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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 13:36

http://mskstatic.com/386/515/medias/photos/programmes/moins_de3420000/3402099/the-unborn-2-ne-pour-tuer.jpg

 

Roger Corman a pu faire de bons films (Le masque de la mort rouge, mais aussi bientôt sur ce blog L’enterré vivant), mais il a surtout produit un paquet de petits films, avec des ambitions plus ou moins grandes. On se souvient d’un certain The Unborn, où on nous parlait de bébés monstrueux. Manque de bol, ils reviennent dans The Unborn II, un film qui n’a pas froid aux yeux en détruisant les valeurs familiales de l’Amérique puritaine, le tout en maniant l’art de la nanardise qui impose immédiatement le respect. Un film pareil se doit d’être reconnu à sa juste valeur !

L’histoire : alors qu’une mystérieuse tueuse d’enfant écume le quartier d’une grande ville, une mère au foyer s’installe dans une nouvelle maison avec son bébé, qui nous semble tout de suite étrange parce que la caméra ne le filme pas.

 

http://intervistamag.com/wp-content/uploads/2010/12/the-unborn-ii-poster.jpg

La caméra était pudique... on comprend mieux pourquoi !

 

Tout dans the Unborn II transpire la nanardise. Toutefois, le film tente de faire illusion 5 minutes en nous promettant apparemment du lourd, puisqu’on assiste en introduction à l’exécution sommaire d’un gosse dans un parc à jeux par une espèce de femme terminator qui déclenche l’hilarité. Cette dernière, comme Schwarzy, met des lunettes de soleil, demande le nom de la victime avec une voix grave avant de l’abattre sans sommations. La comparaison s’impose d’elle-même. En parallèle, on suit l’installation d’une mère au foyer seule, qui déménage dans un pavillon de banlieue, où elle est chaleureusement accueillie par ses voisins (de vrais pipelettes qui commentent tout ce qu’ils voient, et qui touchent autant d’objets qu’ils peuvent) et par leur fille, une rockeuse en cuir qui fume et qui va faire la baby sitter (en nous gratifiant d’une belle scène de sexe habillé, un classique du film nanar). Mais on sent que la caricature est volontaire ! On s’attend donc à une inversion progressive des valeurs, qui va nous enfoncer la mère de famille propre sur elle et qui va nous hisser la tueuse d’enfant comme une gloire nationale. Et la magie du cinéma finit par opérer, on a effectivement cette inversion des valeurs qui s’opère, mais en douceur, amorcée par l’enquête de policiers qui vont chercher des liens entre les victimes enfantines, qui se trouvent tous liés au docteur qui a pratiqué leur accouchement. Un vilain docteur qui a fait des expériences (probablement un traitement chimique du système nerveux) sur les embryons et donner naissance à des monstres. Sérieusement, il est impossible de ne pas rire quand on découvre la bouille du bébé, une espèce de marionnette difforme incapable d’avoir des mouvements fluides. Une horreur recouverte de placenta putrescent qui pue à 20 mètres et qui se nourrit de viande crue ! Tout réalisateur normalement constitué aurait dès lors eu la présence d’esprit de montrer au minimum le gosse, de la jouer Rosemary’s baby en somme. Mais non, quand on a vu à quoi ressemblait le môme, on verra toute ses attaques ! D’abord quand il égorge ses victimes quand elles essayent de le câliner, puis quand il court (des plans accélérés immondes) pour leur mordre les jambes. On sera tout simplement mort de rire devant le final hautement improbable où notre mère au foyer fait du catch avec un poupon en plastique, qu’elle décalque contre les murs avec une puissance qui tuerait n’importe quel maroufle en un coup. Finalement, on se tape l’explosion nanarde d’une maquette sensée être le pavillon de banlieue (mais la taille des flammes grille immédiatement le truc), et un dénouement gentillet qui apaise le spectateur, véritablement déchaîné par l’avalanche de nanardise qu’il vient de se prendre dans les mirettes. Merci Roger, on n’en demandait pas tant !

 

0/6 mais un correct 15/20 nanar !

 

1994
de Rick Jacobson
avec Michele Greene, Robin Curtis

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Published by voracinephile - dans Nanar (modeste)
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commentaires

Duncan 08/04/2012 17:33

Et le premier,c'est un nanar aussi ou un bon film?
Nan parce que j'ai vu le coffret avec les deux films pour 1,95€ et j'heiite,vu que les nanars horrifiques me passent souvent au dessus de la tête.

voracinephile 09/04/2012 19:33



Pas vu le premier, mais je pense qu'il doit être beaucoup moins nanar, dans la mesure où je n'ai pas vu de photos de gosses difformes sur internet concernant ce premier film. Toutefois,
impossible de confirmer, mais si tu n'es pas réceptifs aux nanars d'horreur, laisse tomber !



alice in oliver 04/04/2012 23:01

je n'ose même pas imaginer le carnage !

voracinephile 05/04/2012 19:46



La photo donne déjà un bel aperçu du désarroi dans lequel se trouve le spectateur face à un tel ratage. Surtout après des trucs cucul comme "tu es le plus beau bébé du monde..."



alice in oliver 04/04/2012 16:56

miam, miam ! Pas vu mais la chronique et les images donnent très envie de dcouvrir ce nanar

voracinephile 04/04/2012 22:54



On l'a regardé à la fac avec une quinzaine de personnes, la salle était pliée en deux pendant la moitié du film. Et dès qu'on commence à voir le poupon en plastique (encore plus mal animé que la
marionnette du premier Chucky), impossible de se contenir !



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