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13 octobre 2013 7 13 /10 /octobre /2013 07:39

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Transamerica est un film qui ne cherche pas un instant à camoufler sa nature. C’est une plongée totale dans l’univers quotidien de son héroïne Bree, anciennement Stanley, et de son accession au statut de femme désiré depuis tant d’années. Plutôt que de choisir l’angle classique du drame, le récit choisit le road movie familial, en réunissant Bree et Tobey, son fils âgé de 18 ans, drogué et vivant de sa prostitution. Et sans tomber dans le pathétique.

L’histoire : A l’approche de son opération de changement de sexe, Bree apprend qu’à l’époque où elle était Stanley, elle a eut un fils, récemment arrêté dans le comté voisin. Sa thérapeute lui demande de prendre contact avant que n’ait lieu sa chirurgie.

 

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L’angle choisi par le film est sans doute le meilleur qui ait été choisi pour aborder ce récit, puisque l’intimité familiale s’accompagne d’une grande pudeur vis-à-vis de ses personnages, qui gardent tous une certaine décence quel que soit leur parcours. Cette équilibre et cette « douceur » dans le portrait s’accompagne de l’élément culte « road movie », organisant un long voyage en voiture où chaque déplacement et chaque étape est sujette à des rencontres ou des discussions existentielles qui viennent étoffer les personnages. Bree est évidemment la tête d’affiche, transsexuel en cours de métamorphose soucieux de s’intégrer dans la société qui l’entoure. Il convient de noter la remarquable performance de Felicity Huffman, actrice dont les traits masculins ont été subtilement mis en valeur sans être particulièrement criants. Le personnage n’est pas trash, ni décapant (comme pouvaient l’être les compères de Priscilla folle du désert). Il reste encore en marge de par son statut « intermédiaire » (d’où l’attente impatiente de l’opération et le rejet réflexe de sa filiation lors de son annonce), mais il est intégré (travail dans un restaurant, ainsi que dans le sécurisant emploi de représentante en cosmétique par correspondance) et déterminé à exister, sans se vivre comme une provocation au monde. Le fait de laisser régulièrement les sentiments de Bree émerger (complètement extravertie à ce niveau) est le principal atout du portrait, il est facile de partager ses sentiments, et la sincérité de cette démarche place Transamerica dans la case des films d’Almodovar, qui abordait lui aussi la transsexualité sous un angle puissamment émotif. Ce souci d’empathie, ajouté à la sobriété avec laquelle est traité chaque portrait, fait incontestablement la réussite du film. On vit pleinement la réunion d’un fils fugueur ayant sombré dans la toxicomanie rêvant d’un père fortuné et d’une carrière à Hollywood avec son père proche de la transformation, soucieux d’abord de ne pas imposer ses « antécédents » (car souhaitant se débarrasser de ce parachuté retardant sa renaissance), et finalement contraint de revoir sur le trajet son ancienne famille. C’est une redécouverte familiale massive, en somme, avec son lot de révélations et de déchirements. Mais toujours en bannissant l’excès ou les postures outrancières. Par exemple, les parents de Bree/Stanley, malgré leur incompréhension, se sont finalement résignés, et la perspective d’avoir un petit fils relance leur attachement, entamant une sorte de réunification familiale. Pas vraiment la peine d’en rajouter plus, Transamerica est un film qui se vit pendant qu’il se regarde, en conséquence vous savez quoi faire maintenant. Un road movie qui remballe l’excès pour donner dans le suivi émotionnel de personnages excellents.

 

5/6


2004
de Duncan Tucker
avec Felicity Huffman, Kevin Zegers

 

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