à créer le côté jouissif du déluge de violence en le plaçant clairement sous le signe du pur réflexe anti traumatique (faut évacuer la pression le plus rapidement possible). Finalement jouissif et sans grand enjeu (le registre amoureux au cœur du récit ne faisant pas vraiment illusion), The loved ones est un pur film de violence gratuite, qui arrive au final à amener le public dans ses vues en frustrant ses attentes avant de le faire reluire à fond les manettes pour un final en apothéose, pas franchement inoubliable, mais qui a le mérite de mettre un point final au film ! Sympathique, mais on a connu plus inspiré.

 

4/6

 

de Sean Byrne
avec Xavier Samuel, Robin McLeavy

 

http://www.hallucinations-collectives.com/wp-content/uploads/2011/03/the_loved_ones-01-1024x685.jpg

 

http://2.bp.blogspot.com/_x_QvHHWcAsg/TN60ARt3aAI/AAAAAAAABAQ/YVkZL9aIvGY/s1600/The+Loved+Ones+01.jpg

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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