Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 18:05

http://dearjesus.files.wordpress.com/2010/02/movieposter.jpg

 

Sean Penn est un réalisateur plutôt estimé par les critiques et le public en général, notamment depuis le (surestimé) Into the wild, au regard sur la vie classique mais bien mis en scène. Avec The Pledge, le réalisateur livre un polar classique dans les règles de l’art, et mise donc sur un casting plutôt haut de gamme (Jack Nicholson, Aaron Eckart, Benicio del Toro…). Mais si l’enquête débute comme un polar classique, elle vire bien vite sur le suivi de notre héros, de sa retraite, et se fixe uniquement sur ce personnage, en perdant de vue les ambitions qu’il s’était donné au départ. En résulte un film classique dans la forme, mais bien trop inutile dans le fond (on ne peut pas dire que c’est un divertissement) pour convaincre. Retour sur une petite déception.

L’histoire : Le jour de sa retraite, Jerry Black se porte volontaire pour une enquête sur le meurtre d’une mineure. Il fait la promesse solennelle de retrouver l’assassin en face des parents de la fillette.

 

http://www.lekinorama.com/photos_film/753_1200245082.jpg


Dès le début du film, le ton est donné : on va nous propulser dans un polar classique, une affaire un peu scabreuse, qui va nous faire rencontrer des personnages et peut être nous faire voir des sentiments forts. On comprend alors le choix du casting, Jack Nicholson étant un acteur particulièrement crédible et charismatique (il emporte notre adhésion assez rapidement), ici épaulé par des seconds rôles fort convaincants. Son enquête personnelle le mène vite sur les traces d’un serial killer, alors que sa hiérarchie encore en place considère l’affaire close, le seul suspect potentiel s’étant suicidé après avoir fait des aveux. On part donc sur une enquête pépère, le vieux flic continuant son enquête au jour le jour, faisant au cours de ses sorties « pêche » de petits interrogatoires dans les patelins du coin, avant de s’installer dans une station service et de sympathiser avec une barman du coin. Le bon gars, quoi. Le problème du film, c’est qu’on ira jamais plus loin que cette façade de bon gars, qui deviendra bientôt protecteur d’une petite famille, et qui verra ses craintes du tueur pédophile ressurgir dans le personnage d’un prêtre parlant plusieurs fois à la fille de son couple. Si on voit ces tentatives comme une manière d’instaurer un certain suspense, on sera tous déçu par la fin. En effet, celle-ci, moralisatrice d’un côté, se révèle gentiment cruelle pour notre protagoniste, sans qu’elle soit vraiment justifiée. Or, dans ma vision du polar classique, la fin est d’une grande importance, et elle ne conclut ici sur rien. L’histoire s’ouvrait bien, et se conclut abruptement, en frustrant toutes nos attentes, sans compenser d’une autre manière (pas de message à retenir). Il ne reste que les interprétations des acteurs, certes convaincantes, mais qui ne développeront jamais leurs sentiments au-delà de ce que leur rôle impliquait. The pledge est donc un drame plat, sans grande saveur, malgré une réalisation plutôt compétente et quelques moments bien filmés (la course jusqu’à l’église). Relativement décevant pour ce que le projet avait comme potentiel.

 

2.5/6

 

2000
de Sean Penn
avec Jack Nicholson, Robin Wright

Partager cet article

Repost 0

commentaires

2flicsamiami 08/10/2011 08:46


Je trouve, au contraire, que la fin montre l'enfermement du personnage dans sa folie destructrice. C'est assez nihiliste comme film (pas de justice, si ce n'est celle de la vie et du hasard) donc
c'est pas facile à accepter ce genre de conclusion. Perso, je trouve ce film magnifique parce qu'il arrive, entre autre, à conjuguer histoire policière et parcours mystique.


voracinephile 08/10/2011 10:36



Oui, la fin est nihilliste. En fait, cette fin m'a laissé une impression étrange. Pour moi, le personnage n'était pas fou avant le départ de tous de l'aire de pique-nique à la fin. La folie
n'apparaît vraiment qu'avec l'expression mortifiée de Nicolson. Et donc cette folie, elle arrive un peu par surprise en détruisant notre héros. J'ai trouvé que ça partait dans une direction bien
différente de l'histoire du film (un inspecteur à la retraite qui continue une enquête personnelle et une nouvelle vie de famille). Sinon, pour sa partie centrale, le mélange des deux genres
fonctionne (même si certains passages m'ont pau un poil superflu). Je m'attendais surtout à être impliqué sentimentalement par le film, et ça n'a pas été vraiment le cas non plus, d'où ma
relative déception.



Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche