Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 21:26

shutter.jpg

 

Avec The Shutter, on tape dans le récit classique de fantômes asiatiques. La fille aux longs cheveux et au teint blafard décomposé, on en bouffe pour ainsi dire une belle tranche avec The Shutter. C'est d'ailleurs un peu ça le problème, et ce qui me faire craindre de plus en plus de revoir l'original de Ring : à force d'utiliser les mêmes codes de flippes, on finit par se savoir en terrain connu, et on apprécie de moins en moins bien les bonnes idées.

L'histoire : des étudiants s'organisent un dîner où ils échangent quelques souvenirs. En rentrant chez eux, un des couples percutent une jeune femme avec leur voiture. L'étudiant, passager, ordonne à son amie de continuer sa route. Les jours suivants, des manifestations surnaturelles commencent à apparaître.

 

http://1.bp.blogspot.com/-B9zVFr8cJjo/T5tJesxDCqI/AAAAAAAAABg/QUGFz0CHlrI/s1600/ando-shutter-thai-movie.jpg

 

Vraiment, The Shutter a tendance à me décevoir et me frustrer, car même en prenant du recul en raison de son vieil âge, je trouve qu'il a vieilli avec le genre, le cinéma d'horreur asiatique ayant considérablement alimenté ce genre sans l'oxygéner assez (à part de rares exceptions comme le sublime Infection). Ainsi c'est à un récit de fantômes on ne peut plus classique auquel on a affaire. La première explication du phénomène, évidente, est vite balayée (aucun cadavre de femme n'a été retrouvé sur la route, on se tourne donc vers le passé du copain de la conductrice, dont la dernière petite amie a disparue de la fac quelques années plus tôt). Entre temps, pour dynamiser un peu le film, on aura quelques apparitions, du genre je sors d'un lavabo (une belle scène, mais trop classique maintenant) ou j'apparais en flash (l'effet privilégié, qui ne fait plus trembler personne). Le principal argument du film consistant en l'apparition de ladite âme sur la pellicule d'appareils photos. Si les clichés truqués sont évidemment abordés, le film exploite plutôt bien son thême des preuves surnaturelles sur photo, avant de miser sur le fameux polaroïd, technologie réputée inviolable car imprimant la photo directement sans retouches. Mais bon, avec un peu de budget, ça le fait, leurs photos truquées en SFX. On a donc des scènes où on tente de nous faire flipper parce que la photo montre une personne là où on ne voit rien. Globalement, une bonne idée, mais ici complètement surdramatisée par le jeu outrancier des acteurs, qui tentent d'avoir l'air terrifiés alors qu'ils ne sont pas vraiment en danger (enfin, on comprend qu'on puisse être angoissé, mais pas vraiment à ce point). Un peu comme si vous voyiez brusquement un verre sauter de votre table pour aller se casser par terre, et que vous vous mettiez à courir dans la pièces en levant les bras et en criant "Au fantôme !". Mais le film contient quelques bonnes idées. Notamment le petit côté fantastique final, clef du problème des douleurs à la nuque persistantes (mais c'est malhonnête, la douleur devrait s'étendre aux épaules) et sur la mesure du poids (malhonnête aussi, on ne nous montre pas le chiffre, on sait juste qu'il n'est pas normal). Le traitement du fantastique reste classique, plutôt efficace au niveau du respect des traditions sur les morts, mais complètement purgé de toute trace de génie (c'est du plan plan, pas d'expérimentation, pas d'audace visuelle, une simple recherche de rythme pas trop mal menée). En revanche, si le côté sentimental du film est plutôt bien mis en valeur (la relation amoureuse avec la future fantôme est bien dépeinte en flash back), le traumatisme sensé expliquer la folie meurtrière du spectre égale en putasserie les pires représentants du genre. Par là, je veux dire qu'on est au niveau de Mirrors 2. C'est du même accabit. Un viol sur dramatisé, d'une méchanceté outrancée agaçante et hautement putassière. Un gros cliché qui est pour beaucoup dans mon impression désagréable envers ce film. Finalement difficile de le juger, car si il se révèle intègre, son traitement trop classique et sa facture pauvrette (éclairage fonctionnel, photo nette sans recherche particulière) en font un film de fantôme asiatique lambda, divertissant sans être inoubliable.

 

3/6

 

2004

de Banjong Pisanthanakun, Parkpoom Wongpoom

avec Ananda Everingham, Natthaweeranuch Thongmee

Partager cet article

Repost 0
Published by voracinephile - dans Epouvante ( qui stresse)
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de voracinephile
  • Le blog de voracinephile
  • : Le cinéma en grand, comme je l'aime. Points de vue, critiques, discussions...
  • Contact

Profil

  • voracinephile
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.

Recherche