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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 11:54

The-Prodigies-La-Nuit-des-enfants-Rois-Affiche-France-367x5.jpg

 

Film sorti en plein mois de juillet, The prodigies est un film d'animation qui a subi la concurrence de poids lourds comme X men origins et Kung Fu Panda 2, et qui n'a au final cumulé que 126 000 entrées. Un score décevant pour un film d'animation certes imparfait (la post production du film a été catastrophique, et en l'état, le film n'est pas complètement achevé). Un beau gâchis, quand on s'aperçoit que ce film est un des évènements fantastiques les plus réjouissants de l'année. L'aspect film d'animation ne doit leurrer personne. Sous ses airs de films de super héros, The Prodigies est un film ultra énervé, violent, avec une galerie de personnages vraiment intéressante, car n'hésitant pas à péter un câble quand l'occasion se présente. Un cinéma adulte, en quelque sorte.

L'histoire : Jimbo Farrar, un chercheur surdoué, découvre dans les Etats Units 5 enfants surdoués qui possèdent les mêmes capacités intellectuelles que lui. Ils possèdent aussi le don de manipuler les corps humains à distance. Jimbo décide de les réunir, en prenant pour prétexte une émission télévisuelle.

 

http://www.cinecomics.fr/images/stories/photos/the-prodigies/les_prodiges.jpg


Prenons immédiatement nos distances avec La nuit des Enfants rois, l'excellent livre de Bernard Lenteric, qui se voulait bien plus réaliste. En effet, dans le roman, les enfants n'avaient aucun pouvoir paranormal, ils étaient simplement doués d'une intelligence phénoménale, ce qui rendaient leurs actions beaucoup plus intéressantes. Ils s'attaquaient au système boursier, ils organisaient des meurtres impossibles à résoudre, bref ils avaient toutes les armes pour faire capoter le monde. Ils étaient au nombre de 7, et formaient au final un seul esprit, ce qui rendait leur association d'autant plus dangereuse (il n'y avait pas de notion de groupe, c'étaient des esprits qui pensaient exactement de la même façon au même moment, et chacun trouvait la réaction appropriée en face de chaque situation). Ici, nos enfants sont moins évolués. Ils ont tous un QI de génie, sont dispersés à travers les USA et ne se connaissent pas. Trouvés par Jimbo puis réunis par une émission de télé sur les jeunes génies (un coup de jeune du script, le bouquin parlant seulement de les réunir pour qu'ils touchent une bourse d'étude), ils sont agressés dans un parc, et décident d'un commun accord de se retourner contre le monde. D'abord contre ceux qui les ont fait souffrir directement, puis contre des responsables de plus en plus importants, avant de se tourner carrément vers les représentants politiques du pays. Waow ! Même si le film se révèle au final moins pointu que le livre (ici, pendant l'agression, tous essayent plus ou moins de résister, alors que dans le livre, chacun testait une parade différente pour faire face à l'évènement : un se couchait au sol, une fuyait, un tentait de résister, un tentait de calmer le jeu...), le lien qui unit les génie n'est plus du tout envisagé de la même façon, trouvant ici son explication dans la télépathie (les surdoués parvenant à manipuler d'autres humains). Pendant le film, on assiste donc à un certain recul de l'intelligence, qui s'efface devant les sentiments de nos protagonistes. Car c'est là que le film est intéressant. Il cherche à nous faire ressentir les sentiments de tous ses personnages. Et aucun d'eux ne sera sacrifié à un quelconque besoin d'action ou de morale. Au final, c'est, c'est notre grand surdoué, Jimbo, qui se retrouve face à ses vieux démons, et qui doit les faire ressurgir pour pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Un parcours classique, ici dynamisé par une certaine violence (certains personnages ont toujours les nerfs à fleur de peau, mention spéciale à "l'élément perturbateur" du groupe, qui caresse un fusil à pompe seul dans sa chambre. Emotionnellement, le film est étonnamment puissant, parfois même virtuose, en s'offrant un dernier à la maison blanche plutôt nerveux. Si on peut légèrement regretter que le film se soit dirigé sur le terrain du fantastique (en s'éloignant du même coup de la logique méthodique et ultra-froide des Enfants rois), malgré sa facture technique inaboutie, le film impressionne et fonctionne assez bien. Pour une collaboration européenne, c'est un projet particulièrement ambitieux qui mérite une reconnaissance sur le territoire hexagonal. Purchase it !

 

4.5/6

2010
de Antoine Charreyron
avec Jeffrey Evan Thomas, Jacob Rosenbaum

 

http://www.transeet.fr/wp-content/uploads/the-prodigies-21.jpg

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commentaires

borat8 19/07/2012 17:01

Elle a surtout un égo surdimensionné!

borat8 18/07/2012 11:12

Je l'ai bien aimé aussi dans le biopic sur l'une des filles de Victor Hugo par Truffaut. En même temps, elle jouait une folle!lol

voracinephile 19/07/2012 13:40



Je crois que tout le monde la considère comme une folle, et il faut avouer qu'elle excelle dans ces rôles...



borat8 17/07/2012 16:00

Vivement conseillé. Le seul film que je peux piffer avec la Adjani. Qu'est-ce qu'elle me soule celle-là. En sachant que le film peut aussi compter sur de très bons Alain Souchon (son rôle majeur
dans son expéditive carrière d'acteur) et Michel Galabru. Et puis Cluzet me fait toujours marrer en coureur cycliste sur le retour.

voracinephile 18/07/2012 09:01



Oui, c'était ce que je me disais, vu que je connais ton aversion pour cette actrice... Serais curieux de voir ta réaction devant Possession... D'acc pour ce film, je le chercherai prochainement.



borat8 16/07/2012 15:50

L'été meurtrier aussi! Pour Perfect Blue la scène est vraiment dégueulasse en effet et fout un sacré malaise.

voracinephile 17/07/2012 14:34



Bien vu pour l'été meurtrier, je ne l'ai toujours pas vu celui là...



borat8 13/07/2012 17:52

Et puis ce n'est pas tous les jours que l'on voit un tel liberté de ton dans un film d'animation français ou pas. Le viol est assez rare même si les japonais n'y vont pas de mains mortes parfois
(la copine de Tetsuo dans Akira manque de se faire prendre par des loubards).

voracinephile 16/07/2012 13:27



C'est clair qu'un viol dans le cinéma français, c'est rare. Mis à part Irréversible, je n'ai pas d'exemple qui me vient à l'esprit. En revanche, pour le cinéma nippon, je cite immédiatement
Perfect blue, pour la scène où l'actrice doit jouer le viol, et où elle le subit réellement comme tel. Un vrai traumatisme...



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