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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 19:16

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Aujourd’hui, chronique difficile, et tous ceux qui s’y sont déjà frotté savent de quoi on parle : il ne s’agit rien de moins que de The Virgin Suicide. Premier long métrage de Sofia Coppola, premier chef d’œuvre. Unanimement salué comme un morceau de bravoure du cinéma d’auteur, The Virgin suicide est une œuvre tellement atypique, tellement en dehors des sentiers battus, qu’il devient difficile de l’analyser, de le chroniquer, d’en extraire la substantifique moelle… Tout s’entremêle si bien, forme un tout si cohérent, qui devient difficile de faire autre chose que de paraphraser…

L’histoire : chronique d’une famille de 5 sœurs, qui sont peu à peu coupées du monde jusqu’à leur sortie finale.

 

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Le maître mot de Virgin Suicide est évidemment la mélancolie. Tout semble tendre vers cette ambiance délicate à entretenir. Et c’est ce qu’arrive à faire le film : entretenir un climat proche de la dépression tout en y ajoutant une beauté, une saveur douce amer… Les magnifiques éclairages, la compréhension subtile des codes de l’adolescence, l’inoubliable bande originale de Air… Tout se mêle, privilégiant le ressentit de l’instant présent à celui de l’œuvre globale. Au final, à part dire que cinq sœurs se sont suicidées, il n’y a rien à dire. Mais en regardant le film, le ressenti est immédiat, la compréhension aussi, mais elle est éphémère, les détails s’estompent alors que d’autres sont mis en valeur, d’où la difficulté de saisir l’œuvre dans sa globalité. Il n’y a pas de globalité, c’est un fil que l’on suit et qui devient de plus en plus ténu… Que ce soit du point de vue des sœurs ou des adolescents qui en sont amoureux (principal vecteur d’intégration du public d’ailleurs), le récit est brumeux, sans but revendiqué, et il réussit à nous enlever, à nous envelopper dans son récit, qu’il traite d’ailleurs avec des codes oniriques (nombreuses visions de différents protagonistes dans un champ ensoleillé…). Il se sert de tout ce qui est à sa portée pour créer la mélancolie, entre la romance et la frustration, entre l’espoir et les désespoirs… Dans ce récit au rythme suspendu (le temps passe sans qu’on y prête attention), les performances d’acteurs se succèdent, tous excellents chacun dans leur rôles (Josh Hartnett assoit sa réputation de beau gosse élevé par une famille homo-parentale, Kristen Dunst resplendit (comme toutes ses sœurs), James Woods délivre une prestation inattendue en père effacé…). Des caractères qui se construisent, s’affirment, et s’estompe alors que la fin du film se rapproche. Mêlant un nombre assez incroyable de sentiments différents (amertume, nostalgie, passion, anéantissement…) dont le tout se rapproche de la mélancolie toujours citée, The Virgin Suicide est une tranche de vie atypique, incarnation d’un drame adolescent aussi passionnant que complexe, et peut être à ce jour l’un des meilleurs teen movie jamais fait. Embrassant ses protagonistes dans leurs plus intimes sentiments, il parle littéralement au travers de l’écran sans se compromettre dans un humour trop complaisant ni dans un drame trop appuyé, aboutissant finalement à l’exquis mélange que nous connaissons aujourd’hui. Une révélation dans son genre.

 

5,5/6


1999
de Sofia Coppola
avec Kirsten Dunst, James Woods

 

Virgin-Suicides.jpg

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commentaires

borat8 19/04/2013 13:55

Reste à savoir s'il carbure au sans-plomb.

borat8 18/04/2013 21:09

Pour une fois qu'il nous montre ses couilles en or, on ne va pas rater le Man of steel.

voracinephile 19/04/2013 13:03



Ah, c'est joliment dit. Enh voilà un qui a du plomb dans la tête !



borat8 17/04/2013 19:30

Lol! Bien évidemment que je me sens crédible pour aborder des films mais il y a des cas particuliers. Par exemple, j'ai beaucoup de mal à me lancer dans la critique de Citizen Kane. C'est
d'ailleurs pour cela que je veux m'attaquer à La soif du mal avant. En tous cas, la critique est faites et je pense que ça devrait te plaire. Mais finalement je crois que ce sera plutôt samedi
parce que demain chamboulement à cause d'un Homme d'acier. ;)

voracinephile 18/04/2013 19:25



Ah, notre Borat a quand même foi en lui ! C'est bien ! Hâte de la lire ! Et de voir l'homme d'acier également...



borat8 16/04/2013 23:41

ça y est j'ai enfin réussi à écrire la critique de ce film! Normalement elle sera publiée vendredi. J'ai pu le revoir sur Dailymotion et je dois dire qu'il m'a encore plus plu que lors de son
passage sur Arte il y a quelques années. J'ai essayé d'être le plus crédible dans l'analyse et pourtant c'était dur.

voracinephile 17/04/2013 17:12



Ah, content que tu ais pu t'y confronter à nouveau... Ta dernière phrase me fait sourire. C'était dur d'être crédible ? Mais alors tu n'es pas crédible pour d'autres analyses ? On remet ta
crédibilité en jeu, là ! Moi je suis crédible quand je dis que Kill for Love est le meilleur nanar de tous les temps, mais toi tu n'es pas crédible sur Virgin Suicide !



borat8 14/04/2013 12:27

D'ailleurs je n'ai toujours pas vu Body Double. Après tu as toujours Marie Antoinette et sa partie de jambes en l'air!

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  • Je suis étudiant en Oenologie, j'ai 25 ans et je m'intéresse depuis quelques années au cinéma (sous toutes ses formes, y compris les plus tordues). Bienvenue sur le blog d'un cinéphage exotique.
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