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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 16:07

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Nouvelle incursion dans le cinéma d’Almodovar avec Tout sur ma mère, film ayant remporté le prix de mise en scène 1999 à Cannes pour son grandiose portrait de caractère féminin. Car si Tout sur ma mère s’inscrit parfaitement dans la filmographie d’Almodovar, c’est qu’il y peint quelques uns de ses plus beaux portraits misant tout sur l’empathie du public pour ses personnages, et dont l’humanité est toujours mise en valeur.

L’histoire : Manuela, mère du jeune Esteban fan de théâtre et apprenti-écrivain, est coordinatrice de la récupération d’organes en hôpital. Un jour, son fils est renversé par une voiture à la sortie d’un théâtre. Son décès la pousse alors à retrouver tous ceux avec qui, jadis elle joua une pièce de théâtre où elle rencontra le père d’Esteban.

 

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Vraiment, si je ne suis pas fan du cinéma d’Almodovar (très bavard), Tout sur ma mère est un chef d’œuvre de mise en scène et ça se sent immédiatement. Perfection de tous les personnages, intrigue limpide entièrement tournée vers les émotions des personnages que notre mère vient à croiser, le film est un condensé sublime du cinéma Almodovar, accompagnant nos figures féminines dans leurs joies et leurs peines. Forcés nous sommes de constater la classe du casting, qui jongle avec les actrices de grandes différences d’âge ( de Pénélope Cruz à Elisabeth Roth…) en leur offrant à toutes un rôle majeur, abouti et très développé sentimentalement (on ne peut retenir quelques larmes ça et là), Tout sur ma mère ne cesse d’élargir sa galerie de personnages, à la fois déjanté (l’irrésistible transsexuel Agrado) et profondément touchant. L’admiration déployée par Almodovar pour le théâtre est frappante, la pureté du jeu de la pièce jouée par nos personnages étant lourde de sens (à la fois manichéenne dans l’exposition des rapports hommes-femmes (l’homme est une brute, la femme est humaine), mais surtout dans la manière où elle influe sur la vie des acteurs (Manuela rencontra en jouant Stella le père d’Esteban, Huma lui reprend quelques répliques qu’elle adopte dans son comportement de tous les jours). C’est carrément plusieurs existences qui se retrouvent et qui font le bilan entre femmes, à la fois dans le rire et les larmes. Fait marquant, Tout sur ma mère est le premier film que je vois dépeignant aussi brillamment les transsexuels. Si certains réalisateurs en faisaient des objets de comédie ou se foutaient ouvertement d’eux (l’ouverture de Wasabi est une poésie en la matière, merci Luc Besson !), Almodovar est le premier dans mon expérience cinéphile à leur donner une humanité qui s’exprime parfois de façon trash (Agredo s’est transformer en femme pour pratiquer le métier de prostitué, qu’il résume par « rendre le monde plus heureux »), souvent avec humour (l’excellente improvisation au théâtre) ou encore avec tristesse (l’éprouvante scène où le père d’Esteban, lui aussi transsexuel, apprend la mort de son fils). D’hommes, il n’en est pas vraiment question ici, ces derniers restant cantonnés à des rôles très secondaires, ou alors désireux de se transformer en femmes, ce qui contribue à renforcer grandement la dimension très féminine du film. En les traitant avec une simplicité documentaire (ou tout simplement avec pudeur), Tout sur ma mère réussit à en faire la meilleure peinture sentimentale et psychologique. Débordant de sentiments et concluant avec douceur sur cette énorme tranche de vie, Almodovar signe surement l’un de ses meilleurs films, très loin devant Volver et La piel que Habito. Une vraie bouffée d’air frais, même si je n’en reprendrai pas de telles tous les jours.

 

5.5/6

 

1998
de Pedro Almodóvar
avec Cecilia Roth, Marisa Paredes

 

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commentaires

borat8 12/12/2012 23:30

Perso je n'arrive plus même le premier. Trop regarder et à force ça lasse. Reste que l'énergie du premier est implacable face à l'ennui du second. Pour Twilight, j'aurais vraiment besoin de
courage. Déjà que pour le premier, c'était à se pisser dessus au bout d'un moment (la séquence du baseball hmmmmm!). D'ailleurs je me souviens que j'avais envoyé des sms à des copains au même
moment pour montrer le calvaire consécutif qu'il représentait à voir. Ils étaient heureux le lendemain tu ne peux pas savoir!

borat8 10/12/2012 23:00

Ce dernier point est exactement ce que je pense du 2. A force de te souler avec une pseudo réflexion (le passage avec Superman ahrem!), Tarantino fini par ennuyer et pomper l'air. En sachant que
jeudi je vais me faire Twilight 2 sur W9! ça va être un moment de jubilation notoire!

voracinephile 12/12/2012 20:35



On se comprend pour Kill Bill 2. Vraiment, je me reverrai les deux opus et je tenterai de faire une bonne chronique pour tout disséquer. Bonne séance pour Twilight 2 !



borat8 10/12/2012 19:09

Au niveau de la jouissivité oui! Un vrai moment de plaisir qui contraste complètement avec l'ennui du 2 (chez moi en tous cas).

voracinephile 10/12/2012 21:29



Après Twilight, il faudra que j'aborde cette saga tarantinesque. Un vrai balayage du style du réal, qui alterne entre le jouissif pur et la dissertation intelligente mais pompeuse.



borat8 09/12/2012 22:50

Oui ma prof d'espagnol m'en a un peu parlé. Après je ne sais pas, pour le coup l'anecdote m'a fait penser à Kill Bill avec Buck qui rime avec fuck.

voracinephile 09/12/2012 23:34



^^ La scène de Kill Bill est en effet mémorable. Mais c'est une version très putassière, du trash gratuit qui est là pour que notre hértoïne explose une tête dans une porte... Peu d'intérêt
sentimental (d'ailleurs, y a-t-il seulement des sentiments dans Kill Bill vol 1 ?).



borat8 09/12/2012 19:04

J'ai entendu notamment parler d'une scène de viol avec l'héroïne dans le coma. Après je ne sais pas, je n'ai vu que la bande-annonce, mais bon je ne m'étonne pas de cela. Surtout venant d'Almodovar
qui peut te faire rire avec Rossy de Palma se masturbant en plein sommeil!

voracinephile 09/12/2012 22:15



Bon, on t'a spoilé le drame. Mais ce qui est malsain, c'est qu'on ne le verra jamais. On voit seulement l'amour du "violeur". D'ailleurs on ne sait pas si il s'agit vraiment d'un viol, dans la
mesure où la victime est dans le coma et où il n'y a que l'aide soignant qui s'occupe vraiment d'elle. Parle avec elle est plus un film qui parle du devoir des hommes envers les femmes. Avec
notamment la superbe séquence du film muet...



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