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3 août 2011 3 03 /08 /août /2011 09:48

http://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2011/03/the-woman.jpg

 

Lucky McKee revient au cinéma, et cela après quelques années d’interruption (qui ne l’ont pas empêché de produire les petites truculences Red (un chien abattu par des jeunes que son propriétaire va venger, The Lost et The Girl Next door, qui n’a rien à voir avec la comédie éponyme). Il revient aujourd’hui avec une belle idée en tête : offrir une suite à Offsprings, bouquin qui traitait d’une famille de cannibales vivant en banlieue. Avec Ketchtum et McKee derrière le script, on se doutait qu’il y allait avoir de la provoque (Jack Kechtum est un des auteurs horrorifiques les plus controversés du marché, car décrivant souvent trop bien la cruauté humaine et sa suffisance (avec toute la guimauve qu’on produit à côté, il faut bien créer un équilibre !). Pour les effets spéciaux, il s’offre en plus les services de mon chouchou Robert Kurtzman (mr From Dusk Till Dawn, svp), et compte bien nous retourner les tripes avec une histoire causant de femmes : the woman.

L’histoire : un avocat ayant une vie de famille tranquille part faire une partie de chasse un week end et découvre une femme étant retournée à l’état sauvage. Il décide alors de la capturer et de la séquestrer chez lui pour faire son éducation.

 

http://zombiatarian.com/wp-content/uploads/2011/07/the-woman-sean-bridgers-et-angela-bettis1.jpg


En festivals, certaines critiques ont carrément qualifié le film de misogyne (décidément, si vous êtes un homme qui tente de parler des femmes, vous ne pourrez jamais éviter l’étiquette). Autant le dire tout de suite : le film n’a rien de misogyne, il s’assume dès le départ comme un pur produit féministe dans la lignée de Day of the Woman et persistera dans cette voie comme telle. Quant à la soi disant grande violence du script : qu’on se rassure tout de suite. Si le film n’usurpe pas sa violence interdite aux moins de 16 ans, c’est loin d’être un choc aussi sévère que Martyrs, et loin d’être comparable à A serbian Film (qui commence enfin à faire parler de lui en dehors du cercle des geeks trashs et des fans de genre). Néanmoins, le film porte bien son statut de politique à bras le corps, et s’en va défendre la cause féminine avec une mise en scène barbare qui émaille la façade rassurante des bonnes familles banlieusardes. Le film choisit de commencer directement par son « héroïne », la femme qui sera au centre de l’histoire, et qui est montrée comme un modèle de pure survie (son combat contre un loup au plus profond de sa tanière). Mais son quotidien change bientôt radicalement, puisqu’elle est capturée et séquestrée dans la cave d’un avocat qui compte lui apprendre les bonnes manières. L’avocat en question, c’est Chris Cleek. Un sympathique banlieusard qui ne dépasse pas dans les angles, qu’on sent un brin rapace dans son travail et qui inculque le culte de la perfection chez ses enfants. Mais quand il s’agit de dresser la Femme, il choisit de faire participer toute sa famille. Il ressentira immédiatement de l’agressivité envers la femelle capturée, celle-ci lui bouffant carrément un doigt lors de son arrivée dans la maison. Commence alors des tentatives de dressage du père et les différents parcours psychologiques des membres de la famille. Si l’aînée Peggy part carrément en crise de nerf devant les traitements infligés, le fils Brian regarde sans broncher et commence à reproduire les enseignements paternels, notamment à l’école où il se sert de différents prétextes pour martyriser gentiment les filles. La situation prend peu à peu de l’ampleur (Papa aime rendre visite à la femme vers minuit), jusqu’à ce que les personnages se dévoilent enfin : l’homme opprimant la femme avec un mépris assez indécent. Il est d’ailleurs assez intéressant de voir Lucky s’attaquer aux concepts de solidarité des sexes, qui comme je le crois, ne fonctionnent que quand la communauté n’est formée que de gens du même sexe. Ici se rajoute le contexte du mépris de la femme, ce qui fait encore évoluer la solidarité masculine, lui donnant bien plus de poids qu’à l’ordinaire. Comme toujours dans le cinéma de Kechtum, le film s’achève dans une apothéose sanglante, qui acquiert enfin sous la caméra de McKee la violence graphique et viscérale qu’on attendait (rappelons de la pauvre exécution à la béquille de The Girl next door, loin de suffire à nous défouler). Le message n’a rien de nouveau, mais les jeux d’acteurs corrects et un retour à la sauvagerie prôné par le film en font un petit brûlot sympathique, dévoué à sa cause et qui en a dans le pantalon (il fait vraiment passer les familles classiques pour des tarés capables du pire). Fréquentable, mais on ne criera pas au géni comme pour May.

 

3,5/6

 

de Lucky McKee
avec Carlee Baker, Shana Barry

 

http://0.tqn.com/d/horror/1/0/8/8/0/-/Offspring01.jpg

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commentaires

Leatherface 04/08/2011 13:16


C'est bon, vais pouvoir mater ça prochainement ;)


voracinephile 05/08/2011 08:32



J'attends ta chronique !



Leatherface 04/08/2011 10:59


Faut que je me le trouve !


voracinephile 05/08/2011 08:32



Tu pourras un peu polémiquer dessus du coup, il est en train de faire un petit scandale.



Alice In Oliver 03/08/2011 13:20


pas vu et visiblement, Mad Movies a trouvé le film plus que moyen. Perso, je m'en dispenserai sauf si je tombe dessus par hasard


voracinephile 03/08/2011 13:55



Par hasard, ça sera difficile, le film créant la polémique. Quoiqu'il n'y a pas vraiment de polémique selon moi, c'est juste un projet féministe un peu extrême, plus graphique qu'un The girl next
door (que je trouve quand même plus choquant alors qu'il est moins explicite), mais pas particulièrement transcendant (surtout dans son final ultra violent qui part un peu dans tous les sens, et
où la conclusion demeure incertaine). Il faut cependant le voir jusqu'au bout du générique, il y a une petite animation finale assez poétique qui peut apporter un éclaircissement...



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